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Demi-solution
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
«Enterprise Mauritius» (EM) est un cas d?école de mauvaise gouvernance. On y retrouve un condensé des maux qui accablent la vie publique : des conflits incessants au sommet, des décideurs politiques indécis, un recrutement clientéliste, etc. Vendredi dernier, le Conseil des ministres a enfin abordé le problème existant à EM et s?est prononcé clairement pour un renouvellement du contrat du président, Amédée Darga. Mais, ce n?est qu?une demi-solution.
Trancher en faveur du maintien du président Darga à la tête du conseil d?administration ne règle pas complètement le problème car une question fondamentale reste en suspens. Le président Darga sera-t-il condamné à subir la cohabitation avec Prakash Beeharry, «Chief Executive Officer» de la société ? Si les choses se sont clarifiées par rapport à la présidence, en revanche, le sort du CEO est toujours incertain. La seule certitude, c?est que des deux il y a un de trop au sein d?EM.
Le gouvernement ne peut décider de reconduire à son poste l?un sans se débarrasser de l?autre. S?il le fait, en dépit de tout bon sens, la compagnie risque d?être paralysée pendant longtemps encore. Celle-ci n?a pas bien fonctionnée depuis que Darga et Beeharry sont aux commandes. Rien ne changera à l?avenir, car la distance entre ces deux pôles est trop grande pour que l?on puisse espérer un rapprochement.
Quand on a des styles de gestion aussi différents que ceux des deux protagonistes de l?affaire EM, la situation ne peut que s?envenimer. Le problème est insurmontable sauf si le gouvernement se résout à faire partir Prakash Beeharry, maintenant qu?il a décidé de renouveler le contrat d?Amédée Darga. C?est à cette seule condition que EM pourra retrouver son efficience. Le fait que Prakash Beeharry soit un notable de la circonscription du Premier ministre n?arrange pas les choses.
Soucieux de performance et d'efficience, justement, Amédée Darga tend à bousculer certaines rigidités bureaucratiques quand il opère dans l?administration publique. Il a eu à travailler avec Prakash Beeharry, un petit chef qui se sent fragilisé et qui, de ce fait, perd beaucoup de temps pour réclamer des privilèges qui, pense-t-il, reflèteraient son statut de directeur. Le résultat a été une parfaite mésentente au sommet de l?entreprise culminant avec l?annulation, sinon l?échec, de plusieurs projets.
Le conflit à EM n?est pas un cas isolé. Le même dérèglement caractérise un grand nombre de services parapublics. Des guerres d?influences entre nominés issus d?écuries différentes bloquent leur fonctionnement. A l?aéroport, par exemple, la situation était devenue intenable à l?époque où régnait le duo Dan Maraye/Roshan Seetohul. A tel point que le gouvernement a dû débarquer les deux à la fois. Leurs remplaçants n?ont pas encore été désignés.
La difficulté de trouver des hommes de mérite pour gérer les services parapublics est sans doute liée au mode de recrutement favori de nos dirigeants politiques. Leur premier critère n?est pas la compétence mais la fidélité partisane.
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