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La sentinelle de Vieux-Grand-Port
«Jamais deux sans trois.» Cette phrase était sur toutes les lèvres jeudi, jour du vernissage de l?exposition consacrée à l?île de la Passe, au musée national d?histoire à Mahébourg. Pourquoi ne pas présenter l?île de la Passe devant l?Unesco ? Et demander son inscription sur la liste du patrimoine mondial.
Diana Bablee, chairperson du National Heritage Fund, présente au vernissage devait laisser entendre : «Nous avons eu le feu vert, maintenant il faut travailler sur le dossier.» Si la proposition n?est encore qu?au stade d?idée et que dans les faits, il faut encore l?inscrire d?abord sur la liste indicative des sites jugés susceptibles de faire l?objet d?une demande d?inscription par Maurice ? liste où ne figure que le parc national de Rivière-Noire pour le moment ? l?ensemble a de quoi séduire.
L?idée braque en tout cas les projecteurs sur cette île-sentinelle qui veille sur la passe, donc l?entrée au Vieux-Grand-Port. Au 18e siècle, contrôler cette île, c?était s?assurer l?accès à l?océan Indien. Pivot de la bataille du Vieux-Grand-Port et de la victoire napoléonienne, l?île de la Passe s?enorgueillit de plusieurs exemples de l?architecture militaire française de cette époque. Des fortifications qui subsistent côte à côte avec des ajouts datant de l?époque britannique.
Les recherches ont surtout porté sur les changements complexes faites au début du 19e siècle, aux défenses françaises. Plus près de nous, cet îlot corallien servait de poste de stationnement durant la Seconde Guerre mondiale. L?exposition livre d?ailleurs le témoignage de l?un des officiers stationnés sur l?île durant le conflit mondial : celui de Claude Michel.
Parmi les vestiges conservés sur l?île, retrouvés après des travaux de nettoyage pour enlever la végétation non endémique et le sable qui s?était accumulé : une poudrière, un four à boulet rouge, un magasin, une citerne d?une capacité de 1100 litres, une tour d?observation et une salle de projecteur.
L?île de la Passe est aussi connue pour ses graffiti taillés dans la pierre par les régiments en poste sur l?île au 19e et au 20e siècle. Des graffiti qui ont nécessité un travail fastidieux d?archivage.
L?exposition qui est consacrée à ce «joyau du patrimoine», comme le présente la brochure est organisée par le ministère des Arts et de la Culture. Les travaux ont eux bénéficié du soutien financier de l?ambassade américaine, à travers le United States? Ambassador?s Fund for cultural preservation. Le projet de l?île de la Passe est le deuxième dossier mauricien à bénéficier de ce type d?aide financière. En 2002, les archives nationales ont reçu une subvention de $ 10 400 pour la mise sur pied d?un département consacré au patrimoine oral. C?est ce qu?affirmé Cesar Cabrera lors de la cérémonie officielle.
Pourquoi le musée de Mahébourg ? Cette exposition se situe dans le cadre du bicentenaire de la Bataille de Vieux-Grand-Port. Elle illustre les recherches à la fois archeologiques et architecturales initiées en 2002 par le National Heritage Fund. Par une équipe menée par le tandem Françoise et Geoffrey Summers, universitaires ? lui archéologue, elle architecte ? du Middle East Technical University à Ankara, en Turquie. A charge pour les organisateurs de la faire tourner dans l?île pour la rendre accessible au plus grand nombre.
Classique. Du café, du jus de fruits et des petits fours servis au cours d?un vernissage. Sauf que là, la table était dressée au milieu du musée d?histoire national à Mahébourg. Et que les invités, après s?être restaurés, posaient leur verre n?importe où. Notamment sur une miniature de train exposée au musée. Ou encore sur les panneaux de verre abritant des objets rares. Qui en plus portent la mention, «Ne touchez pas».
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