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Siva Virasami : entre psychiatrie et arômes

12 octobre 2008, 00:00

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Chassez le naturel, il revient au galop. Siva Virasami a ouvert un restaurant. Il a pourtant essayé de résister à la cuisine. Il y a huit ans, il choisit d?etudier le « psychiatric nursing » à Londres. Il fait ce choix parce que c?est un métier relatif aux relations humaines et parce qu?il veut prendre soin des autres. Exit donc son désir de travailler dans la restauration. Il se dit que c?est un rêve irréalisable .

Mais le déclic se produit pendant ses études. « Il me fallait un travail à mi temps pour arrondir mes fins de mois et j?ai trouvé un job dans un restaurant chinois », explique-t-il. Son initiation débute alors avec la plonge, puis le service en salle. Ses patrons sentant sa fascination pour la cuisine, le laissent mettre la main à la pâte.

« On m?a ensuite envoyé en Chine pour les affaires du restaurant. Là j?ai été émerveillé par la diversité de la cuisine locale. »

Le jeune homme décide finalement d?ouvrir un restaurant à Maurice, parallèlement à son travail en Angleterre. Un pied dans la santé mentale et un autre dans la cuisine, c?est a priori, un drôle de parcours. Mais pas pour ceux qui connaissent Siva. « Toute ma famille m?a soutenu et personne ne s?est étonné de mon choix. Ils connaissaient mon amour pour la cuisine. » Qu?ont-ils dit quand il a annoncé qu?il se spécialisait dans la cuisine chinoise? « Aucune désapprobation non plus. » Siva embarque alors dans l?aventure un oncle, businessman. Il va en Chine, à Guang Zhou et y dépêche deux chefs. Il y achète des meubles, des rideaux aux couleurs dorées, des tableaux asiatiques? Bref il veut que son restaurant chinois le soit de A à Z.

Son établissement est situé à Nouvelle France. Grande salle, deux cents couverts, lumières tamisées : on est impressionné. On est dans un cadre intime, simple et sobre. Canard laqué, poisson au gingembre et au maïs, crevettes géantes à la vapeur, foo yang de fruits de mer? Sur la carte figurent des noms de plats familiers. « Je voulais offrir une cuisine à laquelle on est habitué, mais aussi une cuisine goûteuse, préparée par des experts. Je suis moi même très critique quand je vais manger. Je n?aime pas ce qui est fait à moitié », confie-t-il. Pour que son restaurant soit convivial à tous, pas de b?uf ni de porc au menu. Par contre il y propose du cerf, cuisiné à la chinoise et aux black beans. Un coin mauricien avec un chef rodriguais, dont la devise est « Vous décidez et on exécute », est également disponible.

Siva est reparti pour Londres. Il a néanmoins installé une web cam et un système de vidéo- conférence pour que son restaurant ne soit jamais loin des yeux ni du c?ur. Il sera de retourà Maurice en novembre et reviendra peut-être un jour, définitivement. Pour lui, son pays n?a pas d?égal en matière de qualité de vie et sa famille est ce qu?il a de plus cher, après l?Aroma.

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