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MSM : l?espoir de la reconquête du pouvoir
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MSM : l?espoir de la reconquête du pouvoir
Il est à une époque charnière de son existence. Et ce parti, le Mouvement socialiste militant (MSM) se prépare à fêter ses 25 ans avec faste au centre Swami Vivekananda à Pailles dimanche.
Et la conjoncture est particulière. Outre la consolidation du parti, il se prépare déjà pour les prochaines élections générales, qui auront lieu au plus tard en 2010.
Néanmoins, pour s?installer à l?Hôtel du gouvernement, le MSM aura impérativement besoin d?un allié. Seul, le parti n?ira pas loin. Mais avec 12 % des intentions de vote, selon le dernier sondage Sofres/Business Mag, publié le 17 septembre dernier, contre 27 % pour le Mouvement militant mauricien (MMM) et 28 % pour le Parti travailliste, il est incontournable sur l?échiquier politique.
«C?est le MSM qui déterminera la configuration politique de demain», affirme avec raison un membre influant du bureau politique. Et lorsqu?on parle d?alliance, le MMM semble tout désigné, ou du moins désiré.
«Ce serait une alliance naturelle. Nous avons tellement de choses en commun», confie un dirigeant MSM. Pas étonnant qu?il y ait des similarités. Le MSM est en quelque sorte l?enfant illégitime du MMM. Un enfant qui a dû grandir très vite pour immédiatement prendre les rênes du pays.
<B>«Un bateau de remplacement»</B>
Mais cinq ans après le départ de sir Anerood Jugnauth, le parti doit encore gérer l?après-SAJ. «L?ombre de SAJ écrase le MSM.» Ces propos sans équivoque sont ceux d?un membre du bureau politique du MSM. Ils résument bien la situation.
Pour beaucoup de gens, le MSM reste associé à l?image de cet homme de fer qui a su mener le pays au boom économique. «Parler du MSM, c?est parler de SAJ. C?est incontournable. Il a une influence qui va perdurer encore un certain temps, jusqu?à ce que son fils se soit vraiment construit un prénom», est d?avis Ramduth Jaddoo, un des membres co-fondateurs du parti. Il concède cependant que Pravind Jugnauth «n?a pas fait mal comme ministre de l?Agriculture et comme ministre des Finances. Il a démontré une certaine maturité, mais étant donné qu?il est extra-parlementaire maintenant, il est difficile de le juger».
Né suite à la grande cassure du MMM en 1983, le MSM était formé pour pouvoir continuer à diriger le pays. «L?objectif de départ était d?avoir un bateau de remplacement pour pouvoir continuer à naviguer, sinon nous allions couler. Au début, c?était donc une question de survie», raconte un des membres fondateurs du MSM.
En 1983, personne ne se doutait que le parti soleil allait briller aussi longtemps. «La personnalité de SAJ a été déterminante dans le succès du parti. Sa personnalité, son leadership ont énormément contribué au MSM», affirme Vishnu Lutchmeenaraidoo. Il était parmi ceux qui avaient quitté le MMM pour aider à fonder le nouveau parti de SAJ en mai 1983, en vue des élections générales d?août de la même année.
Faut dire qu?alors que le pays était à la dérive, des mesures courageuses sont prises pour remettre le train sur les rails. Architecte de grandes transformations, le MSM provoquera le boom économique de la fin des années 80.
Sir Anerood Jugnauth décrira ainsi sa philosophie au Parlement le 21 juin 1988 : «Nous devrions analyser le modèle de développement que le gouvernement a adopté depuis 1983. Nous croyons dans le socialisme, mais il s?agit en l?occurrence d?un socialisme pragmatique. Il est important de créer la richesse afin de maintenir l?Etat providence, ce qui nous permettra, en tant que gouvernement, d?assurer une distribution équitable des richesses.»
Le produit national brut par tête d?habitant est ainsi passé de Rs 11 700 en 1982 à Rs 44 900 en 1992, soit une hausse de 400 %.
La zone franche émerge, avec la venue en masse des Hongkongais. En quelques années, l?exportation devient le plus gros secteur de l?économie, alors que le tourisme commence à émerger. En 6 ans, plus de 100 000 emplois seront créés, jusqu?à arriver à une situation de plein emploi.
Maurice vit très bien son ère d?industrialisation. Vers les années 90, le gouvernement entame alors ce qu?il appelle sa «deuxième phase de l?industrialisation». Il s?agit alors de diversifier les marchés, de créer de nouveaux secteurs d?activités, de moderniser l?économie pour faire du pays un centre d?affaires régional.
«Homme de fer»</B>
Sir Anerood Jugnauth restera 12 ans au pouvoir, avant de passer le témoin à Navin Ramgoolam en 1995. Commence alors une douloureuse traversée du désert. Lentement mais sûrement, le parti se reconstruit. Jusqu?au 54-6 des élections générales de 2000 en tandem avec les mauves. SAJ redevient Premier ministre. Poste qu?il cède à Paul Bérenger en 2003, suite à l?accord conclu avant les élections de 2000.
Dans le même élan, il accédera à la présidence pour laisser le parti entre les mains de son fils, Pravind Jugnauth, qui, lui, prend également le poste de vice-Premier ministre et ministre des Finances. Mais pour les élections générales de 2005, c?est à nouveau la perte du pouvoir. Et alors que le MSM conserve11 députés au parlement, son nouveau leader sera mis au ban du Parlement. A priori, après le règne en monarque absolu de SAJ, le fils a du mal à s?imposer.
Mais, le leader façonne son image. Durant sa propre traversée du désert, le leader du MSM veut démontrer qu?il est un homme de poigne, mais également d?ouverture. «C?est un parti jeune. Le MSM d?hier était carré. Celui d?aujourd?hui est une ?uvre plus polie, plus représentative de la société mauricienne dans son ensemble. Pravind Jugnauth est un homme d?écoute, mais qui sait également se montrer ferme et prendre des décisions», affirme-t-on au Sun Trust, quartier-général du MSM.
La preuve étant le bras de fer entamé entre le leader du MSM et celui du MMM. Alors que Paul Bérenger ne cache pas son souhait de contracter une alliance avec le MSM, Pravind Jugnauth maintient la ligne dure par ses exigences, dont le siège de Premier ministre.
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