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Le Mauricien Richard Sunee raconte sa rencontre avec Mohamed Ali
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Le Mauricien Richard Sunee raconte sa rencontre avec Mohamed Ali
Mohamed Ali, le plus grand champion de boxe poids lourds, est décédé vendredi à Phoenix, en Arizona. Celui qui «volait comme un papillon et piquait comme une abeille» a marqué plusieurs générations. Son talent et son assurance sur le ring ont inspiré plus d’un. Parmi, le Mauricien Richard Sunee. Aujourd’hui entraîneur, l’ancien boxeur avait rencontré la légende Ali lors des Jeux olympiques d’Atlanta en 1996. I n’oubliera jamais ces deux phrases de Mohamed Ali: «Un boxeur ne baisse jamais sa garde. Il n’abandonne jamais.»
«Ces deux phrases m’ont permis de rester debout durant une période très difficile. À l’époque, je n’avais pas de travail stable et j’avais des difficultés familiales. Pour persévérer, je m’accrochais aux paroles de Mohamed Ali», se rappelle Richard Sunee.
Alors âgé de 29 ans, Richard Sunee avait eu le privilège d’assister à des causeries données par le médaillé olympique de 1960, Mohamed Ali. C’était du 20 juillet au 4 août dans le village des Jeux d’Atlanta. «À chaque fois qu’il était au Village, une foule l’entourait. Je me souviens de lui comme d’un homme simple. En toute humilité, il racontait ses combats légendaires mais revenait aussi sur des épisodes marquants de sa vie», lâche Richard Sunee.
«C’était un guerrier dans l’âme»
Mohamed Ali, né Cassius Marcellus Clay Jr, était un boxeur accompli. Il a régné en maître durant plusieurs décennies sur le monde de la boxe. Il a conquis à trois reprises le titre de champion du monde. «Quand Ali a commencé à boxer, je n’étais pas encore né. Mais ses prouesses m’ont été contées par mon entraîneur, Hervé Bienvenu. Ce dernier était un fervent admirateur d’Ali et il m’a transmis beaucoup de techniques utilisées par Mohamed Ali sur le ring», raconte l’unique médaillé mauricien aux Jeux du Commonwealth.
Richard Sunee, 49 ans, dit que son admiration pour Mohamed Ali va au-delà de ses accomplissements dans le domaine sportif. «Mohamed Ali était aussi un homme exceptionnel. Au Village des Jeux, je l’ai entendu parler de sa conversion à l’islam. Il était aussi sensible à la pauvreté qui sévissait dans les banlieues américaines», se rappelle-t-il.
«Je l’ai entendu parler de son refus d’aller se battre au Vietnam. Il expliquait qu’il ne voulait pas tuer des frères innocents. Cet homme chérissait l’humanité. Il avait des valeurs», poursuit-il. Richard Sunee souligne que comme Martin Luther King, Mohamed Ali a oeuvré pour la cause des Noirs américains. «J’ai découvert cette facette de lui dans le livre The Greatest of all time. J’ai été touché par son engagement», dit l’entraîneur mauricien.
Richard Sunee salue également la lutte de Mohamed Ali contre la maladie de Parkinson. «J’ai un oncle qui souffre de cette maladie. Ce n’est pas facile de vivre avec», commente-t-il. Mohamed Ali a vécu avec cette maladie durant trois décennies. «C’était un guerrier dans l’âme», fait remarquer le Mauricien. Il se souvient encore de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’Atlanta en 1996. Il était présent avec l’équipe de Maurice. «Je revois Mohamed Ali allumer la flamme olympique. Ses mains tremblaient. Mais il était là. La foule l’acclamait.»
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