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Le Pérou espère enfin connaître son président, 4 jours après le vote
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Le Pérou espère enfin connaître son président, 4 jours après le vote
Les Péruviens espéraient connaître jeudi le vainqueur de l’élection présidentielle, quatre jours après un scrutin exceptionnellement serré où l’ex-banquier de Wall Street Pedro Pablo Kuczynski semble l’avoir emporté de justesse sur Keiko Fujimori.
Alors que le dépouillement des bulletins touchait à sa fin (99,99%), M. Kuczynski, candidat de centre-droit, obtenait 50,115% des suffrages contre 49,885% pour sa rivale de droite, fille de l’ancien chef de l’Etat Alberto Fujimori (1990-2000), actuellement emprisonné pour crime contre l’humanité.
Mais il était encore impossible jeudi matin de dire qui succèdera au président de gauche Ollanta Humala à partir du 28 juillet, pour diriger le pays sud-américain jusqu’en 2021.
Seule une poignée de voix - 39.201, sur un total de 31 millions d’habitants - séparaient les deux adversaires et 0,43% des bulletins faisaient encore l’objet de recours devant être examinés par un tribunal électoral.
Jusqu’à présent, aucun des candidats ne s’est risqué à crier victoire ni à reconnaître sa défaite, même si plusieurs analystes ont estimé que l’avance de M. Kuczynski, même infime, ne pouvait plus être rattrapée.
«Je crois que nous pouvons dire que la victoire de PPK (son surnom, mais aussi celui de son parti, Peruanos por el Kambio, ndlr) est définitive», assurait mercredi au journal El Comercio le directeur de l’institut de sondages Ipsos au Pérou, Alfredo Torres.
Pour repasser devant, Mme Fujimori, candidate de 41 ans pour le parti Fuerza Popular, «devrait obtenir plus de 70% des voix sur la quasi-totalité des bulletins restant à valider». C’est «matériellement impossible», selon M. Torres.
«Le Pérou peut-il battre l’Allemagne 7-3 au football? Même si c’est possible mathématiquement, cela n’arrivera pas, non», a déclaré Farid Matuk, ancien responsable de l’Institut de statistiques du Pérou, estimant lui aussi qu’un retournement de dernière minute relèverait du miracle.
Selon les autorités électorales péruviennes (ONPE), tous les bulletins de l’étranger sont désormais parvenus à Lima.
En attendant les votes de la jungle
Ne manquent plus que les procès-verbaux de sept bureaux de vote du Vraem, la vallée de la forêt centrale du Pérou, où sévissent les narcotrafiquants et qui sert de refuge aux derniers membres de la guérilla communiste du Sentier lumineux, que le père de Keiko Fujimori avait combattue dans les années 1990.
Le camp Fujimori assure avoir largement gagné dans cette région productrice de coca, dont les bulletins font le voyage jusqu’à la capitale par bateau puis par avion.
«Dès qu’arriveront et seront traités les sept derniers procès-verbaux manquants du Vraem, on pourra publier les résultats sur 100% des bulletins», a indiqué la ONPE sur son compte Twitter, tandis que la révision des bulletins faisant l’objet de recours devrait normalement conclure jeudi.
Le chef de l’ONPE Mariano Cucho expliquera dans la journée, lors d’une conférence de presse, comment va se dérouler la phase finale du processus.
Dans le parti de M. Kucsynzki, Peruanos por el Kambio, on se prépare déjà à célébrer la victoire.
«La différence de voix ne devrait pas se modifier», a estimé l’un de ses porte-parole, le député Gilbert Violeta. «Comme tout le Pérou, nous voulons que cela se termine vite», a-t-il ajouté.
Mais avec une probable victoire dans un mouchoir de poche, Pedro Pablo Kuczynski, un vétéran de la politique péruvienne de 77 ans qui déjà exercé comme Premier ministre, se retrouvera à la tête d’un pays profondément divisé.
Le scrutin a en effet révélé que la moitié de la population souhaite le retour au pouvoir du clan d’Alberto Fujimori, malgré son bilan sulfureux qui l’a amené à écoper de 25 ans de prison pour corruption et crime contre l’humanité.
M. Kuczynski affrontera aussi un Parlement où le fujimorisme détient 73 des 130 sièges, contre seulement 18 pour son parti.
Au cours de la campagne, les deux candidats ont pourtant montré des profils similaires : tous deux pro-marchés, descendants d’immigrants et formés dans des universités américaines, ils ont axé leur campagne sur l’insécurité, principale préoccupation des Péruviens dans ce pays qui est l’un des premiers producteurs au monde de cocaïne.
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