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African Town: la «violence policière» déplorée

20 novembre 2015, 08:08

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African Town: la «violence policière» déplorée

Armés de matraques, de revolvers, de samouraïs et de sabres, une cinquantaine de policiers se seraient montrés violents vis-à-vis des habitants de Riambel, mercredi. Ce, lors d’une forte mobilisation policière  menée à African Town à la recherche d’un dénommé Sébastien Samuels. Lors de cet exercice, ce dernier ainsi que sept policiers ont été blessés. Rencontre  avec les habitants de la localité…

Jean-Pierre DigDig, un chômeur qui dit avoir été victime des agissements des policiers, dénonce leur façon de faire. En voyant ces effectifs débarquer, il les a approchés pour savoir ce qu’ils cherchaient.

«Ils m’ont menacé. L’un d’entre eux a pris son revolver avant de tirer un coup en l’air et il l’a ensuite pointé  dans ma direction», allègue ce jeune homme de 29 ans. Et d’ajouter qu’il ne comprend pas pourquoi ils ont agi de la sorte car quand cet incident s’est produit, les policiers avaient déjà arrêté le récidiviste.

 

Forte présence policière à African Town, mercredi 18 novembre, lors de la traque d'un récidiviste soupçonné

d’être l’auteur de 29 vols dans la région.

 

Son ami et lui ont filmé toute la scène avec leur portable. Sur la vidéo, on voit des enfants courir dans tous les sens. «Bann zanfanla pa per zot. Telman zot inn trouv lapolis débark isi ek azir avek violans. Mé yerla (NdlR : mercredi) ti extra sa», dit Jean-Pierre DigDig. «Lapolis inn bat Bastien ek zot in tir kout bal dan ler», soutient un des enfants habitant African Town.

Pour sa part, Jemmah Samuels, une des soeurs de Sébastien, est révoltée. «Les policiers sont allés chez ma soeur deux jours de suite. Et mercredi, aux alentours de cinq heures, ils se sont de nouveau rendus chez elle alors qu’elle ne se trouve pas au pays, explique-t-elle. Ils ont défoncé sa porte avant de tout mettre sens dessus dessous. Quand je suis arrivée, ils étaient déjà partis.» Et aux alentours de 16 heures, «ils sont retournés chez mon père et, là-bas aussi, ils ont défoncé la porte», poursuit la jeune femme.

Avec quelques voisins, Jemmah Samuels avance qu’elle a porté plainte contre les policiers à la Human Rights Commission mercredi, soit après que les policiers ont fouillé plusieurs maisons. «Isi, dimounn pé bizin travay gramatin pou manzé tanto… Sann kout-la, bizin al trouv kas pou aranz laport», déplore Jergino DigDig, un pêcheur.

Ce n’est qu’aux alentours de 19 heures que les policiers ont retrouvé Sébastien Samuels, caché dans un buisson non loin de la cité. «Zot inn komans bat li ek samouray, sabr ek  nou inn tann kout fizi, raconte Jemmah. Et d’ajouter que les policiers ont dispersé la foule avec du gaz lacrymogène.

Marie Meijie Olivia, la conseillère du village, se dit inquiète. «Je suis sûre que la police l’a arrêté pour des raisons en particulier. Mais est-ce une façon d’agir avec le public ?» se demande-t-elle. Du côté de la police, on ne nous a fourni aucune explication.

Par ailleurs, Sébastien Samuels, recherché depuis quelque temps pour une série de vols commis dans la région sud, a été admis à l’hôpital Jawaharlal Nehru, à Rose-Belle.

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