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Virahsawmy et Servansingh : Les raisons d?un départ du MMM
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Virahsawmy et Servansingh : Les raisons d?un départ du MMM
A la veille des législatives du 21 août 1983, Dev Virahsawmy et Rajiv Servansingh expliquent pourquoi ne militent-ils plus au sein du MMM.
Dev Virahsawmy rentre à Maurice en 1967, après de fructueuses études universitaires à Edimbourg et ailleurs. La campagne électorale en faveur de l?Indépendance bat son plein. Il milite pour cette cause, au sein du PTr. La victoire acquise, il veut se consacrer à l?édification d?une véritable nation mauricienne. A partir de 1968, il milite à travers la presse, des forums, des débats, des rencontres. Il sillonne l?île avec son ami, Shaffick Jeerooburkhan. Ils fondent le Club des Etudiants mauriciens auquel adhère Paul Bérenger quand il rentre, à son tour, de ses études universitaires en Europe.
Pour Dev, l?essentiel est de dégager les concepts d?un mauricianisme authentique et d?une culture nationale. Il ne crache pas pour autant sur la lutte politique. Il accepte le ticket électorat du MMM, parti créé en septembre 1969, pour la partielle de septembre 1970, à Triolet-Pamplemousses, pour élire un remplaçant au député Lall Jugnauth, frère d?Anerood, décédé entre-temps. Le MMM remporte la victoire et le siège avec 70 % des voix, battant à plate couture le candidat travailliste, Nundlall, dans le fief de Sir Seewoosagur.
La lutte devient aussi syndicale. Dev Virahsawmy prend une part active dans les grèves générales de 1971. Militant, en 1983, sur les estrades du PTr et du PMSD, il choisit de faire l?impasse sur le meurtre d?Azor Adélaïde, à la fin de novembre 1971, alors qu?il est la cible réelle des tapeurs du PMSD, pour ne pas dire des tueurs de ce parti. Il y a de quoi perdre la tête, avec tous ces zigzags politiques.
Dev Virahsawmy est l?un des militants arrêtés et détenus politiquement, en 1972, par la police de Ramgoolam et de Duval. En prison, il découvre le vrai visage, non pas de ces derniers, mais de... Paul Bérenger. Celui-ci n?aime pas perdre au... volley-ball. Dev décide de prendre ses distances avec ce... mauvais joueur. On peut le comprendre. A son dire, Bérenger n?aime pas la défaite. Qui peut l?apprécier, en effet, sans être disciple de Léopold von Sacher-Masoch.
A sa sortie de prison politique, Dev Virahsawmy accuse Bérenger de s?entourer de petits bourgeois. Il invite des opportunistes à intégrer le MMM. Dev quitte alors le parti et crée son MMMSP (MMM sans Paul) avec plusieurs camarades dont Alan Ganoo et Alain Laridon. Il découvre cependant qu?il n?y a pas de place sur l?échiquier politique pour les petits partis. Le MMM lui offre un ticket avant les législatives du 11 juin 1982. Il refuse, sachant de ne pas pouvoir travailler au sein de ce parti.
Pour Dev Virahsawmy, la cassure du 22 mars 1983 et le divorce entre Bérenger et le tandem Jugnauth-Bhayat démontrent que Bérenger est devenu l?homme du secteur privé, l?homme du grand capitalisme bourgeois mais surtout blanc. Cette hydre serait plus acceptable quand elle se colore. Il accuse, en outre, le MMM de diviser la grande famille mauricienne. A ses yeux, son ancien parti personnifie, en 1983, le communalisme, le castéisme, le racisme, que renforcent les risques de dictature totalitaire. Des menaces certainement plus réelles et plus terrorisantes, aux yeux de Dev Virahsawmy, que les coups de feu qui abattent Azor Adélaïde, à la fin de novembre 1971. D?où son ralliement, en 1983, aux côtés de Gaëtan Duval et de Seewoosagur Ramgoolam.
Rajiv Servansingh est le plus jeune député du MMM, le 20 décembre 1976. En 1982, il milite toujours pour ce parti, bien qu?il ne sollicite pas un nouveau ticket électorat. Entre-temps, le jeune député se transforme en industriel et devient le chef d?entreprise de 350 ouvriers. En 1982, il soutient la campagne électorale du MMM. Il dit constater avec amertume que, parvenu au pouvoir, Bérenger essaye d?usurper les prérogatives du Premier ministre, Anerood Jugnauth. Avec la cassure du 22 mars 1983, il se rend compte qu?il demeure militant en raison de la présence dans ce parti de Jugnauth et de Bhayat. Il se sent incapable de rester au sein d?un MMM entre les mains du seul Bérenger.
Il se souvient aussi que, entre 1976 et 1982, Bérenger est un partisan d?un gouvernement de coalition avec le PTr car, dit-il, le MMM ne dispose pas des cadres politiques pour pouvoir gouverner l?île Maurice. Les événements entre le 11 juin 1982 et le 22 mars 1983 le prouvent amplement, constate Servansingh. Avec tout cela en tête, il préfère militer désormais au sein du MSM d?Anerood Jugnauth.
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