Publicité
Polémique autour d?une zone de baignade
Par
Partager cet article
Polémique autour d?une zone de baignade
Quatre pêcheurs de Bel-Ombre entament des démarches pour poursuivre l?hôtel Tamassa du groupe Naïade. Herold Auguste, un des pêcheurs explique que l?hôtel Tamassa avait signé un accord avec 90 pêcheurs pour effectuer des travaux dans le lagon pour aménager une zone de baignade dans le lagon.
Cependant, quatre pêcheurs de la région n?ont pas voulu signer l?accord. Parmi ceux-là Herold Auguste. Il explique que l?entrepreneur devait uniquement enlever des rochers dans un certain périmètre du lagon pour permettre aux touristes de nager. «Nous n?étions pas d?accord avec le projet de Tamassa. La situation s?est aggravée quand l?hôtel a fait venir un bulldozer dans la lagon. C?est la raison pour laquelle nous allons en cour», dit-il.
Les quatre pêcheurs ont sollicité l?avis de Vassen Kauppaymuthoo, océanographe et ingénieur marin ainsi que le syndicat des pêcheurs. Ils ont aussi engagé un homme de loi. Un entrepreneur qui travaillait pour ce groupe a été réprimandé par des garde-pêches et des garde-côtes dans la nuit du 4 octobre. Il effectuait des travaux dans le lagon vers 23 heures. Commentant cet incident, Naïade Resort dit être victime d?un concours de circonstances.
Les travaux suspendus
Herold Auguste se pose beaucoup de questions : par exemple pourquoi les travaux ont été effectués tard dans la nuit ? De plus, il soutient que selon l?accord les travaux allaient prendre fin vers le 30 septembre.
Le pêcheur contestataire se dit heureux que les travaux aient été suspendus par les garde-côtes sinon, dit-il, la pollution aurait été plus importante. «Nous sommes déjà incommodés par les hors-bords et la vase. La situation aurait pu être catastrophique pour nous».
Vassen Kauppaymuthoo s?est rendu sur les lieux pour un constat. Il soutient que quand Naïade avait déposé son permis EIA, il était censé effectuer les travaux manuellement pour ne pas perturber l?écosystème marin. Or, tel n?est pas le cas. «La mer est du domaine public. Comment est-ce que le gouvernement souhaite faire de Maurice une destination touristique tout en autorisant la destruction des coraux et du lagon ? L?on ne peut pas faire les deux en même temps», dit-il.
Par ailleurs, l?océanographe dit avoir constaté que l?accès est limité devant certains hôtels car, dit-il, le public ne peut emprunter un pont qui est du domaine public alors qu?un des passages réservés aux pêcheurs est contrôlé par un hôtel.
Le service de communication de l?hôtel, par la voix de Richard Ramasawmy, insiste sur le fait qu?il est victime d?un concours de circonstances. L?entrepreneur n?était pas censé travailler avec des machines, de surcroît un samedi soir quand les directeurs ne sont pas à l?hôtel. Toutefois, dit-il, quand la direction, a été avertie, il était trop tard. «Il voulait terminer probablement les travaux le plus vite possible. Nous avons rappelé à l?entrepreneur les conditions dans lesquelles il devait effectuer les travaux car nous avons des responsabilités environnementales et sociales».
Selon le service de communication de Naïade, ces travaux se sont avérés nécessaires car il y avait de grosses pierres posées par l?homme sur la plage et dans le lagon quand ce groupe hôtelier a pris possession du terrain.
L?entrepreneur en question confirme que Naïade Resort n?était pas au courant des travaux qui ont été effectués la nuit. «Il y avait de gros rochers que nous ne pouvions pas déplacer à la main. C?est pour cette raison que nous avons dû avoir recours à un bob-cat dans l?eau». Mais pourquoi la nuit? Il déclare avoir attendu la marée basse.
Publicité
Publicité
Les plus récents