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Positionner toutes les facettes de Maurice
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Positionner toutes les facettes de Maurice
Non, il n?y a pas que le tourisme qui est concerné. L?exercice de branding s?étend à tous les acteurs de l?économie et de la société civile. Positionner Maurice dans sa totalité sur la carte du monde, tel est l?objectif du brand.
C?est dans ce sens que la firme britannique Acanchi Ltd a entamé une série de consultations. Les ateliers de travail auxquels les spécialistes anglais convient les différents acteurs visent « à tâter l?âme du pays, à mieux la comprendre, à en saisir les différentes facettes et les diverses attentes ». C?est dans cette optique que des professionnels du tourisme, des services financiers, des ONG ou des médias ont participé à l?exercice.
L?équipe d?Acanchi s?intéresse, entre autres, à la projection qu?on se fait de Maurice en 2020. En s?intéressant à des axes spécifiques, il s?agit de voir, pour chacun des groupes d?acteurs, quelles sont les attentes en matière d?éducation, de transport, de tourisme, de culture et d?environnement.
Certains acteurs ont bien voulu se prêter à nouveau à cet exercice, ou du moins, livrer leurs attentes (voir hors-textes). C?est qu?on attend beaucoup du branding. Plus qu?un slogan, c?est une stratégie de marketing qui se met en place.
Refléter les changements en cours</B>
Le label qui sera défini devra prendre en compte la pluralité de l?île. Pluralité culturelle et panel d?opportunités. En ce sens, le brand ne peut être statique. Il doit être dynamique. Garder le cap des attentes des acteurs locaux.
Maurice peut donc jouer la carte de centre financier, de pôle du savoir, d?île durable, en plus du traditionnel sea sun and sand. À juste titre donc, Shaan Cheekhooree et Gilbert Gauthier, respectivement directeur et brand & business developer chez Identiti, faisaient ressortir dans nos colonnes qu?« il n?est pas possible que Maurice soit promue comme une destination sea, sun and sand dans la nouvelle stratégie de branding dans la mesure où cette proposition n?est pas unique (Maldives, Seychelles, Madagascar) ».
L?île a amorcé une transition économique qui doit transparaître dans le branding. Les autorités, le secteur privé et l?ensemble de la société civile sont pleinement engagés dans les changements socio-économiques en cours. Les paris ? si ce ne sont des gageures ? se multiplient. Et c?est cette multiplicité d?opportunités, de fenêtres, que le brand vantera hors de nos côtes.
Le tourisme est le secteur moteur de l?économie. Mais la transition qui s?opère consacre l?émergence de nouveaux piliers ? technologies de l?information et des communications, services financiers ? qui devront faire la renommée de l?île Maurice de demain. Le brand s?inscrit dans cette logique. Une logique d?avenir et unique. On ne saurait vanter un pays de manière désorganisée.
Cela dit, pour plus de visibilité de chacun des secteurs, il serait peut-être opportun de penser également à des sous-brands spécifiques. Quoi qu?il en soit, c?est maintenant sous une même bannière que les différents secteurs d?activité seront vantés à l?étranger. Pour que l?île Maurice ne soit pas connue que pour ses plages de sable blanc?
QUESTIONS À?
<B>Fiona Gilmore Chairperson d?Acanchi Ltd </B>
● <B>Sur quels aspects doit se baser la stratégie de branding pour Maurice ? </B>
La stratégie pour Maurice doit tenir compte de toutes les facettes du pays. Ainsi, tous les acteurs locaux sont consultés ? autorités, académiciens, secteur privé, ONG, citoyens et opinion leaders ? mais aussi les touristes et investisseurs étrangers. Les différents aspects de la stratégie s?intéressent à l?histoire, au développement social, aux opportunités économiques, à l?environnement et aux thématiques qui intéressent les investisseurs telles que la bonne gouvernance dans les entreprises et la transparence. Avec ces consultations, couvrant un éventail très large de visions, d?attentes et d?histoires, nous développerons une umbrella strategy.
● <B>Le branding doit-il être la représentation d?une réalité ou donner une image de l?île Maurice de demain ? </B>
Une stratégie de branding doit durer dans le temps. Il faut qu?il soit valable aujourd?hui mais qu?il colle encore à la réalité en 2020. Il doit être durable. Le brand est donc aussi une manière de se projeter dans le futur. C?est pour cela qu?il ne peut être statique. Par contre, le brand peut s?éloigner un peu de la réalité s?il reflète des aspirations qui sont très présentes et répandues dans le pays. Il peut donc refléter des valeurs ou des envies qui prendront quelque temps à devenir réalité. C?est dans ce sens que va le concept d?île durable. C?est une aspiration que partagent les décideurs, les citoyens, les opérateurs et les visiteurs. Le brand peut viser cet objectif. De toute façon, nous ne pouvons l?omettre dans la stratégie que nous adopterons.
● <B>Un brand qui colle aux rêves des Mauriciens, à la manière dont ils imaginent le pays dans vingt ans, peut-il aider à éviter des dérives ? Les autorités par exemple ne pourraient pas changer de direction en matière de développement durable?</B>
Je n?ai pas vraiment de réponse à cela. Dans chaque pays, on peut avoir des aspirations mais on ne peut pas avoir le contrôle de leur réalisation. Si le mindset change, le brand ne pourra rien y faire. Mais le brand témoigne d?une aspiration commune forte. Il peut au moins rappeler cela. Comme je l?ai dit, l?île durable, les questions d?énergies renouvelables, de ressources sont très présentes dans l?esprit des Mauriciens que nous avons consultés. C?est ce qui ressort de nos premières recherches. C?est pourquoi l?ensemble du processus est long car il faut définir une stratégie qui colle vraiment aux réalités et aux désirs des Mauriciens, des acteurs économiques. Il serait assez incongru que l?esprit collectif change au point de faire mentir un brand subitement.
● <B>Le branding pour le tourisme ne saurait être le même que pour les services financiers. Y aura-t-il donc des sous-brands qui seront définis ? </B>
Il y aura des stratégies de branding pour chacun des secteurs. Les messages spécifiques doivent être cohérents avec l?umbrella strategy. En fonction des secteurs, le public visé n?est pas le même. On ne peut donc pas adopter la même stratégie spécifique. J?insiste sur le fait qu?il ne faut rien de contradictoire. Il y a des choses qui unissent et connectent les gens, il faut parier dessus car cela vient de l?esprit des Mauriciens. Il s?agit de transcender les barrières sectorielles sans pour autant se priver d?un message spécifique pour qu?ils gagnent également en visibilité au même titre que le pays dans son ensemble.
<B>Amédée Darga
Président d?Enterprise Mauritius
« Construire une image pour placer les produits mauriciens » </B>
« Il y a deux aspects au branding. Le premier aspect, c?est une construction dans laquelle est impliqué tout le leadership national ? les partis politiques, l?élite intellectuelle et le peuple dans sa totalité ? pour construire le pays comme ils voudraient que les autres le voient, et comme ils souhaitent le voir eux-mêmes. Il y a derrière une volonté tournée vers le futur pour rendre réelle l?image qu?ils veulent vendre. Le deuxième aspect concerne notamment l?exportation des produits ou services. Il est évident que de par le monde il y a des pays qui réussissent mieux au niveau de leurs exportations parce qu?ils ont une image collée à leur nom. Au-delà du produit ou de l?entreprise qui fabrique le produit, le fait qu?un pays soit associé à une image donne un avantage au produit. La Suisse, par exemple, incarne une image de précision, et les produits suisses sont perçus comme étant fiables. La construction d?une image, quelle qu?elle soit, va aider graduellement à commercialiser des produits mauriciens à l?étranger, mais cela, dans la mesure où la réalité du pays reflète l?image projetée. Si on présente une image propre et ponctuelle, il ne faudrait pas qu?un étranger arrive ici et trouve un pays sale et où les gens sont en retard. »
<B>Daniel Essoo,
Manager Trident Trust
« Pas un exercice de maquillage » </B>
« Je crois qu?il faudrait éviter de parler de l?offshore en tant que tel car c?est un terme associé à l?opacité ou à l?évasion fiscale.
Il faudrait plutôt parler de Maurice en tant que centre financier. Nous opérons un système extrêmement réglementé, avec des lois qui évoluent sans cesse. Le cadre fiscal est bien défini, nous avons signé des traités avec 33 pays qui incluent l?échange d?informations. De ce fait, Maurice ne peut être mis dans la même catégorie que les Seychelles ou les îles Vierges britanniques. Nous offrons un service très personnel avec des professionnels hautement qualifiés. La prestation est donc surtout financière. C?est pourquoi le brand devra faire ressortir l?aspect transparent, les capacités professionnelles et le cadre réglementaire. D?ici 2020, on peut s?attendre à ce que l?offshore évolue vers une plate-forme légale très sophistiquée qui couvrirait différents types de sociétés et de procédés, jouissant d?une Bourse efficace et dynamique, d?un personnel polyglotte, flexible et qualifié, et d?une excellente infrastructure surtout en matière de télécommunications. Nous aurons aussi atteint un niveau de compétence technique très pointu en matière de projection financière. Par ailleurs, il faudra mettre en avant la place de Maurice dans la région. Nous serons au carrefour d?un corridor de développement entre l?Afrique et l?Asie. Nous arrivons à la fin d?un cycle et de nouveaux pôles de croissance émergent. Nous devrons donc jouer la carte africaine. Bref, on fait un branding en fonction du marché cible. Ce n?est pas un exercice d?expression de soi ou de maquillage. On ne saurait utiliser le brand comme un vernis que l?on vend sans s?assurer que ce vernis ne craquelle pas. »
<B>Jeenarain Soobagrah,
Président d?Inbound Operators Association
« Refléter notre tendance au changement » </B>
« Concernant le secteur touristique, on a mobilisé nos ressources de façon corporative, au niveau de chaque opérateur. On a opéré dans un système où la compétition s?est toujours faite entre nous. Nous avons les mêmes marchés cibles. C?est normal donc que nous soyons en concurrence directe. Mais c?est oublier les opérateurs étrangers qui sont aussi nos concurrents. Je crois donc qu?il est grand temps qu?on fasse un marketing global. Le branding va dans cette direction. C?est un brand pour la destination Maurice en tant que tel qu?on cherche. Dans les foires à l?étranger, les opérateurs sont présents mais c?est avant tout le pays lui-même qui est vendu. Alors le brand arrive à point nommé. On vendra la destination Maurice en premier lieu, puis viendront les produits et services des professionnels du secteur. Le slogan est important comme pour l?Inde. Les deux mots « Incredible India » ont parfaitement fonctionné. Nous devons trouver un slogan qui a un impact dans l?imaginaire de notre visiteur avant même qu?il ne foule notre sol. Mais bien sûr, le slogan ne peut fonctionner sans stratégie marketing. Le branding crée une identité en fait. ça n?empêche pas chaque opérateur de travailler sur son propre brand puisque la concurrence interne est permanente. D?ici 2020 le tourisme va changer. Le brand doit prendre en compte cet aspect. Il doit déjà prendre le pouls des changements à venir. C?est une tâche difficile qui attend ceux qui vont définir le brand. Nous offrons des opportunités et des services très différents. Un brand global sera trouvé. Mais je crois qu?il faudra que chaque secteur se place aussi, par exemple dans les foires internationales, avec le brand général et son brand spécifique. En 2020 donc, le brand devra encore être d?actualité. Pour cela, je crois qu?il doit refléter notre tendance permanente au changement. Notre chemin est celui de la diversification. »
<B>Roshan Seetohul
Directeur ? EURO CRM Mauritius Ltd
« Illustrer les atouts du pont entre Afrique et Asie » </B>
«Le branding a pour but de promouvoir et de rendre l?île Maurice plus visible notamment en Europe et dans d?autres pays où elle est surtout perçue comme une destination touristique. Le branding devrait permettre de montrer plusieurs atouts de Maurice : un secteur des technologies de l?information et de la communication en puissance, un pays bilingue et un pays avec des développements au niveau des technologies. À une époque, on connaissait Maurice comme un pays agricole, aujourd?hui on la connaît pour le tourisme. Mais, nous avons aussi une prestation offshore et sommes une plate-forme dans la région pour le secteur BPO (Business Process Outsourcing). Et, d?autres secteurs tels que le « seafood hub » prennent de l?essor. Le branding devra donc démontrer que Maurice, quoiqu?à 11 ou 12 heures de vol de l?Europe, représente plusieurs avantages. Au niveau de la région, nous proposons de la valeur ajoutée : la stabilité économique, politique et sociale, une connexion avec le câble « SAFE » et bientôt « Easy », Ebène grandit et de grosses pointures viennent au pays. Même si tous les pays se différencient, Maurice offre en tant que lien entre l?Asie et l?Afrique des atouts comparatifs, et le branding illustrera ça. »
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