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«Voleuse» écrit au front: les proches du suspect répliquent sur Facebook
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«Voleuse» écrit au front: les proches du suspect répliquent sur Facebook
La réplique ne s’est pas fait attendre. Les proches de D., qui a tracé «voleuse» sur le front de sa nièce, ont fait part de leur mécontentement sur la page Facebook l’express hier, après l’arrestation de l’oncle accusé provisoirement de maltraitance d’enfant.
«Vous êtes qui pour tous le juger ? Mon oncle est un homme bien et en aucun cas il ne martyrise les enfants», dit d’emblée Jennifer Bartout, qui se présente comme une nièce de l’accusé, dans un commentaire sur Facebook. «Il est traduit en justice pour avoir voulu lui donner une bonne punition pour qu'elle ne recommence plus.» Selon elle, l’accusé est un homme «avec des valeurs». Elle réagissait à un article de l’express sur la comparution de D. en cour, paru hier, vendredi 16 octobre.

Une capture d’écran du commentaire Facebook de Jennifer Bartout qui se présente comme étant la nièce de l’accusé.
En ce qu’il s’agit de la fillette, Jennifer Bartout est catégorique : «la petite n'avait pas à le voler». «Je pense qu'à 9 ans, elle savait qu'elle faisait une grosse bêtise», estime Jennifer Bartout. «Elle n'a pas été maltraitée ou martyrisée», selon l’internaute.
La fille placée dans un foyer
Prudence est le maître mot du ministère de l’Égalité du genre, du développement de l’enfant et du bien-être familial. Une source interne explique qu’à titre de précaution immédiate, la fille dont l’oncle a tracé le mot «voleuse» au front avant de l’envoyer à l’école a été placée dans un abri hier. La mesure s’est aussi appliquée à son frère de 13 ans.
C’est l’instituteur de la fille qui a alerté les autorités. L’oncle, D., un Français de 50 ans, a été arrêté jeudi. Il a passé une nuit en cellule policière et a comparu hier matin devant le tribunal de Bambous où une accusation provisoire de maltraitance d’enfant a été logée contre lui. Il a recouvré la liberté conditionnelle après avoir fourni une caution de Rs 10 000 et une reconnaissance de dette de Rs 50 000.
«On n’a pas voulu la laisser dans sa famille adoptive par peur de la réaction de sa tante car c’est à cause de l’enfant que son époux a été arrêté», indique-t-on au ministère. À hier matin, la Child Development Unit (CDU) cherchait à mettre la main sur la mère biologique de la fille, pour voir si elle pouvait prendre ses enfants sous sa charge. Notre source souligne également que la CDU pourrait demander un ordre de la Cour suprême afin que l’enfant soit placée de manière permanente dans un abri, si les parents adoptifs ne jouent pas leur rôle comme il faut.
Des séquelles psychologiques
«Même si ce n’est pas une violence physique faite à l’enfant, ce genre de comportement peut avoir des séquelles psychologiques pour elle. Il est important d’encadrer la fille et son frère», explique notre source. Au ministère, on veut également travailler avec l’oncle et la tante pour qu’ils comprennent la gravité de leur acte, même s’il n’y a pas eu d’abus sur l’enfant. On veut revoir la relation école-parents-enfants.
D. et sa femme avaient obtenu la garde de ces enfants en juin. Assisté de son homme de loi, Me Jamil Mosaheb, D. a reconnu, hier dans sa déposition, les faits qui lui sont reprochés. Il se défend d’avoir voulu lui causer du tort et dit regretter son geste. Il confie qu’il ignorait qu’il commettait un délit.
Le quinquagénaire affirme traiter la fille comme sa propre enfant. Il explique qu’il a agi ainsi pour lui donner une correction afin qu’elle n’ait pas de mauvais penchant. Il a remarqué que de l’argent disparaissait régulièrement de son porte-monnaie. C’était tantôt des pièces, tantôt des billets de Rs 25 et de Rs 50.
Jeudi, quand son oncle l’a déposée devant son école, ses camarades étant trop contents de se retrouver pour une nouvelle journée, personne n’a remarqué le mot tracé au marqueur sur son front. Sauf son instituteur. Étonné, il en a informé la maîtresse d’école, Soondaree Ramnarain, qui s’est empressée d’appeler la CDU. «C’est la première fois que cela arrive dans notre école. C’est une bonne fille, tranquille et attentive», déclare-t-elle à l’express.
Elle nous confie que la fille a rejoint son établissement le 13 juillet. «On l’a beaucoup encadrée quand elle a changé d’école», dit-elle. L’enfant était auparavant dans une école à Beau-Bassin.
«On n’a jamais eu de soucis avec elle»
Direction donc Beau-Bassin. Rosemay Lufor, la maîtresse d’école, se souvient encore de la petite. «C’est une enfant pas trop bavarde. On n’a jamais eu de soucis avec elle», avance-t-elle.
Christine Pompon, son institutrice des Std III et IV, dit garder de bons souvenirs d’elle. «Elle s’entendait bien avec ses camarades. Elle avait certes quelques soucis d’apprentissage mais on lui donnait une attention particulière», affirme-t-elle.
Sidérées, toutes deux sont d’avis que l’enfant n’est pas une voleuse. «Elle n’a touché à rien à l’école. Elle n’a jamais volé, même pas une épingle», disent-elles à l’unisson.
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