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Georges Chung, Économiste et entrepreneur : «Il faut que nos entrepreneurs aient l’ambition de réussir»
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Georges Chung, Économiste et entrepreneur : «Il faut que nos entrepreneurs aient l’ambition de réussir»
■ Comment peut-on résumer le Budget 2015 ?
C’est un budget visant essentiellement à fouetter l’appareil productif du pays en développant de nouveaux secteurs d’activités basés sur la haute technologie tout en consolidant les filières traditionnelles. Notamment le tourisme qui disposera d’une enveloppe budgétaire de Rs 560 millions ou encore la manufacture qui se voit doter de nouvelles incitations par rapport au fret.
Je note par ailleurs que pour viser une croissance à 5,7 % d’ici 2016, l’actuel gouvernement doit augmenter le produit intérieur brut de plus de Rs 30 milliards. Un objectif ambitieux mais certes réalisable.
■ Vishnu Lutchmeenaraidoo s’appuie sur 13 méga-projets pour attirer les investissements et relancer le secteur de la construction. Estimez-vous que c’est une démarche qui va permettre à Maurice de renouer avec une croissance de 5 % en 2016 ?
Vous parlez de 13 méga-projets ! Il faut peut-être mentionner dans le même souffle l’agrandissement du port allant de Pointe-aux-Sables à Baie-du-Tombeau. C’est un méga-projet dont la réalisation aura sans doute un impact sur la psychologie des investisseurs.
Bien évidemment, il y a un travail de fourmi à faire en amont par rapport à ces projets, notamment au niveau des obstacles à l’investissement qu’il faut enlever. Mais je ne cache que ce sera très challenging.
■ Vous êtes un entrepreneur, en plus d’être un économiste. Ne pensez-vous pas que le concept de «Maurice nation d’entrepreneurs» relève plus d’un slogan quand on connaît les réalités dans lesquelles les petites et moyennes entreprises sont appelées à opérer ?
Transformer Maurice en une nation d’entrepreneurs, c’est parfaitement faisable. Si des pays comme Singapour et Hong-Kong ont pu le faire, je ne vois pas pourquoi Maurice ne peut pas emboîter le pas.
Il faut tout simplement que les entrepreneurs mauriciens aient cette ambition de réussir. Et qu’ils ne se contentent plus d’un petit job dans la fonction publique ou d’être un professionnel ordinaire dans un simple bureau.
■ Que pensez-vous du parrainage annoncé dans le Budget permettant aux entreprises de prendre en charge des cités ouvrières et assurer financièrement leur développement à court, moyen et long termes ?
Il est clair qu’une telle mesure ne va pas plaire aux hommes d’affaires et leurs actionnaires. Ils vont se demander si c’est le rôle d’une entreprise de régler le problème de la pauvreté. En même temps, si le gouvernement demande aux entreprises de lui donner un coup de main pour entreprendre cette grande mission sociale, je suis tenté de dire pourquoi pas. De toute façon, les dirigeants d’entreprises ne vivent pas dans une tour d’ivoire.
Toute chose restant égale, il me semble que le secteur privé peut mieux faire les choses que celui du public.
Il faudra prendre un certain nombre d’initiative pour que les dirigeants d’entreprises privées soient d’accord pour mettre la main à la pâte.
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