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La mairie s?attaque une nouvelle fois à ses marchands ambulants

29 septembre 2008, 00:00

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Ils envahissent aires de stationnement et trottoirs. Mais ce n?est pas là une nouveauté. Ces marchands ambulants sont partout dans les rues de la capitale. Et la mairie souhaiterait bien en venir à bout. Les mesures pour ce faire n?ont pas manqué. En vain. Mais le lord-maire de Port-Louis, Fritz Thomas, lui, y croit dur comme fer : il annonce une politique sévère à l?encontre de ces marchands ambulants mais après le 6 novembre. Des mesures devraient cependant être prises avant la période des fêtes de fin d?année.

Même s?il attend le début du mois de novembre pour décider de la marche à suivre, Fritz Thomas affirme pouvoir se débarrasser des colporteurs opérant illégalement dans les rues de la capitale. «Ce ne serait pas difficile de faire partir ces marchands ambulants», affirme-t-il

«La politique est claire à ce sujet : plus aucun permis ne sera accordé à aucun marchand ambulant.» Fritz Thomas situe ainsi sa lutte sur deux axes : d?abord s?attaquer à ceux opérant dans l?illégalité et, ensuite, le refus d?accorder des permis à l?avenir. Un sous-comité pour travailler sur la question a été mis sur pied à la mairie.

«Lor 24 kara madegaskar !» Les mots ont de quoi étonner, lancés en pleine rue. Pourtant, à l?avenue John Kennedy à Port-Louis, cette phrase résonne toute la journée. Elle est lancée par un colporteur qui tient trois ou quatre chaînes dans la main. Elles ont l?air d?être en or, mais rien ne garantit leur provenance, encore moins la légitimité du marchand. Pourtant, des marchands comme lui, il y en a des centaines dans les rues de la capitale.

Fritz Thomas affirme avoir un plan pour remédier à la situation. «Nous attendons le jugement du 6 novembre pour décider des actions à prendre», explique le lordmaire sur le manque de réaction de la municipalité face à la prolifération de marchands ambulants.

Ce jugement concerne une injonction en Cour suprême déposée par la Market Traders Association. Elle a trait à une décision de la Cour suprême qui stipule qu?un marchand ambulant n?a pas le droit d?opérer à moins de 500 mètres du marché central.

Nasser Peerally, président de la Market Traders Association est catégorique : la mairie ne devrait pas accorder des permis à des colporteurs pour qu?ils opèrent à proximité du marché central. «Ils n?ont pas respecté le jugement», affirme-t-il.

Ce dernier dit ne pas comprendre pourquoi les autorités ne réagissent pas face aux marchands ambulants qui investissent des parkings payants ou s?installent dans des rues étroites. «Les gens ne peuvent plus marcher dans la rue», lâche-t-il.

«Ils obstruent les trottoirs et gênent le passage pour les piétons», ajoute de son côté Mosadeq Sahebdeen, responsable de l?Institut pour la protection des consommateurs (ICP). Il considère que les marchands ambulants sont utiles car ils fournissent des articles à bas prix à un large public. Toutefois, Mosadeq Sahebdeen explique qu?il y a un abus de la part des colporteurs à partir du moment où ils prennent les places de parkings ou qu?ils forcent les piétons à marcher sur la chaussée. «La loi a des failles à ce sujet», souligne-t-il.

Concurrence déloyale</B>

Quelle est la solution à ce problème ? Pour le responsable de l?ICP, il faudrait allouer des emplacements spécifiques à ces marchands. Il prend à titre d?exemple un marché improvisé : le Workshop, à l?avenue John Kennedy, à Port-Louis. «C?est une forme de solution» pour Mosadeq Sahebdeen. Toutefois, il précise qu?il faut que ces marchands aient des permis de la municipalité afin que tout se fasse dans une légalité absolue. Pour lui, il faudrait également revoir le terme «marchand ambulant» afin de mieux définir qui a le droit d?exercer et dans quelles circonstances.

Le président de la Market Traders Association abonde dans le même sens. Il estime également que des marchés aménagés sont une solution au problème. Il ajoute néanmoins que la région de la capitale est saturée en termes de marchands et considère que continuer à laisser de nouveaux colporteurs opérer dans la capitale ne fait que créer de nouveaux problèmes. De plus, il considère que les colporteurs font de la concurrence déloyale aux marchands qui ont permis et étals. «On tourne en rond sur cette question», affirme Nasser Peerally.

<B>«Faites votre boulot, laissez-moi faire le mien !»</B>

«Roti chaud !» Le marchand ambulant se croit maître des lieux avec sa motocyclette garée sur un des trottoirs de la gare du Nord. Concentré à attirer des clients et à les servir, cet homme costaud, d?une cinquantaine d?années, ne se soucie pas s?il incommode le passage des piétons. Dès qu?on se présente comme journaliste, il s?enflamme : «Vous voulez me créer des problèmes ?» On a beau le rassurer qu?on ne lui veut pas de mal, il refuse de dire s?il a un permis légal comme marchand ambulant. Le regard furtif, il marmonne : «Ou kone, mo bizin travay pou fer viv mo fami e ar mo laz pa fasil pou trouv enn lot boulo. Tou se ki mo vande prop, mo madam ek mwa nou mem fer sa bann roti la.» On veut lui en acheter une paire mais il fulmine à nouveau. «Enn piez sa ? Ou pe anvi al fer analiz mo roti kouma bonbon lapin ?» Il s?énerve de plus en plus : «Pa mo tou sel ki travay isi. Deza avec ramadan mo ena mwins klian e ou pe vinn fatig mwa. Fer ou travay, les mo fer mo travay !»

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