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Enfants abusés sexuellement: le DPP propose une nouvelle loi

7 avril 2015, 11:41

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Enfants abusés sexuellement: le DPP propose une nouvelle loi

«Abuser d’un enfant sexuellement est dégradant et inhumain. Ceux qui le font ne peuvent qu’être décrits comme de vicieux prédateurs et des pédophiles sans scrupules.» Le combat contre les abus sexuels d’enfants est loin d’être gagné à Maurice, à en croire Satyajit Boolell. Le Directeur des poursuites publiques (DPP) a pris fermement position en faveur d’un meilleur support des jeunes victimes de telles atrocités ce mardi 7 avril, dans sa newsletter mensuelle.

 

«Il n’y a eu que peu de progrès»

 

«Ces dernières années, un certain nombre de mesures ont été prises par la police, ce bureau et la Child Protection Unit pour s’attaquer au problème d’abus d’enfants. […] Cependant, malgré tous ces efforts, force est de constater qu’il n’y a eu que peu de progrès», constate le DPP. Selon ses estimations, de nombreux cas ne sont jamais présentés à la justice, ou s’ils le sont, la victime se «rétracte souvent à la dernière minute».

 

«Beaucoup de victimes se plaignent des délais juridiques, alors que certaines tentent désespérément de tourner la page. De plus, l’atmosphère dans la salle d’audience peut être inamicale et en sus de cela, les plaignants doivent répondre à un contre-interrogatoire hostile», souligne le DPP. Un bilan alarmant qui mérite qu’on s’attarde davantage sur les moyens de combattre ce fléau, estime-t-il.

 

Des lois «dépassées, restrictives, fragmentées»

 

Le DPP pense qu’il faudrait un consensus national sur un certain nombre de mesures légales et sociales pour mettre au pas les pédophiles et les prédateurs sexuels, mais aussi assurer la protection des victimes. «Nos lois punissant les crimes sexuels sont regrettablement dépassées, restrictives, fragmentées et en déphasage complet avec la réalité autour de ces cas», avance-t-il.

 

Satyajit Boolell regrette, par exemple, que la notion de viol dans la loi mauricienne soit rattachée à un texte législatif datant de 1838. Ce qui fait que la justice mauricienne ne considère pas comme un viol une pénétration non souhaitée à l’aide d’un objet, par exemple. Mais également qu’une femme ne peut être reconnue coupable de viol à Maurice…

 

Tout recommencer du début

 

Il existe également des incohérences dans les lois, ajoute le DPP. Ainsi, l’âge de consentement légal pour les relations sexuelles est de 16 ans selon le Criminal Code, et de 18 ans si l’on se réfère à la Child Protection Act. «Cela diffère au cas où l’une ou l’autre loi est appliquée», précise Satyajit Boolell.

 

Le DPP est d’avis qu’il faut tout recommencer du début. «Une nouvelle loi consolidée permettrait de renverser le poids des preuves dans les cas impliquant des enfants», pense-t-il. Satyajit Boolell fait également référence à la récente enquête de Weekly sur les prédateurs sexuels rôdant sur le Net, arguant que celle-ci montre bien que les risques sont de plus en plus grands pour les enfants vulnérables et influençables.

 

A voir : Enquête de Weekly sur les prédateurs sexuels

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