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Ces concerts de charité qui ne rapportent pas gros

15 octobre 2008, 00:00

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Moral morose. Même si les organisateurs de concert de charité affirment n?être «absolument pas découragés». Avant de préciser qu?ils sont «toujours prêts à recommencer».

Cette formule de concert existe depuis 2001. Eric de Chasteauneuf, l?énergique président de l?association, Les enfants d?un rêve, est clair : «Le public vient plutôt pour le show. Les premières années, les gens venaient pour la cause mais tant qu?ils viennent et que cela nous permet de vendre des billets, nous continuons.»

Alors que Les enfants d?un rêve sont annoncés sur la scène avec Memories, florilège des comédies musicales, au Mahatma Gandhi Institute (MGI) à partir de ce vendredi 17 octobre pour 12 séances, Eric de Chasteauneuf espère pouvoir distribuer entre Rs 300 000 et Rs 400 000 à trois organisations.

Elles sont le Centre d?accueil de Terre-Rouge, de l?APEBS, qui s?occupe d?élèves qui ont des difficultés à suivre le programme scolaire normal, et ainsi La courte échelle qui oeuvre aussi dans le créneau du soutien scolaire.

Monter un concert charité tous les ans ? Les enfants d?un rêve ont choisi de le faire tous les deux ans car elle s?est rendue compte qu?au fil des ans, «les sponsors sont fidèles mais moins généreux».

Eric de Chasteauneuf l?explique par le fait qu?«aujourd?hui, on est assailli de DJ et d?artistes étrangers et cela tue les événements locaux». D?autant plus que les organisateurs de concerts de charité doivent payer pour la sonorisation, les lumières, le décor et les costumes. Exemple : pour les 12 séances, c?est-à-dire trois semaines de location de l?auditorium du MGI, il faudra débourser Rs 480 000.

<B>«Condescendance des artistes»</B>

Même loi des chiffres pour Emilie Pascal de La mizik au bout du tunnel. Début septembre, cette association de chanteurs et musiciens a organisé trois concerts au profit de la Fondation Georges-Charles.

Pour cette année, elle n?a récolté que Rs 400 000. «On est déçu de la réaction du public et ce n?est pas sûr qu?on recommence l?année prochaine, explique Emilie Pascal. En 2010 peut-être?»

Paradoxal. «On entend souvent les gens se plaindre qu?il n?y a pas assez de concerts mais quand un groupe de jeunes se démène pour faire quelque chose, le public ne suit pas forcément», dit-elle.

Au-delà du profit, Jean-Jacques Arjoon, artiste et président de l?association La Pointe Tamarin, estime : «Ce type de concert met à la portée du public de certaines régions, des événements auxquels ils n?ont pas toujours accès à cause du manque de mobilité.»

Samedi, La Pointe Tamarin a invité plusieurs artistes, dont OSB et Linzy Bacbotte, à chanter dans un concert afin de recueillir des fonds pour une association qui propose des cours d?art plastique, de musique et d?écriture à des enfants de cette région de l?Ouest.

Si les recettes ont été en dessous des attentes de l?association, cela ne l?empêche pas de s?élever contre «une certaine condescendance des artistes» qui refusent de se produire sur ces scènes. «Souvent, ils se plaignent de ne pas avoir d?espace d?expression et pourtant là, il y a un podium qui les rapproche du public».

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