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Quand la religion a bon dos
Il y a un point commun dans les récentes prises de position de Deepa Bhookhun et de Tourya Prayag dans les colonnes de l?express. Les religions sont prises à partie comme des forces rétrogrades tenues responsables pour bloquer la légalisation de l?avortement et faire avorter tout projet de loi pour le divorce à l?amiable par consentement mutuel. «Les religions ont-elles le droit de contester aux instances démocratiques le droit de légiférer?», argumente Tourya Prayag dans l?édition du 2 octobre alors que Deepa Bhookhun maintient dans les éditions des 3 et 9 octobre que les religions ?decide for us what is right and what is wrong? And so in the end we so totally embrace this fear or faith? that we welcome the control they have on us.?
La stratégie est claire :
Discréditer les religions en les présentant comme des épouvantails et des «empêcheurs» de danser en rond.
Les opposer à l?Etat laïque prête, selon elles, à accepter toutes les dérives légales d?une modernité qui se veut libérée.
Ne plus reconnaître aux religions aucune responsabilité de parole sur les questions sociales et familiales pour les confiner à ne parler que de péchés et d?enfer.
<B>Questions vitales</B>
Notre monde deviendra-t-il plus heureux si nos religions, qui ont pour mission de relier le divin et l?humain, se taisent sur des questions d?ordre vital qui affectent notre conscience individuelle, notre vie en société et notre responsabilité sociale par rapport aux autres ?
Le principe «Ne tue pas» est un droit naturel du respect de la vie de l?humain, de sa conception à sa mort. Or l?avortement, même légalisé ou décrété par la Cour suprême, comme le souhaite Deepa Bhookhun, reste un acte qui a pour but de supprimer une vie en plein développement. C?est un acte de mort qui peut momentanément soulager une femme de problèmes immédiats, mais qui ne s?effacera pas de sa mémoire et de sa vie psychique. Il ne faut pas oublier que l?avortement tue l?enfant, mais mutile aussi le c?ur de la femme concernée.
Le divorce à l?amiable rendu plus accessible verra monter en flèche, comme partout ailleurs où cela a été légalisé, le nombre de divorces, les remariages, les familles décomposées et recomposées. Regardons de près tous ces drames rapportés dans la presse quand l?amour blessé blesse les autres avec des rivalités, des jalousies, des drames passionnels et des enfants meurtris intérieurement. D?accélérer les procédures de divorce ne garantit en rien que l?amour vrai, qui dure et rend heureux, sera plus présent dans nos sociétés ; ce sera au contraire l?escalade des unions qui se défont à la sauvette.
Quand nos religions se prononcent sur des problèmes de société, elles remplissent leur mission de promouvoir et de sauvegarder l?amour. Cela ne va, certes pas, sans sacrifices. Mais de les accuser de vouloir tout contrôler en nous effrayant et en ne parlant que de péchés et de punition relève de mauvaise foi et d?ignorance.
Reconnaissons les faits : c?est la perception qu?il y a chez une majorité de citoyens opposée à la légalisation de l?avortement qui fait que le gouvernement ne soit pas venu de l?avant avec un projet de loi dans ce sens.
<B>Monique DINAN</B>
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