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Réconcilier l?humain et les objectifs de l?entreprise
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Réconcilier l?humain et les objectifs de l?entreprise
Une jeune femme posée, maîtrisant son sujet sur le bout de ses doigts et prête à suggérer et conseiller plutôt que de taper du poing sur la table et prendre des positions tranchées, c?est tout à fait le style de Karen Ah Young. Elle nous reçoit dans son bureau, aménagé dans une des ailes du Royal Palm.
Elle paraît si à l?aise qu?on peine à croire que cette jeune femme de 32 ans, mariée à Rickesh et mère de deux enfants, Annya, neuf ans et Kyan, quatre ans, a longtemps cherché sa voie. C?est pourtant vrai. Se croyant faite pour les chiffres, cette Portlouisienne qui a effectué sa scolarité au Queen Elisabeth College, travaille d?abord dans des firmes de comptabilité avant de se lasser par l?aspect routinier du sujet. «Tous les mois, à la même date, on faisait la même chose. C?était routinier et assez bureaucratique», explique-t-elle.
Comme elle a appris à coudre à partir des revues Burda, elle se croit à un moment faite pour le textile. Admise à l?Université de Maurice, elle entame d?ailleurs une licence en technologie du textile. Etudes qu?elle abandonne après un an car le sujet l?ennuie. «C?était trop technique. Je souhaitais quelque chose de créatif comme le stylisme par exemple. A l?époque, de telles études n?existaient pas. Aujourd?hui, il y a la l?IVTB School of Design».
Son indécision la fait retourner à la comptabilité au sein d?une entreprise privée. Mais comme Karen Ah Young vit dans le Nord depuis son mariage et qu?elle en a assez de faire la navette entre son domicile et son bureau à Pailles, elle décide de trouver un autre emploi qui la rapprocherait de chez elle. Elle apprend alors que l?hôtel Royal Palm cherche une assistante des ressources humaines. Obtenir cet emploi serait une aubaine dans la mesure où elle n?aurait plus à perdre du temps dans les embouteillages pour retrouver sa famille. De plus, pense-t-elle, «faire partie du Royal Palm qui est un fleuron touristique, serait un rêve».
La seule chose qu?elle sait de l?hôtellerie, c?est que c?est un secteur en plein développement. Elle fait donc acte de candidature, tout en n?y croyant pas, vu son inexpérience dans le domaine. A sa grande surprise, elle est recrutée. Au départ, ses tâches relèvent plus du secrétariat que de la gestion des ressources humaines. Lorsque la directrice des ressources humaines s?en va, deux ans après l?arrivée de Karen Ah Young, la direction l?encourage à se glisser dans les souliers de l?absente. Elle accepte de relever le défi.
«Au début, le personnel ne me prenait pas au sérieux. Cela se voyait à la façon de me regarder. Heureusement que cela a changé depuis»
Comme elle est novice en la matière et ne maîtrise pas les lois du travail, elle suit des cours en relations industrielles auprès de la Mauritius Employers? Federation (MEF). Les six premiers mois, elle opère sans assistant. Sa plus grosse difficulté est de se faire respecter en tant que femme car sur les quelque 310 employés de l?hôtel, il n?y a qu?une cinquantaine de femmes et uniquement deux femmes managers. Sa jeunesse joue contre elle également. «Au début, le personnel ne me prenait pas au sérieux. Cela se voyait à la façon de me regarder. Heureusement que cela a changé depuis», dit-elle en riant. Elle qui est «réservée et très discrète», doit faire des efforts pour s?affirmer. La direction lui donne deux assistants et cela lui permet de souffler un peu et de continuer à suivre des formations.
En mars 2007, elle commence le cours de la Association of Business Executive de Grande Bretagne via la MEF et qui mène au diplôme en ressources humaines au niveau international. Les candidats à ce cours sont examinés tous les six mois. L?examen final a eu lieu en juin dernier. Malgré le fait qu?elle ait à gérer simultanément son travail, sa famille et ses études, Karen Ah Young s?applique et l?expérience des huit dernières années au Royal Palm lui est d?une aide précieuse. Elle obtient son diplôme et sort major de sa promotion.
Ces cours, dit-elle, lui ont permis de développer des procédures alors qu?avant, elle opérait par logique et parfois au feeling.
Karen explique que les relations industrielles ont changé et que ce n?est plus «les employés contre l?employeur mais plutôt ?uvrer ensemble pour l?avancement de l?entreprise». Formuler les objectifs de l?entreprise et en même temps garder la motivation des ressources n?est pas une tâche aisée et Karen Ah Young en convient. «Il faut sans cesse essayer d?équilibrer les deux. Les ressources humaines ont pris une grande importance dans l?entreprise et auront une place encore plus privilégiée avec le temps car ce sont les employés qui contribuent à faire atteindre les objectifs de l?entreprise. Si une décision est mal prise, elle aura des répercussions pouvant justement empêcher l?entreprise d?atteindre ses objectifs. Il est donc crucial de bien gérer les ressources humaines».
S?il y a bien une chose que Karen Ah Young déteste faire, c?est d?avoir à licencier un employé. «Ce n?est pas une expérience de contentement. C?est dur. Mais quand on a de bonnes raisons pour le faire, on est obligé de mettre sa sensibilité de côté et trancher». L?expérience a aussi appris une sage leçon à la jeune femme. C?est qu?on ne peut plaire à tout le monde. «Avec le temps, j?ai fini par l?accepter».
Maintenant qu?elle a mis le pied à l?étrier des études, Karen Ah Young n?a aucune envie de s?arrêter. Elle s?est fait inscrire pour suivre le cours de niveau supérieur auprès de la MEF et pense même pousser jusqu?à la maîtrise. «J?ai pris du temps pour commencer mais maintenant que je suis dans le train, je ne vais pas en descendre?»
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