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La vente de villas IRS ralentit

15 octobre 2008, 00:00

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Après le textile et le tourisme, la croissance des projets de villas sous l?Integrated Resorts Scheme risque de faire les frais de la conjoncture internationale. Même si les villas de luxe se sont bien vendues depuis le début de l?année, ce secteur qui est un pourvoyeur d?investissement direct étranger pourrait connaître un léger ralentissement. Les promoteurs restent «optimistes» mais ne font pas «d?illusions » car l?état des principaux marchés pourrait rendre leur tâche plus difficile.

Autre conséquence de la crise : l?accès aux finances pour les promoteurs de villas IRS devient plus difficile qu?il y a trois semaines et cela pourrait avoir un impact sur les ventes à venir. « Nous nous attendons à ce que les principaux marchés continuent à montrer de l?intérêt pour les villas mauriciennes mais les transactions peuvent connaître un léger ralentissement dans les prochains mois. Nous aurons une idée plus précise avec l?arrivée des fêtes de fin d?année, qui est, traditionnellement, une période de fortes ventes », explique Jonathan Tagg, managing director de Pam Golding Properties, (PGP), agence spécialisée dans la vente des villas.

À ce stade, il n?y a pas eu d?annulations de réservations et de ventes de la part des clients américains et européens mais certains peuvent réviser leurs stratégies. Il y a très peu de clients américains sur le marché mauricien. ?There will be a slow-down in villa sales but Mauritius is still an attractive destination and we expect villa sales will continue at a steady rate.?

Environnement bancaire local stable

Opinion partagée par Raju Jaddoo, managing director du Board of Investment (BOI). « Il se peut qu?il y ait un ralentissement dans la croissance des ventes. Il se peut qu?il y ait une décélération dans leur vitesse, mais ce n?est pas pour autant qu?elles sont en danger. Il est possible qu?il y ait un temps d?attente avec cette crise mais cette attente durerait entre deux à trois mois. La situation est réversible. »

Les projets IRS sont financés par des sources diversifiées, estime le directeur du BOI. Les villas et résidences ne sont pas des produits de masse. Ce sont des projets de style de vie. La valeur des achats de ces biens immobiliers pour les neuf premiers mois de 2008 ? janvier à septembre ? s?élève à Rs 6 milliards.

Selon Jonathan Tagg, il est peu probable que le marché boursier mauricien soit très affecté car le nombre d?actions disponibles est très limité et le volume de transactions par jour n?est pas énorme. L?environnement bancaire est stable. Les banques locales ne sont pas si exposées au problème d?endettement que les banques européennes et américaines.

Le managing director de PGP estime que qu?il est peu probable que le marché foncier local ait les mêmes problèmes que les marchés étrangers. Les banques ont encore des liquidités pour financer d?éventuels développeurs. Concernant la vente des villas, 2008 a été une année « très active ». « Il est difficile de prévoir l?impact pour les prochains mois. Les achats seront liés au climat d?investissement, et à l?accès et au coût de l?emprunt. »

De son côté, Hector Espitalier Noël, président du conseil d?administration de Les Villas de Bel Ombre Ltd ? le promoteur des Villas Valriche ? soutient qu?il n?y a eu qu?un ou deux désistements et que cela ne représente qu?une petite part des ventes. « Nous avons des acquéreurs potentiels qui sont en attente, et qui vont se substituer à ces désistements. Les ventes progressent mais il ne faut pas se faire des illusions. Car l?état des marchés financiers nous rendra la tâche plus difficile à l?avenir. ».

Pour cette raison, Hector Espitalier Noël estime qu?il faut redoubler d?efforts pour promouvoir l?image de marque des Villas Valriche et de la destination mauricienne en général. « Le gouvernement devrait y contribuer en tenant des propos rassurants quant à la pérennité de sa politique de promotion des IRS et devra aider aux efforts pour faire valoir les atouts qu?offre le pays aux étrangers en général.»

D?autant plus qu?il est clair que le développement des projets immobiliers va aider le pays à maintenir sa croissance économique, alors que nos principaux secteurs d?activités pourraient faire une conjoncture difficile. «Nous sommes confiants pour l?avenir, mais il faut travailler», fait ressortir Hector Espitalier Noël.

Du côté de La Balise Marina, à Rivière-Noire où le groupe Espitalier Noël est un des principaux promoteurs, la demande est considérée comme « très forte » pour les villas et appartements. Car les acheteurs privilégient un produit unique en termes de concept. Sur cette question le projet se distingue par sa marina. Sans compter que les acheteurs cherchent des résidences qui valent environ Rs 45 millions. Ce projet à Rivière-Noire comprend la construction de 118 unités résidentielles de luxe.

Pas d?inquiétudes majeures

Pour sa part Jason Harel, membre d?un cabinet d?avocats consultant d?un projet IRS à Roches-Noires, estime «qu?il est trop tôt» pour connaître l?impact de la crise sur les réservations des villas. «Les ventes n?ont pas encore commencé. Les travaux préliminaires sur le site se poursuivent. Pour l?instant c?est business as usual. Tout le programme d?investissement est maintenu. C?est un peu la politique de wait and see. Mais tout ce qui se passe sur le plan international est pris en compte. »

Denis Maujean, directeur de Coprim Ltée Immobilier Conseil (CIC), estime qu?avec la crise, les promoteurs de projets IRS seront un peu plus réservés et attendront que les choses se décantent avant de prendre des engagements ou des risques. «Normalement il y a des délais à respecter au sujet de l?échelonnement des travaux. Nous souhaitons que le gouvernement ne fasse pas de pressions de délais.» Pour CIC, les discussions entre les clients potentiels et les promoteurs se poursuivent. «Il n?y a pas d?inquiétudes de notre côté», ajoute Denis Maujean.

Dans les milieux de l?établissement sucrier de Médine, qui est le promoteur du projet Tamarina, on affirme que toutes les villas de la première phase ont été vendues. C?est en 2009 que la deuxième phase va démarrer. Les réservations n?ont pas commencé. Donc, pas de problèmes pour l?instant.

Par ailleurs, les promoteurs du projet River Club à Masilia, le Goulet, et les responsables du marketing vont se réunir au début de novembre pour faire le point et voir comment les ventes et réservations des villas auront évolué. Le projet River Club prévoit la construction de 336 villas, dont 156 villas dans une première phase. Le promoteur est Poste La Fayette Ltd qui s?est adjoint des partenaires sud-africains.

L?INVESTISSEMENT DIRECT EXTERIEUR EN BAISSE

Pour les premiers six mois de 2008, Maurice a reçu environ Rs 3,7 milliards en termes de «Foreign Direct Investment» (FDI). Cette somme est répartie comme suit : Rs 1,8 md pour les hôtels et les restaurants, Rs 917 millions pour les IRS, Rs 671 millions pour le secteur financier et Rs 115 millions pour le secteur de la santé. Cela représente presque la moitié des entrées en 2006.

Pour les mois d?août et septembre 2008, l?entrée du FDI pourrait se chiffrer à Rs 1 milliard au total.

Pour 2006, le total de FDI reçu a été de Rs 7,2 milliards, avec Rs 3,6 milliards au secteur financier et Rs 3 milliards au secteur des hôtels et des restaurants.

2007 est considérée comme une année exceptionnelle avec une entrée de Rs 11,5 milliards de FDI dont Rs 7 milliards pour les hôtels et restaurants et Rs 4 milliards pour le secteur financier. L?Europe demeure la principale source de FDI pour Maurice.

LES VILLAS EN CHIFFRES

Au total 123 autorisations approuvées pour les achats des villas et résidences par le BOI pour les neuf premiers mois de 2008, contre 121 pour toute l?année 2007. Depuis 2005 quelque 401 autorisations ont été données. 70 % des acheteurs des villas et résidences viennent d?Europe, 15 % d?Afrique du Sud, 9 % de Maurice et 3 % d?Amérique du Nord. Les propriétaires viennent également de Singapour, de l?Inde, du Canada, d?Australie, de la Grèce, de Hong Kong, de la Namibie, du Portugal, d?Arabie Saoudite et de l?Espagne. Ils sont, entre autres, des entrepreneurs, des footballeurs, des médecins, avocats, comptables, des banquiers et des développeurs fonciers.

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