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Drame de Belle-Rive: «Ceux qui sont morts savaient ce qui les attendait», dit un disciple
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Drame de Belle-Rive: «Ceux qui sont morts savaient ce qui les attendait», dit un disciple
Motus et bouche cousue : le mot d’ordre a été transmis à tous les disciples de Devanand Mannick, gourou du Chinna Masta Kali Sthaan de Belle-Rive, où sont mortes quatre personnes le vendredi 12 juin.
Mais nous avons pu parler à l’un d’eux, un habitant de l’Est qui a rejoint le gourou après une rupture difficile. Ce jeune homme fait partie des plus fervents disciples de Devanand Mannick depuis une dizaine d’années.
Mourir «aux pieds de Kali»
Il explique que les sessions de prière sont destinées à brûler le karma. «Lorsque tout le karma est brûlé, nous mourons aux pieds de Kali. Certaines prières spéciales requièrent l’ingurgitation d’urine de vache, considérée comme sacrée et purificatrice.»
Le jeune homme ajoute que les dévots sont déjà conditionnés pour mourir. Et que ceux qui sont morts à Belle-Rive «savaient ce qui les attendait. Nous sommes tous pareils. Rien de grave ne s’est produit».
Le gourou sort de l’ombre
Depuis vendredi, les hypothèses se sont succédé pour expliquer la mort de quatre disciples du Chinna Masta Kali Sthaan. Le gourou Devanand Mannick, qui a déjà eu des démêlés avec la justice dans le passé, s’est rendu aux Casernes centrales le mardi 16 juin pour porter plainte contre des groupes de presse. Ensuite, interrogé par les journalistes présents, il a livré sa version des faits…
Le gourou est d’abord revenu sur le drame de vendredi. Il a expliqué que le générateur qui aurait causé la mort de quatre de ses disciples était placé à l’entrée du temple. Les portes et les fenêtres du temple étaient fermées, dit-il, car il pleuvait à grosses gouttes. «On n’avait aucune notion de ce qu’est le monoxyde de carbone», a-t-il confié.
Le noir total
Jeudi soir, ses disciples et lui ont débuté la session de prière puis ont enchaîné avec les danses prévues pour le Cavadee. Pris de malaise, ils se sont assis par terre pour se reposer. Ensuite, c’est le noir total: Devanand Mannick affirme qu’il ne se souvient plus de ce qui s’est passé après.
Ce n’est que le lendemain, vers 10 heures, que le religieux aurait repris connaissance. Il avait froid, affirme-t-il, et souffrait de douleurs intenses. «Je pensais que tous les autres dormaient encore…»
Une statue de Kali sur la tombe de sa défunte épouse
Quant à la statue de la déesse Kali qu’il a fait construire à Bigara sur la tombe de sa première femme, décédée des suites d’une maladie en 1994, elle ne signifie pas qu’il pratique la sorcellerie, se défend-il. Il ajoute qu’il n’est pas la seule personne à placer une statue de la déesse dans un cimetière.
Et si Devanand Mannick admet qu’il fréquente de hautes personnalités et même des ministres, il précise que «ce n’est que pour des sessions de méditation».
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