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Le judo s?offre une cure

2 octobre 2008, 00:00

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Cassis n?a plus la domination absolue en judo. Il faut désormais compter avec l?équipe de Cité La Cure, vainqueur facile de la finale de la Ligue nationale interclubs le week-end dernier en masculin. Si la région de Cassis s?est consolée en préservant son titre en féminin, l?événement vient de la transformation de la région nord de Port-Louis en nouvelle force du judo chez les hommes.

Située entre Sainte-Croix et Vallée des Prêtres, Cité La Cure est surtout connue pour la situation précaire de ses habitants, sa vulnérabilité aux fléaux sociaux et la difficulté des uns et des autres à s?en sortir. Le sport reste un des moyens pour les jeunes de cet endroit de trouver la lumière au bout du tunnel. Le judo, en particulier.

A force de persévérer, ils ont fini par frapper un grand coup. Les membres de Cité La Cure Judo Club ont mis fin à plus de vingt années d?hégémonie de Cassis, la région qui a vu naître le judo mauricien. Raschid Jhurry, président de la Fédération mauricienne de judo (FMJ) et un des pionniers du judo mauricien raconte : « Cassis n?a pas perdu la ligue nationale depuis belle lurette. Cela remonte au tout début, dans les années 80. Il y a eu une coupure pendant quelques années durant lesquelles cette compétition n?a pas été organisée, mais même à la reprise, c?est Cassis qui dominait toujours. N?oubliez pas que le judo est né là-bas. Je suis content de voir l?émergence d?une nouvelle région. »

Une nouvelle école voit le jour

Cette passation des pouvoirs s?explique par le frottement régulier des combattants de La Cure avec les meilleurs éléments de la sélection nationale au dojo de Grande-Rivière-Nord-Ouest. Lindsay Paul, ancien judoka, vice-président de la FMJ et habitant de Cité La Cure apporte un éclairage à ce sujet : « Les judokas de Cité La Cure ont de tout temps opposé une résistance à ceux de Cassis. Les joutes étaient serrées, mais ils n? arrivaient pas à s?imposer. Cette fois, ils ont été au-dessus du lot. La plupart d?entre eux s?entraînent ensemble en équipe nationale, c?est comme ça qu?ils se connaissent. Une autre raison tient à l?émergence de jeunes talents comme Mcleod Paulin et Steven Gourdin. Ils ont une certaine expérience du niveau international et cela paie aujourd?hui. »

Les licenciés de La Cure Judo Club s?entraînent au centre municipal, une salle exiguë qui peut à peine accueillir une dizaine de judokas à la fois. La demande dans la région est tellement grande pour la pratique de cette discipline que Lindsay Paul a monté sa propre école, La Cure United. « J?ai une trentaine de gamins enthousiastes sous ma férule. Je dois dire qu?il existe un gros potentiel dans la région. Nous devons l?exploiter, mais il faudra pour cela que nous ayons les moyens et les infrastructures nécessaires à leur progression », prévient-il.

Arriver au sommet a été dur pour Cité La Cure. S?y maintenir s?annonce plus difficile.

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