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Des signaux d’alarme inquiétants !

11 octobre 2026, 23:29

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Une indignation grandissante, une tension palpable, un pays en proie à un malaise ! La situation était déjà explosive avant que les événements de Camp-Levieux ne viennent raviver les inquiétudes et jeter de l’huile sur le feu.

C’est avec stupeur que les Mauriciens ont découvert, ce samedi matin, le sort d’une jeune femme plongée dans le coma après avoir été atteinte d’une balle. Elle rentrait tranquillement chez elle à bord d’un van, après son travail, lorsqu’un policier a fait feu sur le véhicule. Le sergent de police a été arrêté et incarcéré depuis.

Ce drame condamnable, cet acte inacceptable qui soulève déjà de nombreuses interrogations – d’autant que le témoignage du chauffeur du van semble mettre en lumière un acte aussi gratuit qu’irréfléchi de la part d’un représentant des forces de l’ordre – vient assombrir davantage un climat social déjà tendu.

Et qui survient au lendemain des incidents de jeudi soir à Camp-Levieux, où des habitants sont descendus dans la rue pour exprimer leur exaspération sur fond de crise de l’eau. Cette colère qui ne se limite pas à cette région fait écho aux manifestations qui ont eu lieu à Vacoas, dans la nuit de mercredi à jeudi, où des habitants avaient également fait entendre leur mécontentement, en critiquant notamment le ministre Assirvaden, élu de la circonscription.

Ces signaux en forme de défiance, exacerbés par cette crise, vont au-delà des pénuries d’eau, et illustrent la frustration d’une population ne voulant plus continuer à subir les décisions qui affectent son quotidien. C’est ainsi qu’on aura entendu, de la part des manifestants, des protestations notamment sur l’augmentation des prix des carburants, du coût de la vie et le nouveau mode de calcul des pensions ! À un mois du deuxième anniversaire de la prise de pouvoir du nouveau gouvernement – qui entre-temps a vécu une cassure politique – et après une série de décisions provoquant déception et colère, les Mauriciens montrent désormais leur exaspération ! D’ailleurs, l’impression projetée par le gouvernement est qu’il aura fallu que des citoyens descendent dans la rue pour que finalement des décisions concrètes soient prises !

À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, dit-on ! Et il faut saluer, même tardivement, les dispositions prises par les autorités. La souplesse pour l’obtention des réservoirs d’eau – qui, espérons-le, se fera sans pagaille – ou encore le système de distribution rotative tous les deux jours, mis en place par la CWA, sont des réponses obtenues par des habitants après de longues attentes. Si la rotation semble bienvenue, c’est parce qu’elle enlève le sentiment d’injustice ressenti par certains habitants, qui voyaient d’un mauvais œil leurs voisins bénéficier d’un approvisionnement en eau alors qu’ils en étaient privés.

En attendant de voir si ce fonctionnement soulagera durablement les foyers affectés, une série de mesures a également été annoncée par le cabinet : neuf forages dont l’objectif est d’avoir

30 000 m³ d’eau supplémentaires concernant la zone desservie par Mare-aux-Vacoas, prélèvement de l’eau dans les rivières Pétrin et Papayes, recours à des prestataires privés pour des camions-citernes (incluant le recrutement de dix officiers qui coordonneront la liaison), assistance des pompiers pour approvisionner des localités affectées, recrutement d’un directeur général (K. Soonarane) chargé de suivre la mise en œuvre des mesures immédiates et celles à moyen et à court terme, entre autres. Autant d’initiatives qui, souhaitons-le, feront leurs preuves sur le terrain alors que les perspectives météorologiques ne laissent guère espérer de grosses pluies avant décembre.

Si un calme apparent semble être revenu après les récentes explications du ministre Assirvaden et les mesures prises par l’État, on retiendra de cette semaine mouvementée une absence persistante de communication entre les autorités – qui n’ont toujours pas pris la mesure de la frustration des Mauriciens – et les citoyens qui exigent transparence et dialogue.

Quelles leçons le gouvernement – qui ne devrait pas réagir uniquement quand éclate la colère – tirera-t-il de ces signes traduisant une fracture sociale progressive ? Ce, sur toile de fond d’une indignation grandissante, d’une tension palpable et d’un pays en proie à un malaise !

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