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Politique éclairée
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Il faut prévoir que de fortes pressions seront exercées sur le gouvernement pour qu?il abandonne le passage à l?heure d?été. Déjà, en juillet dernier, alors que le prix du pétrole avait atteint des sommets historiques, de puissants lobbies s?opposaient à l?introduction de l?heure d?été. Hier, le cours du brut est passé en dessous du seuil de 90 dollars le baril. Il y a donc fort à parier que la campagne contre l?heure d?été sera relancée.
C?est dans un peu plus de deux semaines, soit le 26 octobre, qu?il va falloir avancer les pendules d?une heure. La loi a déjà été votée à cet effet. Mais on n?est jamais à l?abri d?une reculade des autorités. Les opposants à la mesure vont s?appuyer sur la chute des cours du pétrole pour inciter le gouvernement à revenir sur sa décision. Toutefois, celui-ci aura tort de faire marche arrière. La politique qu?il a adoptée sur cette question est pleine de bon sens. Du reste, ceux qui l?ont contestée n?ont avancé que des arguments liés aux facteurs religieux et sociaux jusqu?ici.
Les retombées économiques de la mesure, elles, ne sont pas contestées. Tous admettent que le décalage d?une heure par rapport au fuseau horaire standard permet d'économiser de l'énergie en réduisant l'éclairage. Comme la nuit tombera vers les 20 h seulement, le passage à l'heure d'été permet de prolonger d'une heure l'ensoleillement en soirée. Ce qui réduira considérablement les coûts du CEB et, par conséquent, la facture de ses abonnés.
Certes, le baril de pétrole est en baisse mais ce n?est pas une raison de remettre en cause le Time Bill. Cette loi vise avant tout à éliminer le gaspillage de la lumière naturelle. Quelle que soit l?évolution des prix du pétrole, l?adoption de l?heure d?été profitera directement à l?économie du pays. Le gouvernement a eu raison de défendre ce dossier.
En revanche, il faut regretter l?indécision de l?Etat par rapport à l?éthanol. Ce biocarburant est considéré étant une alternative plus économique que les carburants classiques. Techniquement, le projet d?utiliser un mélange essence-éthanol, dans une proportion de 90-10, est réalisable immédiatement. Cependant, pour des raisons politiques, le gouvernement tergiverse. Il a du mal à définir une politique de production d?éthanol à partir de la mélasse de canne à sucre, empêtré qu?il est dans ses contradictions sur l?industrie sucrière.
Depuis décembre 2006, le gouvernement est en présence des résultats des essais réalisés sur 25 véhicules qui ont roulé à l?E 10, le mélange éthanol-essence. Pourtant, le projet n?a guère avancé. Cela gêne probablement le gouvernement de Navin Ramgoolam de donner satisfaction aux sucriers en les aidant à mieux rentabiliser leurs opérations à travers la production d?éthanol.
Dans un cas, c?est la religion et les habitudes sociales. Dans l?autre, c?est la politique politicienne. Ce sont là deux facteurs qui peuvent empêcher la mise en ?uvre d?une politique éclairée en matière énergétique.
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