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Neuf pêcheurs disparus en mer en trois ans

16 janvier 2016, 09:17

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Neuf pêcheurs disparus en mer en trois ans

En trois ans, neuf personnes sont disparues en mer dont six en décembre dernier et en janvier. Les victimes sont toutes des pêcheurs traditionnels qui étaient à bord d’un bateau dépourvu d’équipements appropriés. Elles ne portaient pas de gilet de sauvetage et n’avaient ni radio Very High Frequency, ni fusée de détresse et encore moins de balise GPS.

Le 10 mai 2013, Rakesh Buddoo, 33 ans, et son cousin Jason Catherine, 21 ans, habitant l’Escalier et Riambel respectivement, sont portés disparus au Souffleur. Ils s’y étaient rendus pour déposer des casiers de pêche très tôt le matin.

L’année suivante, le 27 novembre 2014, Richard Fourneau, 46 ans, est porté manquant au Morne. Son cadavre est ensuite retrouvé et transporté à la morgue de l’hôpital Victoria à Candos. Il aurait été en difficulté après avoir eu une crampe.

Le 2 décembre 2015 un autre drame s’est produit, impliquant cette fois quatre pêcheurs habitant Pointe-aux-Piments, nommément Clovis Percy, 76 ans, Rajen Panchoo, 43 ans, Anand Aukhajee, 54 ans, et Satyanand Cheyetun, 54 ans. Alors qu’ils sont de sortie en haute mer, ils disparaissent au large des îlots du Nord.

Récemment, ce sont Rajiv Kona Herkanaidu, 47 ans, et Roland Laramee, 51 ans, qui ont été portés manquants au Morne. Ces habitants de Surinam étaient partis pêcher le 9 janvier. Mais alors qu’ils devaient être rentrés vers 14 heures le lendemain, ils n’ont pas donné signe de vie.

Des balises émettrices pour les embarcations

Face à cette hausse de disparition, le ministère de la Pêche a décidé de réagir. En effet, il est à la recherche de fonds pour importer des balises émettrices. Il est prévu que ces appareils soient distribués aux pêcheurs afin qu’ils les placent à bord de leurs embarcations. De ce fait, s’ils se trouvent en difficulté en mer, ils devront activer la balise qui émettra alors des signaux pendant 24 heures.

Pour l’instant, les petites embarcations ne possèdent pas de balise GPS ni de radio Very High Frequency ou de fusée éclairante pour signaler une difficulté en mer car la plupart ne s’aventurent pas en haute mer. Il est donc impossible de les localiser et de contrôler leurs va-et-vient.

Par contre, les grosses embarcations (de plus de 20 mètres), qui sont capables de sortir en haute mer et atteindre les îles éparses (Saint Brandon), doivent obligatoirement être munies de GPS, de radio et doivent rentrer au port uniquement après avoir informé le Port Master. Des lois comme le National Coast Guard Act 1988, le Maritime Zone Act, le Fisheries Act ou le Customs Act régissent la circulation de ces bateaux.

Le ministère travaille aussi sur de nouveaux règlements qui rendront le port du gilet obligatoire pour les pécheurs et tous les passagers d’embarcations, qu’elles soient petites ou grandes. Actuellement tel n’est pas le cas, affirme une source des Casernes centrales. Selon elle, les règlements qui régissent la sortie en mer stipulent que chaque passager doit disposer d’un Personal Floatable Device (gilet de sauvetage), «mais la loi ne les oblige pas à porter les gilets en question. S’ils ne les portent pas, ce n’est pas un délit».

Des gilets distribués

Le ministère ne compte pas s’arrêter là. Des équipements de sécurité seront aussi distribués aux pêcheurs. D’ailleurs, 2 014 pécheurs enregistrés ont bénéficié de gilets en décembre.

Ces mesures ont de quoi ravir Judex Rampaul, président du syndicat des pêcheurs, qui estime que «les pêcheurs des pirogues ne sont pas aussi bien équipés que les gros bateaux de pêche». Le syndicaliste compare même : «Les pêcheurs de l’île de la Réunion bénéficient d’une formation alors qu’ici ce n’est pas le cas. Une bonne formation pourrait résoudre ces problèmes.»

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