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On attend toujours la relève
La hausse du prix du diesel a soulevé une vague de réactions. Le dernier exercice de l?Automatic Pricing Mechanism, la semaine dernière, a rappelé que les ajustements des prix des carburants ne sont pas faits pour plaire aux consommateurs ? conjoncture internationale et autres facteurs obligent. Le biocarburant est, à plusieurs reprises, revenu sur le tapis comme étant l?une des alternatives au carburant classique. Ayant le potentiel d?être moins coûteux et étant plus respectueux de l?environnement, il a intéressé plusieurs partenaires du secteur énergétique. Cependant, le biocarburant n?a toujours pas réussi à décoller à Maurice. Le E10, dont les tests ont été lancés il y a plus de deux ans, n?est pas encore accessible aux automobilistes.
Le biocarburant, aussi appelé agrocarburant, diffère du fioul conventionnel qui est, lui, un carburant fossile. Le biocarburant est, à la base, organique. Il peut être produit sous différentes formes dans des filières différentes, dont celle de l?huile ou encore du gaz. A Maurice, le concept de biocarburant a principalement été associé avec la filière alcool, notamment avec la production d?éthanol, dérivé de la mélasse de canne à sucre. L?éthanol peut aussi, cependant, être produit à partir de betterave, de blé, ou de maïs.
Jusqu?à présent, à Maurice, le principal projet de production et d?utilisation de biocarburant ne concernait que le E10. Il s?agit d?un mélange comprenant 90 % d?essence et 10 % d?éthanol. Dans d?autres pays, le pourcentage d?éthanol est déjà plus élevé. Au Brésil notamment, il est déjà question du E85, qui contient 85 % d?éthanol et 15 % d?essence.
L?utilisation envisageable du E10 dans le contexte local est liée à plusieurs facteurs, dont le taux requis de modification des moteurs, mais aussi la capacité de production locale. Le directeur d?Alcodis, Michel Moreau, soulignait en juin dernier le facteur production. «Alcodis a produit et exporté l?année dernière 13 millions de litres d?éthanol, et cette année 20 millions de litres. Nous pouvons donc fournir de l?éthanol pour un mélange à 10 % facilement, et également plus si le pays bouge vers le E20.»
En juin dernier, Alcodis avait convoqué toute la presse locale afin d?affirmer publiquement son intention de participer à la production de biocarburant à l?échelle nationale. Lloyd Coombes, directeur exécutif, soulignait d?ailleurs que «dès que le gouvernement donnera son feu vert pour l?introduction du biocarburant E10, Alcodis ne mettra que six mois pour opérer une unité de déshydratation permettant de produire de l?éthanol à 99,8 % de pureté». L?usine d?Alcodis à Rose-Belle, inaugurée en 2003, est toujours la seule à fabriquer de l?éthanol.
Recommandations
Une première série de tests du E10 a déjà été complétée. Le lancement de ces tests remonte à plus de deux ans, à juin 2006. A l?époque, Alexandre Maurel et Maurizio Libutti, alors respectivement directeurs d?Alcodis et de Total, annonçaient que cette première étape s?étalerait sur deux mois et concernerait des véhicules de puissances, marques et âges différents. Une pompe spéciale avait, à cet effet, été aménagée à la station-service Total Rainbow à Bell-Village.
En décembre 2006, les résultats des premiers essais étaient remis au ministre du Commerce d?alors, Rajesh Jeetah. Ces premiers tests s?étaient avérés concluants et aucun dysfonctionnement majeur n?avait été noté lors du projet pilote, auquel avaient participé 25 véhicules. L?entreprise pétrolière Total avait, suite à ce rapport, proposé une deuxième phase de tests qui s?appliqueraient à toute la flotte locale de véhicules.
Mais cette deuxième étape n?a toujours pas été lancée, le gouvernement souhaitant étudier plus en profondeur les résultats et les recommandations soumises. L?Etat devait aussi se pencher sur diverses considérations, tels les standards de production, la logistique de distribution et la vente au détail.
Et près d?un an et demi après que Total a remis son rapport, le Conseil des ministres a pris note des résultats de tests effectués sur les 25 véhicules carburant au E10. Dans son communiqué, le Conseil, après la rencontre du 4 juillet 2008, met en exergue des recommandations faites après les premiers tests. Parmi celles-ci, la nécessité de peaufiner certaines spécifications techniques, et d?imposer «des normes et des mesures plus strictes que celles de l?essence, par rapport à la logistique concernant le stockage et la distribution».
Deux semaines plus tard, le Conseil des ministres revenait sur le sujet et annonçait cette fois «prendre note des développements dans la mise en application de la deuxième phase du mélange éthanol/essence».
Dans le cadre de cette deuxième phase du projet, quatre stations-service, situées à Bell-Village, Belle-Vue, Flic-en-Flac et Quatre-Bornes, doivent être équipées pour la distribution du E10. Celle-ci requiert cependant la mise en place de plusieurs installations, dont l?aménagement de cuves et de pompes dédiées. Les différentes stations-service désignées ne sont pas encore, à ce jour, en mesure de servir du E10.
Ces petites initiatives qui voient grand
Le biocarburant sous forme d?huile fait des émules. A Maurice, diverses initiatives qui consistent à utiliser des huiles en tant que carburant ont vu le jour. Parmi les plus remarquables, celle de Michael Chan, qui a étudié le génie automobile. Son 4x4 qui carbure à l?huile de friture a beaucoup fait parler de lui. Des restaurants et des établissements hôteliers lui procurent de l?huile comestible usée.
Le succès de Michael Chan a d?ailleurs convaincu le «Hilton Resort & Spa» de lui emboîter le pas. L?établissement a, lui aussi, converti un de ses véhicules, qui carbure maintenant à l?huile de friture.
Le «Mauritius Research Council» (MRC) s?est associé au projet de Michael Chan, avec lequel il travaille d?ailleurs en collaboration sur d?autres initiatives. Ainsi, le MRC mène actuellement une étude de faisabilité sur l?utilisation de biocarburant à base de noix de coco à Agalega.
<B>IMPORTATIONS ANNUELLES DE PRODUITS PÉTROLIERS</B>
<B>Essence</B> : 90 000 t
<B>Diesel</B>: 350 000 t
<B>Huile lourde</B> : 330 000 t
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