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Crise d’eau potable: les coupures ne résolvent pas le problème

14 septembre 2014, 12:55

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Crise d’eau potable: les coupures ne résolvent pas le problème

En 2020, Maurice fera face à un manque d’eau important qui bouleversera les modes de vies, les activités socio-économiques et endommagera l’environnement si rien n’est fait pour remédier à la pénurie d’eau d’ici 2016. Du moins, c’est ce que soutient Raj Prayag, vice-président de l’Institution Of Engineers Mauritius (IEM).

 

Et pourtant, annuellement Maurice a une pluviométrie moyenne de plus de 2000 mm. Alors, qu’est-ce qui a conduit à une crise d’eau ? Selon le vice président de l’IEM, ce problème remonterait à 1970. Depuis cette année, l’apport de pluie a diminué  par 8 % alors que la demande a augmenté de 2 %. «Bien que confronté à une demande en hausse les autorités n’ont pas jugé nécessaire de construire un réservoir de surface à vocation d’eau potable depuis la construction de Mare Aux Vacoas en 1944», fait ressortir notre interlocuteur.

 

En 1989 un plan directeur avait été dressé par la division de la Water Resources Unit. A l’époque, il avait jugé nécessaire de construire 17 barrages. Ils allaient construire un barrage à Calebasse, à Chamarel et à Rivière du Poste. Toutefois, 25 ans rien n’a été fait…

 

Et si la Central Water Authority s’atèle à imposer des coupures d’eau à la population pour faire face aux périodes de sécheresse drastique, Raj Prayag affirme que ce n’est pas la solution. «La coupure d’eau accentue les fuites et représente un danger pour la santé humaine car il y a risque d’intrusion de matière polluée dans le réseau. L’ouverture et fermeture des vannes ont un effet de «surge» qui fait sauter les joints dans le réseau», souligne M. Prayag.

 

Si la coupure d’eau est néfaste, la désalinisation n’est pas une option pour le vice-président de l’IEM. D’autant, que Maurice ne cesse de s’enorgueillir d’être une île durable. «Nous utilisons beaucoup d’énergie pour la désalinisation d’eau. De plus, ce processus pollue d’avantage le lagon alors que nous recevons 2000 mm d’eau par an», souligne notre interlocuteur.

 

Alors, quelle est la solution ? D’abord, il faut construire des barrages préconisés par le plan de directeur. Ceci servira à capter l’eau afin de subvenir aux besoins d’eau des Mauriciens. «Les réservoirs de surface garantiraient un débit d’eau régulier et constant pour nos besoins», fait ressortir Raj Prayag. Il faudrait aussi investir dans les réseaux de distribution pour réduire les fuites d’eau, reboiser et protéger les bassins versants à travers une politique bien définie. Cependant, avant de mettre tout cela en place il faut faire face à des défis énormes. Avant toute chose, «il faudrait que les autorités prennent la situation au sérieux».

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