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« Cinq » photographié, ravissez-nous
Le Cercle des artistes-photographes tient Salon, à l?étage du grand vestibule du front de mer du Caudan. Ainsi, entre deux achats ou deux lèche-vitrine, le promeneur du Caudan a donc l?occasion de jeter un regard, d?abord discret, puis de plus attentif sur les cinq (tiens ! tiens !) dizaines de photographies exposées. Cela prend quand même, au contemplateur non averti, cinq bonnes minutes, au bout de la cinquième photo exposée, pour comprendre que ce Salon d?A oût 2008 du CAP se déroule, non pas sous le signe du huit porte-bonheur, mais du chiffre cinq.
Rien d?anormal donc aux cinq ?illets pour lacet de godasse de Ludovic Dubois. De même, quoi de plus normal que les cinq doigts du guitariste, plaqués sur les cinq cordes de l?instrument. Quand on joue aux billes et aux cannettes, on tire dans le tas, sans prendre la peine de dénombrer les cibles offertes. Le thé se prend à deux, dit l?opérette. Mais il faut être plus que deux anses de tasse pour tenir colloque. La photo de Rajenee Panchoo est suffisamment réussie pour ne pas prêter une attention particulière au nombre d?anses qui ne dansent guère d?ailleurs. En revanche, celle de ses pirogues surprend. Pourquoi cinq pirogues (transportez-nous) et non pas six ou sept ?
Le doute n?est déjà plus permis avec les cinq bocks équilibristes de Rashid Olukoon. Encore que la mariée et ses filles d?honneur, dont une infante d?Espagne, de Jerry Layduhur sèment la confusion. Les choses se précisent, toutefois, avec ses cinq oiseaux migrateurs sur une poutre, creusée dans la pierre, ou encore ses cinq goyaves de Chine, pour ne rien dire de l?ombre linéaire de ses cinq poupées russes.
A partir de ce moment, le contemplateur a intérêt à succomber aux charmes, souvent humoristiques, du chiffre cinq. Marcel Poinen, par exemple, nous invite à une partie de jambes en... l?air. Au contemplateur de chercher l?unijambiste intrus au sein de ce triolisme, puisant son étymologie dans l?expression tri au lit. Il y a encore cinq doigts fois quatre mains massant un corps humain, tenant la cinquième (main) au garde à vous. Corps humain masculin ou féminin ? Les mains dissimulatrices ne le disent pas. Optons pour l?homme car, comme le dit si bien tout philosophe : quand je parle de l?homme, j?embrasse toutes les femmes.
Une puissante empreinte digitale
Thierry Léon jongle avec l?image. Il voit cinq arches sous le porche du bâtiment de la poste centrale, s?ouvrant sur notre marché central, prélude à nos deux banques commerciales, la Mauricienne et l?Etatique. De même, il transforme ce marché central (section viandes) en un rondavelle à cinq toitures. Du grand art ! Steeve Dubois se veut plus mathématicien. Il jette son dévolu sur les cinq pattes d?une étoile deux mers ou encore sur cinq cartes, ne montrant que quatre cinq. Il laisse sa puissante empreinte digitale sur ce Salon d?Août 2008 du CAP. Même bosse pour les maths chez Henrico Thomas qui oppose cinq pinces à linge aux... Quatre Barbus. Lindsay Antonio joue dans la simplicité en trouvant à tout coup cinq aux dés.
Le moins qu?on puisse dire, c?est que ce Salon d?Août 2008 du CAP n?est pas de ces expositions qu?on peut visiter en cinq secs !
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