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L?université de Maurice gagnée par la fièvre des élections

8 octobre 2008, 00:00

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L?union des étudiants de l?université de Maurice (UoM) se prépare pour les élections. Première proposition sur le pamphlet de Student Rights : changer la porte «opaque» du local de l?union des étudiants pour une porte vitrée. «C?est pour plus de transparence», explique Basant Lallah, candidat au poste d?office bearer sous la bannière de Student Rights.

Ce groupe est l?un des trois blocs qui briguent les suffrages à l?élection des représentants de facultés au sein de l?union des étudiants de l?université de Maurice. Le scrutin est prévu les 14 et 15 octobre prochain. Le campus est envahi par des affiches géantes et des banderoles bleues, jaunes et blanches, aux couleurs de Student Rights, Student Welfare et Student Power respectivement, alors qu?on entre dans la dernière semaine de campagne.

Pamphlet couleur à l?appui, le chef de file de Student Rights ? qui prend le soin de placer très vite dans la conversation sa participation au concours Most Outstanding Young Person ? explique le pourquoi de cet argument de campagne. Etudiant en troisième année d?Information systems, Basant Lallah entend «briser les barrières physiques entre les membres de l?union et les autres étudiants».

Motivations

Ses colistiers réunis autour de lui à une table de la cafétéria acquiescent. Vashish Reetoo, en quatrième année de Civil engineering, affirme que «les filles hésitent à frapper à cette porte là. Il faut que tout le monde voie ce qui s?y passe». Ce dont témoigne Béatrice Adeline, en lice pour être représentante de la faculté des humanités. «Quand vous arrivez, il n?y a pas de filles dans la pièce et dès que vous entrez, vous devez affronter les regards. Il faut rapprocher les membres de l?union des étudiants.»

Interrogé sur le coût d?un tel projet, Mahendre Bungshy, en deuxième année de Productions and Operations, s?empresse d?expliquer que ce changement de porte devrait coûter dans les Rs 7 000 à Rs 10 000. Une somme qui serait puisée des fonds de l?union. «Ce sera toujours moins que tout ce qu?on gagnera en termes de changement de perception de l?union.»

Dans un camp adverse ? Student Welfare ? on soutient mordicus que le programme ne contient que «des objectifs réalisables». Point de vue de Zahrah Atchia, inscrite en troisième année de BSc Medical Science. Coupant la parole à son chef de file, Avishkaar Jissury, la jeune fille récite de mémoire le contenu du manifeste de son équipe. «Faire installer davantage de bancs pour améliorer les conditions de travail en groupe, étendre la durée de l?emprunt des livres à la bibliothèque, l?aménagement d?un kiosque et d?un coin étudiants près de la cafétéria?»

«Mo konsians pou kler»

Mais au fond, pourquoi se bat-elle vraiment ? Temps d?arrêt. Des yeux levés au ciel pour trouver la «bonne» réponse. Avant de lancer, «mo konsians pou kler». Au fil des réponses, les motivations se dessinent. Pour Avishkaar Jissury, c?est le contrôle des fonds de l?union. «S?assurer de la bonne gestion», précise-t-il.

Aartee Beekharry, présidente sortante, explique que chaque étudiant paye Rs 300 à l?union des étudiants au début de l?année universitaire. En 2007-2008, le campus comptait autour de 7 150 étudiants. Faites le compte, l?union gère Rs 2,2 millions. Elle précise : «On n?a pas accès aux fonds, c?est l?administration qui les gère.»

Pour tous les candidats, la priorité est de «défendre les intérêts des étudiants en cas de conflit avec l?administration». Une volonté parfois née du vécu de l?étudiant, comme dans le cas de Yudish Kissensing. Son histoire : une partie de foot qui tourne mal. Yudish se blesse gravement au genou. Sauf que cela se passe à la veille des examens. Et que l?étudiant ne remettra pas son certificat médical à l?administration de l?université dans le délai de 48 heures qui est prévu par les règlements de l?institution. «A koz sa mo finn perdi enn lane», affirme l?étudiant. Une version qu?il raconte avec de la hargne dans la voix.

Petit changement notable sur le campus : l?heure n?est plus à la fête. Alors que cet «argument de campagne» figure traditionnellement en haut des listes des «partis», cette année il a disparu de la liste des promesses des étudiants.

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