Publicité

Un G7 historique

10 octobre 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il y a un mois environ, le 7 septembre, la mise sous tutelle publique de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants du crédit hypothécaire américain, avait fait sensation. La nationalisation partielle des huit premières banques britanniques décidée le 7 octobre est encore plus stupéfiante.

Bien que privées, Fannie et Freddie travaillaient dans le giron des pouvoirs publics. Rien de tel à Londres. Faut-il que le désarroi - pour ne pas parler de panique ? soit grand au pays d?Adam Smith et de Margaret Thatcher pour que le Labour et les Tories acceptent de jeter l?Union Jack sur leurs divisions et prennent une mesure si contraire à leurs valeurs. Il faut dire qu?entre-temps les marchés boursiers ont fortement chuté et que, de Tokyo au Caire en passant par Francfort, nul ne voit l?horizon s?éclaircir.

En raison de ses multiples erreurs passées et de la proximité de l?élection présidentielle, George W. Bush est incapable de mobiliser le pays derrière le plan Paulson. Et quand les Européens se réunissent et prennent des mesures protectrices, ils ont du mal à convaincre leurs opinions.

Les institutions les plus solides broient du noir. Mardi, le Fonds monétaire international (FMI) a établi de nouvelles prévisions encore plus pessimistes que les précédentes. Et, selon lui, le pire est à venir. Mais, manifestement, son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, a du mal à passer du constat aux propositions. Le très prudent Jean-Claude Trichet a mis les dirigeants en garde : «Il y a des limites à ce que nous pouvons faire, car nous n?avons pas nous-mêmes la capacité d?intervenir lorsque surviennent des problèmes de solvabilité qui sont au-delà des problèmes de liquidité», a déclaré le président de la Banque centrale européenne.

Dans ces circonstances, les ministres des Finances du G7, qui se réunissent aujourd?hui à Washington avant les assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale, ont une responsabilité sans équivalent depuis la création de cette institution. Il leur revient d?essayer de rétablir la confiance en affichant une unité qui ne soit pas que de façade et en associant les pays émergents. Quant aux chefs d?Etat et de gouvernement, ils doivent rapidement faire évoluer cette structure ? le G7 ? créée après le premier choc pétrolier et aujourd?hui dépassée. Nouveau sommet de Bretton Woods ou pas, le monde politique doit parler d?une seule voix.

Le Monde 2008 (Editorial paru le 9 octobre)

Distribué par

The New York Times Syndicate

Publicité