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A 9 ans, elle ne peut témoigner contre son présumé agresseur
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A 9 ans, elle ne peut témoigner contre son présumé agresseur
Une question de compréhension. Une fille de neuf ans sait-elle ce que signifie témoigner sous serment ? Sait-elle pourquoi il ne faut pas qu?elle mente? Et si elle ne le sait pas, la cour doit-elle lui permettre de témoigner ? A cette question, le magistrat Pritviraj Feknah répond par la négative. Dans un ruling rendu en début de semaine, il n?a ainsi pas accédé à la demande de la poursuite de faire témoigner sous serment une fille qui allègue avoir été abusée sexuellement depuis l?âge de 7 ans par un proche.
Le témoignage sous serment des enfants est régi par le Criminal Procedure (Amendement) Act. L?article 110 de cette législation prévoit qu?un enfant qui n?a pas encore atteint l?âge de 9 ans ne peut être entendu sous serment. Or, dans le cas présent, la victime est âgée de 9 ans et 4 mois. Mais le magistrat précise que toute personne ayant plus de neuf ans n?est pas obligatoirement apte à témoigner sous serment. Il a cité l?exemple d?une personne souffrant de maladie mentale.
«La cour doit avant tout être convaincue que cette personne comprend ce que signifie un tel acte et ses implications», a fait ressortir le magistrat. Citant le cas de Basenoo v R(1983), il rappelle que «the sole criterion, in the case of a child deposing on oath(?) is the understanding of the nature of an oath».
Afin de jauger la compréhension de la petite fille au sujet d?un éventuel témoignage sous serment, le magistrat a examiné les réponses qu?elle a données en cour lorsqu?elle n?était pas interrogée sous serment. «Elle a été interrogée sur sa scolarité et elle a répondu qu?elle est en Stantard IV. Elle dit croire en Dieu et a décrit Dieu comme étant son heavenly father (?) Elle lit la Bible et croit que c?est un livre sacré (?) Elle a répondu qu?un serment signifie dire la vérité.»
«Peur d?etre punie»</B>
Pour l?avocat de la poursuite, les réponses de la présumée victime sont concluantes. Elle est, selon lui, apte à témoigner sous serment car elle a compris qu?elle devait dire la vérité. Mais la cour n?a pas été de cet avis. Le magistrat a donc examiné les autres questions auxquelles la victime a été confrontée.
<B>Q : Pourquoi doit-on dire la vérité ? </B>
<B>R</B> : Pour ne pas être punie.
<B>Q : Quelqu?un vous a-t-il demandé de donner cette réponse en cour ? </B>
<B>R : </B>Non.
<B>Q : Est-ce que quelqu?un vous frappe quand vous ne dites pas la vérité ? </B>
<B>R : </B> Non.
<B>Q : Alors pourquoi avez-vous donné cette réponse ? </B>
<B>R</B> : Parce que mon père m?a déjà frappée.
<B>Q : Pourquoi vous a-t-il frappée ? </B>
<B>R</B> : Parce que j?avais menti.
<B>Q : Quand vous mentez, votre père vous frappe-t-il ? </B>
Cette dernière question est restée sans réponse.
Dans ses conclusions, le magistrat a fait ressortir qu?à la question «pourquoi doit-on dire la vérité ?» la victime aurait pu répondre «C?est un péché» ou «On n?ira pas au paradis si on ment». «Toutefois les réponses de la victime sont très révélatrices. Dans sa tête, elle doit dire la vérité parce qu?elle a peur d?être punie par son père», peut-on lire dans le ruling.
Le magistrat indique aussi que si la fillette est venue en cour avec une telle frayeur, on ne peut écarter le fait qu?elle puisse dire autre chose que la vérité, notamment ce que son père attend qu?elle dise. «Je pense que dans ce cas-ci, la victime ne peut témoigner sous serment», a-t-il conclu.
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