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On a testé: L’Anima Bella… à Venise
Ce soir-là, deuxième soirée magique d’un court séjour à Venise, nous cherchions de quoi nous restaurer avant d’aller écouter les Quatre Saisons de Vivaldi juste à côté de la place St-Marc. Avec aucune réservation de faite, nous nous sommes souvenus d’une petite Trattoria au bout de la rue où nous avions admiré des lustres magnifiques façonnés sur l’île du verre, d’à côté, à Murano. On y fonce, dans la cohue. C’est en effet vis-à-vis d’une façade d’église que l’on a retrouvé la Bella Anima, sur la calle Flubera, avec accès direct sur le canal. Il y a même deux gondoles rutilantes de laque noire qui attendent leurs prochains passagers… Le cadre est posé.
HEURE : Il est sept heures. Il fait encore jour. Nous avons une heure avant que les violons et les violoncelles ne s’élancent dans le silence.
AMBIANCE : On ouvre la porte et ça a tout l’air d’être rempli à ras bord. On s’apprête à tourner les talons quand un serveur, il devait être sicilien, me prend par l’épaule et me montre une petite table, avec deux chaises, collées sous le bar qui sert surtout, à ce que je vois, de comptoir pour livrer les plats, puisqu’on y cuisine juste derrière ! La table devait faire, tout au plus, quatre pieds carrés. Une fois l’assiette et les couverts posés, pas de place pour une petite panière ni… des coudes, ce qui sera salutaire, ce soir, à mes manières de table ! Ça grouille et ça gazouille raide dans cet espace minuscule où un obèse ou même un Américain bien nourri ne pourrait être accommodé facilement, surtout à cette heure ! Là où nous sommes, coincés sous le bar, il faut même que je me lève pour
laisser passer quiconque veut aller au petit coin…
SERVICE : L’unique serveur est sous pression, mais il s’active. Je soupçonne même, à le regarder détaler, qu’il fait partie de ceux qui répondent positivement à la pression et qui doivent décrocher quand il y a moins de clients. À cette heure, cruciale pour la caisse, car il faut «faire tourner» les tables au plus vite pour maximiser le nombre de clients, il bondit par-ci, il saute par-là, les assiettes tenant de manière apparemment précaire au bout de mains pointant vers le plafond. Si on hésite dans ses choix pour la commande, il est déjà parti vers une autre besogne ! Carlo zappe d’une tâche à une autre avec une célérité et une efficacité qui émerveillent et qui doivent enchanter son patron. Je n’ose pas lui demander s’il est à la commission : mon italien nul prendrait bien trop de son précieux temps !
RE PAS :Le menu est du grand classique. Entre les pizzas et les salades, nous optons pour des pâtes après quelques olives qui… enjolivent de la viande séchée type Bresaola. Ça ira plus vite. Les pâtes, al dente comme il le faut, arrivent effectivement illico presto baignées dans une sauce rutilante et parfumée de tomates, de champignons et de basilic. On peut y deviner quelques brins de thym. Du vrai plaisir. Ce qui rappelle l’adage «pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple !» Qu’il est loin mon sandwich quotidien du bureau !
VALUE FOR MONEY : L’antipasti coûtant aussi cher que les pastas, soit environ 10 euros le plat, on s’en sort, sans vin et sans gelato et grâce au prétexte de Vivaldi, avec une note de 45 euros.
PROCHAINE VISITA : Probabilmente mal più ! Cosi Venezia è magica, 20 milioni di turisti par anno su alcuni chilometri squadri, ciò diventa pesante. E ha questa densita di popolazione, i canali, ciò sente !
La note: 7/10.
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