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Affaire Bahadoor : le ministère de l?Education apprend la leçon

8 octobre 2008, 00:00

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Plus jamais ça ! L?affaire Yushdev Bahadoor, inspecteur du primaire accusé de pédophilie, a réveillé le ministère de l?Education. Des procédures sont en train d?être mises en place pour assurer une meilleure efficacité lorsque des alarmes sont déclenchées par des enseignants, parents ou enfants. Des allégations avaient déjà été faites sur cette personne à plusieurs reprises, et quand il était maître d?école d?un établissement huppé des Phoenix. Cela ne l?a pas empêché d?être quand même promu en 2006.

Le ministre de l?Education, Vasant Bunwaree, souhaite à tout prix éviter que de telles situations se reproduisent à l?avenir. «Je suis révolté par cela. C?est un cas qui nous ouvre les yeux. Après une enquête interne, nous avons l?impression que nous devons nous pencher sur cette question avec tout le sérieux requis», a indiqué le ministre dimanche.

Il a également donné l?ordre à ses officiers d?effectuer un audit de toutes les allégations de pédophilie faites dans le passé. «Dans le cas Bahadoor, il y avait des plaintes qui n?ont pas abouti pour plusieurs raisons, que je ne souhaite pas commenter pour le moment. En revanche, il faut revoir tout cela. Nous voulons mieux cerner le problème», avance Vasant Bunwaree.

Certes, au ministère, l?on indique que dans le cas de Yushdev Bahadoor, qui a été arrêté il y a une dizaine de jours par la police, il ne s?agissait que d?allégations. Celles-ci n?avaient pas été suivies par des plaintes en bonne et due forme. Dorénavant, chaque allégation sera prise au sérieux. C?est du moins ce que l?on confie à l?Education nationale.

Procédures strictes

«Nous voulons être plus méthodiques dans notre approche. Cela pourrait se faire à plusieurs niveaux. Nous avons les zones directorate, les inspecteurs et les chefs d?établissement», indique un technicien du ministère. Des procédures strictes devraient être mises en place quand des allégations sont faites.

Si, dans le passé, des allégations avaient déjà été faites, le suivi ne se faisait pas toujours comme cela aurait dû être le cas. «Nous allons porter une attention plus particulière aux cas rapportés chez nous. Nous allons demander un reporting plus particulier et systématique sur ceux qui font l?objet de soupçons», dit-on au ministère. L?objectif est d?intervenir plus rapidement et de faire un suivi en utilisant les ressources disponibles, comme par exemple les psychologues employés par l?Education nationale.

Même si dans l?affaire Bahadoor, les actes qui sont reprochés à cet inspecteur se sont déroulés hors de l?école, et a priori en dehors des heures de classe, en revanche des soupçons pesaient sur lui depuis des années. Et lorsqu?il avait été promu au grade d?inspecteur, des questions avaient été posées par le syndicat des inspecteurs. Cela n?a pourtant pas empêché la personne accusée d?exercer.

Ce cas interpelle également au niveau de la responsabilité de la classe enseignante. Les employés ont légalement le devoir de dénoncer d?éventuels abus. Le Child Protection Act de 1994 stipule clairement que si une personne membre du personnel enseignant ou non-enseignant d?une école «a des raisons d?avoir des soupçons qu?un enfant qui fréquente l?école a été mal-traité, négligé, abandonné ou exposé à d?autres sévices», le secrétaire permanent du ministère de la Femme doit être «immédiatement» mis au courant de l?affaire. Cette clause est également valable pour les membres du secteur médical.

De son côté, le ministère de l?Education souhaite également, a priori, réunir les conditions pour que la communication avec le corps enseignant quant aux soupçons de pédophilie ou autres soit plus aisée.

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