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Marcel Lindsay Noë : Dans les coulisses de l’Histoire
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Marcel Lindsay Noë : Dans les coulisses de l’Histoire
Marcel Lindsay Noë est une personnalité connue de Maurice dont le parcours se distingue par l’excellence de ses études (à Maurice et en Australie) ; son épanouissement au sein du cercle familial (avec les valeurs héritées de son père) ainsi que son engagement politique – en reconnaissance à sir Seewoosagur Ramgoolam (SSR) – et social (pour l’environnement). Dès son enfance, il se fait remarquer par son sérieux, sa curiosité intellectuelle et son goût du travail à l’école primaire de New-Grove. Comme boursier, il accomplit de brillantes études secondaires à Maurice, où il acquiert une solide formation académique et développe les valeurs de discipline, de persévérance et de responsabilité tout en architecturant son réseau.
Animé par une volonté constante de se dépasser, il poursuit ensuite ses études universitaires en Australie ; une expérience qui lui permet d’élargir ses horizons, d’enrichir ses connaissances, d’acquérir de l’expérience et de s’ouvrir à de nouvelles cultures et perspectives. Au sein de sa famille, Marcel Lindsay Noë trouve un environnement propice à son épanouissement personnel et à la construction de sa personnalité. Parallèlement à sa réussite académique et professionnelle, il s’engage dans la vie politique (de courte durée) et sociale. Cet engagement traduit sa volonté de servir la collectivité, de défendre des valeurs auxquelles il croit et de contribuer, à son niveau, au progrès de la société mauricienne. Il fut aussi conseiller de Joseph Tsang Mang Kin, ministre des Arts et de la culture à l’époque.
■ Sur son bateau zéro pollution avec son épouse Karine.
Marc Jacques Gérard Marcel Alfred Lindsay Noë naît le 13 janvier 1945 durant un cyclone, à la rue Union, à PortLouis, dans le prestigieux Ward 4. Son père, Pierre Eugène Marcel Noë, est chef clerc de notaire dans le plus important notariat de l’époque, celui des frères Maurice et France Doger de Spéville, et sa mère, Lucie Sylvia Chaillet, née Hardy, est femme au foyer. Le couple a d’abord quatre filles : Yolande, mariée à Paul Bruneau, inspecteur des écoles et animateur de l’Action familiale avec les docteurs Guy ; Colette, mariée à Roland Armand, directeur d’Emmanuel Cadet & Co. et dont la promenade à Beau-Bassin– Rose-Hill porte le nom ; Myrielle, mariée à Armand Dupont ; Josette (Mico), mariée à Gérard L’Éveillé, athlète de haut niveau qui détenait le record du 100 m.
Marcel Lindsay Noë vient onze ans après la naissance de la dernière fille et, deux ans plus tard, naît un deuxième frère, Ewart, artiste et dandy dans l’âme. De cette fratrie, il ne reste que Josette, qui passe son temps entre ses enfants en Australie et à Maurice. Les beaux-frères étaient tous membres fondateurs du Racing Club de Maurice.
■ Le mariage de Marcel et de Karine en octobre 2022.
Marcel Lindsay Noë fréquente le Couvent de Lorette de Port-Louis, où trois des sœurs sont institutrices. Ensuite, le primaire à Notre-Dame du Refuge, à New-Grove, où le beau-frère Paul Bruneau est maître d’école. «J’étais en “pension” chez eux à Rose-Belle et je retournais chez mes parents à Port-Louis tous les vendredis… par le train. Des moments inoubliables, la livraison de La Vie Catholique les dimanches. On habitait une belle maison créole dans une grande cour où foisonnaient toutes sortes d’arbres fruitiers. Rose-Belle m’a appris à ne faire aucune différence raciale ou religieuse… j’avais des amis de tous les bords. Mon beau-frère Paul était connu comme un “faiseur de boursiers” et des familles habitant les propriétés des environs envoyaient leurs enfants dans cette école publique : Roland Fayolle, les Duchenne, Robert Deshayes. C’est là que je suis sorti à la deuxième place des boursiers du cycle primaire. Ce qui m’a permis de passer au Collège du Saint-Esprit où je me suis assis non loin d’un certain Paul Bérenger pendant plusieurs années», se souvient avec nostalgie Marcel.
■ Avec son père, Pierre Eugène Marcel Noë, le jour de son mariage à 19 ans.
Par la suite, les Noë déménagent pour un appartement au premier étage faisant face à la cure sur la rue Mère Barthélemy et dont l’entrée fait face à l’église de l’Immaculée Conception… par une porte cochère. «Je passais mon temps à jouer dans la cour de la cure car mes sœurs étaient en charge des Louveteaux et des Filles de Marie. Ma sœur Josette a joué L’Annonce faite à Marie de Claudel au Centre Social de Marie Reine de la Paix avec une certaine Ursule Maunick (Ramdanee). Édouard Maunick était intéressé par ma sœur Josette qu’il appelait sa muse. Mes sœurs raflaient tous les prix au collège et je les revois du balcon prenant la montée devant le Cinéma des Familles les bras chargés d’énormes livres. Mes sœurs et moi avons suivi les examens de l’Alliance Française. Elles ont été primées en maintes occasions. À la cure, il y avait le père Giraud, puis sont venus Henri Souchon et Robert Margéot», se rappelle Marcel.
■ Avec son fils Marcel Jr, lors de la passation de la présidence du Rotary Club de Mahébourg.
⚫ Un certain Paul Bérenger
Pour ses études secondaires, l’ado Noë bénéficie d’une bourse pour le Collège du Saint-Esprit, une imposante bâtisse de trois étages, loin de son école de New-Grove. «Il n’y avait que quelques élèves issus de la population générale à part moi-même, dont mon neveu, Vivian Buneau – émigré au Royaume-Uni, carrière dans l’armée et ensuite dans l’ingénierie de la gestion de l’eau ; Serge Fijac – émigré en Australie, architecte ; Jacques Rivet – directeur du Mauricien ; Germain Commarmond – élu MSM, décédé ; et Eddy Dove – émigré au RoyaumeUni, spécialiste en médecine. Il y avait aussi Henri Li Wan Po – homme d’affaires ; et les deux cousins Gujadhur : Lajpatee – avoué et membre du conseil d’administration de Médine Group ; et Budeshwar – éminent turfiste. Ensuite, Roger Poupinel de Valencé – homme d’affaires ; Jean-Claude Hoareau – administrateur de propriété sucrière ; Robert Margéot – frère cadet du bien-aimé cardinal Jean ; Patrick Leal, le fondateur de Mauritours ; Robert Decotter ; Gérard Lajoie et Robert Fleurot (prêtres décédés) ; ainsi que Hirin Beejadhur, Gilles Duthil et Henri Nairac. Et, le meilleur pour la fin : un certain Paul Raymond Bérenger, qui au départ était assez taciturne, car il n’avait pas digéré de ne pas avoir obtenu la bourse primaire, tandis qu’Eddy Dove, Germain Commarmond et moi-même l’avions obtenue. Il compensait cette lacune par un acharnement à étudier à fond et à sortir premier de la classe. Et quand il devint Premier ministre, il organisa une réunion de ses amis de la Form 5 dans un chassé. Une soirée mémorable.»
■ Avec Roland Armand, son beau-frère.
Au Saint-Esprit, Marcel choisit la filière classique et apprend même le latin et le grec. Les professeurs sont d’une autre trempe à l’époque : «Nous avons eu une chance incroyable durant ces cinq années de collège avec des professeurs hautement qualifiés tant parmi les prêtres que les laïcs, dont Clovis Vellin, Raymond Rivet (Boulon), Maurice Lesage (Goda), Maurice Babet (Baffos) et autres. Pierre Dinan nous enseigna dans la première année avant son départ pour ses études universitaires». Pourtant, pour son HSC, Marcel bouge vers le Collège Royal de Port-Louis (par amour de l’Histoire), où il rencontre un certain Bhinod Bacha.
Après ses examens, il commence à travailler chez Blyth, Greene, Jourdain Ltd sur le port. Après, il se retrouve chez Emmanuel Cadet & Co., où son beau-frère, Roland Armand, est directeur, comme délégué médical. Ce qui lui permet de faire l’acquisition de sa première voiture… une Morris 1000 décapotable, suivie de la Sunbeam Alpine d’Armand Maudave, qui part à ce moment-là comme diplomate. Pour la lecture, il s’efforce de ne lire que des livres en anglais afin de peaufiner sa maîtrise de cette langue. Pour la musique : Johnny Hallyday, Cliff Richard, Elvis, mais aussi Gilbert Bécaud et Charles Aznavour.
■ Avec Françoise Pascal de «Mind your Language».
En 1966, il se marie et sa femme, Felicity Rault, met au monde trois fils : Marcel Raymond, propriétaire d’East Coast Sports (activités tennis et padel du groupe hôtelier Constance) ; Gilbert Nicolas, baroudeur dans les mines australiennes, chanteur, DJ, adepte des arts martiaux, bodyguard pour VIP ; et Paul-Jérôme, propriétaire de Jérôme Rault Video Productions à Melbourne. Il va se marier trois fois par la suite. De sa femme d’origine anglo-australienne, deux filles naissent à Maurice : Laura-Colette, miraculée d’une opération d’une tumeur au cerveau en plein Covid en Angleterre ; et Charlotte, manager de restaurants, monitrice de snowboard actuellement à Calgary, au Canada. Il se retrouve ainsi grand-père de deux petites-filles.
⚫ Le nouvel eldorado
Marcel Lindsay Noë se souvient aussi du 13 mars 1968 comme son grand départ vers l’Australie. Les raisons ne sont pas politiques. Le père de son meilleur ami de cette époque, le Dr Emmanuel Rochecouste, reçoit une offre d’emploi comme Senior Research Biologist, basé à Brisbane, en Australie. Roland Armand lui envoie des photos de ce grand pays, des baigneuses sur la Gold Coast, l’invitant à venir le rejoindre. «Ce n’est pas la situation politique qui me pousse à partir. Je pars à l’aventure, sur le Patris, au grand désespoir de mon père, resté prostré sur le quai, refusant de lever les yeux vers le pont… vers ce fils en qui il avait mis tous ses espoirs. Ce fils qui le quittait.» Il a en poche une recommandation de sir Harold Walter (SHW), alors ministre de la Santé – son mentor.
■ Marcel avec Robert Pires, la légende d’Arsenal, sur le «Folkloric Explorer».
Là-bas, il travaille comme délégué médical et devient bientôt le plus jeune directeur des ventes de l’industrie pharmaceutique. Il fait des études de marketing à temps partiel et sort premier de sa promotion en Australie. Il devient directeur des ventes et du marketing de sa boîte… et pourtant l’envie de retourner au bercail est plus forte. Son père, qui l’avait tant attendu… tant aimé, vient de mourir et sa mère a besoin de sa présence. Il revient au pays natal et devient le premier directeur du marketing de Maurice… chez Scott & Cie, division alimentaire et boissons du groupe Rogers, nouvellement formé. Il organise l’embouteillage local du scotch whisky Findlaters, qui est un grand succès commercial. En sponsorisant les sports inter-collèges avec Lucozade, il fait de cette marque la meilleure vente au monde per capita.
■ Avec l’ex PM Australien Bob Hawke.
⚫ Dans l’arène politique
Arrivent les élections de 1976, les premières après celles de l’Indépendance. Marcel raconte dans quelles circonstances il va se jeter dans l’arène politique : «SSR, qui m’avait sauvé la vie en tant que notre médecin de famille, quand je n’avais que sept ans, alors que le Dr Laurent avait dit à mon père que j’étais condamné à mourir, me fait appeler en présence de SHW : “Tu vas poser pour le PTr à Quatre-Bornes, contre Bérenger. Vous avez été au même collège ; eu les mêmes instituteurs ; et en plus, plusieurs membres de ta famille sont membres fondateurs du Racing Club, qui a une assise à Quatre-Bornes.” Voilà la logique. Je ne pouvais rien refuser à SSR. Je soumis ma démission à la direction de Scott & Co., qui, en bon joueur, m’autorisa à conserver ma voiture de fonction durant la campagne. Entre-temps, Kher Jagatsingh, secrétaire général du parti, m’avait retiré de Quatre-Bornes pour me remplacer par Burty David et m’envoyer dans la gueule du loup… le bastion du MMM… Rose-Hill. J’allais affronter Jean Claude de L’Estrac, Shirin Aumeeruddy-Cifra et Vijaye Venkatasamy. Mes colistiers : le président du parti, le bon Dr Régis Chaperon, et le Dr Teygaraz (Degoo) Ramsamy, tous deux décédés. Degoo et moi développâmes une forte amitié durant cette campagne. Toutefois, un tiercé perdant.»
■ Avec le chanteur Frédéric François.
Et SSR le nomme au conseil d’administration de la DWC sous la présidence de Michaël Leal. Cela dit, il concède que son admiration pour sir Gaëtan Duval date de son adolescence ; et quand celui-ci fait appel à lui pour le Festival de la Mer en 1987, il répond présent. Il faut dire que le PMSD fait partie de l’Alliance MSM/PTr/PMSD à ce moment-là. Ainsi, pour honorer sa mémoire, il écrit sa biographie L’Enfant terrible de l’île Maurice (4ᵉ édition). Xavier-Luc a d’ailleurs célébré vendredi le 96ᵉ anniversaire de sa naissance. Il est aussi utile de préciser que Marcel Lindsay Noë est un travailliste dans l’âme. Il devient le conseiller du ministre des Arts et de la culture, Joseph Tsang Mang Kin, et aussi directeur de la Mauritius Film Development Corporation.
⚫ Bateau zéro pollution
Un bateau original, inédit – construit pour réaliser le rêve d’Helena Langlois (fondatrice de l’ONG SPES) et de son époux Gaëtan, au crépuscule de leurs vies – dont le but est de respecter la nature. Ce bateau Zéro Pollution a été construit par feu Pierre Sénèque, selon un cahier des charges spécifique : «Il fallait qu’il soit entièrement opérationnel off-grid. Qu’il puisse avoir un tirant d’eau de moins de 33 cm. Qu’il soit stable et facile d’accès pour les gens autrement capables et en fauteuil roulant. Qu’il soit insubmersible… Il comprend 12 compartiments hermétiques et sa coque en bois lui assure de flotter dans le pire des cas. Helena choisit le nom de Folkloric Explorer. Contre vents et marées, et malgré les problèmes causés par le Covid, le bateau fut lancé et devint ainsi le premier au monde de ce concept. Durant sa carrière de cinq ans, il amena des sourires sur des visages d’enfants autistes et autrement capables, de seniors en quête d’une croisière silencieuse et reposante, et de beaucoup d’autres assoiffés d’histoire. Folkloric Explorer a reçu la médaille d’or du Tourisme durable trois années consécutives, ainsi qu’une entrée au panthéon du National Innovator Hall of Fame. Mais la technologie a rapidement évolué, la Chine se mettant à fabriquer des hors-bords électriques et les rendant ainsi plus compétitifs.» Marcel Noë travaille sur la possibilité de construire un Folkloric Explorer II afin de continuer l’aventure historico-écologique, en espérant trouver les fonds nécessaires. Mais il faut aussi préciser qu’à la mort d’Helena Langlois, le conseil d’administration a jugé utile de mettre un terme à son exploitation pour des raisons budgétaires.
■ Avec Larry Hagman, la vedette de la série «Dallas» au Domaine les Pailles avec l’ambassadeur américain en 1997.
⚫ À Washington bientôt
Marcel Lindsay Noë, pour terminer en beauté l’année 2026, met la dernière main à une publication qui fera date. Son livre en version anglaise – Mauritius – America… A life line to Liberty – qui sera lancé à la fin du mois au Château du Réduit, célèbre le 250ᵉ anniversaire de l’Indépendance des États-Unis d’Amérique et témoigne que nous sommes le seul pays d’Afrique dont les membres de la population ont donné leurs vies pour l’indépendance de l’Amérique. Il sera préfacé par le président de la République et par l’ambassadeur américain. À ce titre, Marcel Lindsay Noë a été invité par l’American Revolution Institute pour une causerie sur le livre à Washington l’année prochaine. Une belle manière de mettre la pendule de l’Histoire à l’heure et de nous rendre plus visibles sur le plan touristique. D’autant qu’une version en langue française suivra : Maurice – Amérique… une bouée de sauvetage vers la liberté. Un autre opus, centré sur la période 1780-1783, vise à identifier ceux qui ont participé à l’effort de guerre, dont 30 000 esclaves (un tiers venant de l’Inde) qui n’apparaissent pas dans le recensement de l’époque.
■ Les couples Noë et Salesse lors d’une randonnée avec netwalking.mu.
Sur le plan privé, le calme et la sérénité sont revenus : Marcel s’est marié à Karine le 30 octobre 2022 après plusieurs années de cohabitation. Il se plaît à dire qu’ils ont trois enfants… à quatre pattes : Matelot, Corsair et Captain, Pirate et Surcouf étant partis au paradis des toutous. Marcel et Karine gambadent sur les plages de Blue-Bay quand ils ne font pas de randonnées avec l’équipe de Netwalking.mu d’Arnaud Godère.
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