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Ces bateaux qu?on soigne hors de l?eau...
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Ces bateaux qu?on soigne hors de l?eau...
En 2001, quand le Chantier Naval de l?océan Indien (CNOI), partenariat entre IBL et le chantier Piriou de Concarneau, a jeté l?ancre à Port-Louis, 25 personnes y travaillaient. Rengasamy Gangoo parmi elles. A l?époque, ce jeune homme d?à peine plus de 20 ans se joint à l?entreprise comme chaudronnier. Sept ans plus tard, il a gravi les échelons. Désormais chef d?équipe au sein de l?atelier de construction, il gère chaque jour, une équipe d?une vingtaine de personnes.
Une équipe qui est fière, comme son chef, d?avoir participé à la construction d?une quinzaine de bateaux. Plus particulièrement celle de l?Atsanta, ce patrouilleur de 35 m construit pour le gouvernement malgache. Le «plus gros navire construit jusqu?ici au chantier naval.»
Sur le chantier s?activent normalement 240 personnes, 220 Mauriciens, une vingtaine de Français, «de tous les corps de métiers». Chaudronnier, soudeur, électricien, menuisier? «Un peu les mêmes corps de métier que l?on retrouve dans le bâtiment», souligne Jean-Yves Ruellou, directeur général du CNOI. Cela a-t-il était difficile de recruter ? «Cela a été relativement simple, soutient Jean-Yves Ruellou. Nous avons bénéficié du développement industriel de Maurice. Nous avons recruté des personnes issues de l?industrie sucrière. Des gens formés dans la mécanique lourde.»
Bien sûr, il a d?abord fallu les former aux techniques particulières de la construction navale, telles que la soudure de l?aluminium. Rien de très compliqué si l?on en croit Rengasamy Gangoo. «Avant, je travaillais dans la sucrerie de Saint-Aubin. Je n?ai pas eu de mal à m?adapter car je fais toujours la même chose. Tôlerie, soudure, montage et ajustage, rien ne change.» Si ce n?est que les bateaux, on les construit «à l?envers». «Cela nous évite de souder au plafond», explique Rengasamy Gangoo.
Cet habitant de Mahébourg avoue avoir pensé, avec des copains de l?atelier, à la construction de leur propre bateau. «Ils aiment pêcher, alors, avoir notre propre bateau, cela nous tenterait mais il demeure un rêve. Rien qu?un rêve». Difficilement réalisable de part la cherté des matériaux. «Il faut compter au moins Rs 100 000 pour un petit bateau en aluminium», lâche ce jeune homme de 30 ans.
<B>400 000 heures de production par an</B>
Et puis, leurs journées étant longues, le temps leur ferait peut-être défaut. «Nous commençons à 7 heures pour finir à 17 heures mais il arrive que nous travaillions jusqu?à 22 heures.» Certes, lorsqu?il y a des bateaux à livrer, après construction ou réparation, mais également pour «prendre un peu d?avance sur le travail». Car, comme en mer, on ne sait jamais quand les intempéries peuvent les immobiliser.
D?autant que le travail ne manque pas sur le chantier. «Travaye plin plin», glisse Rengasamy Gangoo. Car, si son équipe et lui travaillent en ce moment sur la construction d?un synchrolift (élévateur à bateau), d?autres doivent s?atteler à la réparation de pas moins de trois thoniers senneurs, de 67 m à 115 m de long. «Nous avons atteint notre rythme de croisière en 2006, nous faisons 400 000 heures de production par an», souligne Jean-Yves Ruellou. Soit 12 à 14 arrêts techniquse importants (servicing).
La réparation de bateau étant leur activité majeure, l?élévateur de bateau ainsi que l?allongement du quai, qui est en train de se faire en ce moment pour atteindre 350 m, devrait leur permettre d?augmenter leurs activités. Leur planning est chargé pour les prochains mois. C?est d?ailleurs pourquoi, en ce moment, une centaine de personnes supplémentaires y travaillent.
Dans la cale sèche du CNOI, «la plus grande de Maurice», de 130 m de long et 27 m de large, le Via Avenir, navire de 2 000 tonnes de l?armement Saupiquet, ceux-là même qui font les boîtes de thon en conserve. Vu d?en bas, tout en bas, le navire paraît immense. Et les hommes qui le nettoient, minuscules. «C?est cette infrastructure qui nous a permis de nous développer et d?être attractif pour nos clients», explique Jean-Yves Ruellou. C?est ainsi que certains thoniers font d?une pierre deux coups. «Ils débarquent leur thon à Maurice pour être transformé en conserve avant que ne débutent les réparations au chantier naval.»
De 25 à 240 en sept ans, le CNOI ne cesse de grandir. A la tête du CNOI, on n?exclut donc pas la possibilité d?en embaucher encore de petites mains qui savent construire de si gros bateaux?
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