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Charcuterie : un programme de formation pour les éleveurs
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Charcuterie : un programme de formation pour les éleveurs
Depuis 13 ans qu?il a fait de l?élevage porcin son gagne-pain, Burty Lafolle a compris que la charcuterie est un secteur d?avenir. Mais que pour gagner davantage, comme le dit si bien le ministre des Finances, il fallait donner de la valeur ajoutée à sa viande de porc. C?est comme ça qu?il a débuté dans la confection de saucisses et de boudin. «De façon amateur. Le boucher qui m?a appris les rudiments du métier m?a également expliqué comment faire de la charcuterie.» Burty vend ses produits au bazar de Port-Louis.
Et puis, la fièvre porcine est passée par là. A tout détruit sur son passage. Les 372 porcs de Burty Lafolle sont abattus par mesure de précaution. Pour survivre, il doit «bat bater». L?épreuve est dure à vivre. Mais, quelque part, cela aura été un mal pour un bien car les autorités ont décidé qu?il était grand temps de restructurer le secteur de l?élevage porcin en profondeur.
<B>«Rendre le métier plus profitable»</B>
Pour la relance du secteur et le développement de la filière porcine, les autorités, à travers le Pig Sector Restructuring Committee (PSRC), misent sur la professionnalisation. C?est ainsi qu?il a été décidé de mettre en place un cours de charcuterie professionnelle. Des 623 éleveurs de porcs que compte le pays 116 ont exprimé le souhait de suivre cette formation. 20 postulants ont été choisis. Samedi matin, ils étaient réunis à l?Ecole hôtelière Sir Gaëtan Duval pour leur premier cours qui s?étalera sur dix semaines.
Au programme : les bases de la charcuterie, l?hygiène ainsi que des cours d?entrepreneuriat. Le but étant, selon Amédée Darga, président du PSRC, de «donner de la valeur ajoutée à l?élevage porcin». De plus, Amédée Darga est d?avis qu?avec leur certificat de l?Ecole hôtelière, ils seront armés pour améliorer leur situation professionnelle. «Vous pourrez travailler dans un hôtel comme charcutier ou même ouvrir votre propre charcuterie afin de fournir le marché local en produits à valeur ajoutée (?) Cette formation, c?est l?occasion de rendre leur métier plus profitable et amener un vrai développement dans ce secteur.»
Si au début des années 90, les éleveurs locaux assuraient la totalité des besoins du marché, aujourd?hui, la production locale de viande porcine représente quelque 50 % de la consommation du pays. En 2005, des 750 tonnes de viande provenant de l?élevage local, seules 250 tonnes pouvaient être transformées. C?est ainsi que 650 tonnes étaient importées pour être traitées et qu?en 2005, 1 062 tonnes de produits finis à base de porc étaient importées au coût de Rs 68 millions. Afin d?atteindre l?autosuffisance dans ce secteur d?ici 2015, il faudrait atteindre une production locale de 1 500 tonnes autrement dit, posséder un cheptel de 21 500 porcs. Amédée Darga dit souhaiter que d?ici la fin de l?année le secteur «retrouv li lor so lipie».
Rappelant que dans le passé, un projet de «salle de découpe», avait été un «échec total» malgré l?intérêt pour la chose exprimée par les éleveurs, Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie, a mis cet échec d?alors sur «la formation inexistante». Alors que dans tout secteur, dit-il, «la formation est essentielle». Et «le marché existe». «Les hôtels, les hypermarchés. Il y a une demande pour la charcuterie. Malheureusement, ils ne veulent pas acheter avec les éleveurs locaux. Ils remettent en cause la qualité des produits», a soutenu Arvin Boolell qui est d?avis qu?avec cette formation, les éleveurs pourront assurer une production de qualité. Et surtout, «qui respecte les normes phytosanitaires», souligne Rama Sithanen.
C?est d?ailleurs ce que Burty Lafolle espère apprendre durant ce cours. Afin de pouvoir ouvrir sa propre charcuterie d?ici fin 2009. Dans la région de Saint-Martin ou Rivière-Noire. Là, où il pense pouvoir écouler ses produits de charcuterie. Car il est souvent difficile, dit-il, d?écouler la viande de porc en elle-même. «Kan ena tro bocou zanimo lor marse. Il est difficile de vendre son stock. Alors que si je peux faire mon propre jambon, mes saucisses, etc., je pourrais transformer ma viande et la vendre.»
«Les machines coûtent cher»</B>
Pour Philippe Fradin, ancien charcutier-traiteur, qui assure la formation, l?idéal serait que ces éleveurs se regroupent au sein d?une coopérative. Car seul, dans leur coin, il leur sera difficile de concurrencer les quelques charcutiers déjà bien établis depuis des années. «Pour qu?ils puissent renverser la tendance et vendre leurs produits fait à partir de porcs locaux, il faudrait qu?ils puissent s?associer car les machines coûtent chers. Il leur sera difficile d?encourir une telle dépense seule.» Et sans machine, difficile de voir grand. Mais comme il faut bien commencer quelque part, Philippe Fradin va se concentrer, durant les semaines à venir, sur la fabrication de produits où la machine n?est pas vraiment nécessaire. Au cas où les éleveurs ne puissent pas investir dans ces machines coûteuses et ne puissent compter que sur la force de leurs bras?
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