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Quand jeunesse sait...
Elever la voix pour améliorer la condition des vulnérables. C?est l?ambition de Shameerah Peerkhan, étudiante de 18 ans au Rajcoomar Gujadhur State Secondary School (RGSSS) de Centre-de-Flacq. Elle était complètement dans son élément lors des de la dernière édition de Model United Nations (MUN): la jeune fille représentait le Vietnam. Elle faisait partie de la commission Population and Food, et devait débattre sur la question suivante: Réduire l?insécurité alimentaire dans les pays en voie de développement à travers l?aide des pays développés. Résultat : elle a pu hisser son collège au niveau des grands en étant une des douze meilleurs délégués sur 600 collégiens à cet événement. «Ce qui n?aurait pas été possible, sans mon recteur, mon frère Shiraaz, mon enseignant et idole Yusuf Fowdar, mes amis Abhishek Ramful, Diksha Cheetoo, Rakshita Mungur entre autres.»
Leader confirmé, Shameerah est chef de sa délégation. Pour l?accompagner, elle choisit trois filles par rapport à leur connaissance générale, leur diction en anglais et leur capacité à défendre leurs arguments. Elles sont Mehtab Jungeer, Mandavi Radhakeeson et Ayman Peeroo, toutes en Lower VI.
Pour se démarquer des autres, les jeunes filles ne font pas dans la demi-mesure. Au-delà des arguments, il y a aussi l?apparence : distribution de dragées, pancartes, vêtements traditionnels vietnamiens, tout y est. Pour connaître les us et coutumes vietnamiens, Shameerah consulte non seulement l?internet, mais téléphone à des amis au Viet-nam. Le résultat est renversant. Leurs vêtements rose, jaune, vert et bleu tranchent ostensiblement avec les tailleurs noirs des autres participants. «On nous a pris pour des hôtesses chargées de distribuer des bonbons», rigole-t-elle.
Pas timide pour un sou, Shameerah n?hésite pas à intervenir souvent dans les débats. «Cela permet de marquer beaucoup de points. De plus, c?est nécessaire de savoir convaincre pour que nos résolutions soient acceptées.» Ce n?est pas dur pour celle qui n?a pas peur de parler, et qui « adore se mêler aux gens pour connaître leur opinion.»
Pour rappel, le MUN est une simulation des Nations unies. Ses objectifs sont d?éduquer les participants sur le civisme, la communication effective, la diplomatie entre autres. Lors du MUN, les étudiants entrent dans la peau de diplomates, enquêtent sur des problèmes internationaux, débattent, délibèrent, font des consultations et développent des solutions aux problèmes mondiaux.
Tout cela n?est «pas difficile. Il faut seulement bien s?entraîner.» C?est pour cela que la jeune fille qui est de surcroît la head girl de son collège vient d?y lancer le MUN Club. Son objectif est d?encourager ses membres à suivre l?actualité à Maurice et dans le monde, à apprendre à défendre leurs arguments... Bref, à se préparer pour participer au MUN. Avec cela, Shameerah est convaincue que l?année prochaine, son collège sera encore une fois parmi les meilleurs.
Outre le MUN, la jeune fille démontre un intérêt particulier pour la condition féminine, surtout au Moyen-Orient. Ainsi, son livre préféré est Jamais sans ma fille et Vendues de son auteur préféré Betty Mahmoody. Ce dernier livre raconte l?histoire d?une fille Zana, qui est vendue par son père à l?âge de quinze ans. «A l?époque où je l?avais lu, j?avais le même âge que Zana. Cela m?avait d?autant plus révoltée. Comment les gens peuvent faire cela ?? Ce livre a changé ma perception de la vie. Je réalise combien je suis chanceuse de vivre à Maurice.»
L?adolescente qui suit assidûment les informations s?hérisse particulièrement devant les faits divers. «Strangulation, abus sexuels. Les gens sont malades. Ces psychopathes font peur»
Pour améliorer les choses, Shameerah est d?avis qu?il faudrait réintroduire la peine capitale à Maurice. «Vous réalisez que quand une personne a commis un crime, il y a des avocats pour la défendre. Mais la personne qu?on a tué, elle n?avait personne pour la défendre.»
<I>«J?aime quand tout va bien, parce que le monde est malade : le réchauffement climatique, la crise alimentaire? pourquoi aller loin, à Maurice, nous avons la corruption.»</I>
Révoltée par ces évènements les uns plus terribles que les autres, la fille rêve «J?aimerais que tout aille bien dans le monde. J?aime quand tout va bien, parce que le monde est malade : le réchauffement climatique, la crise alimentaire? pourquoi aller loin, à Maurice, nous avons la corruption.»
Et même le travail des enfants. Shameerah raconte que l?année dernière, elle a vu un enfant de quatre ans avec un gros panier qui vendait des pistaches sur la plage de Belle-Mare. «Il ne savait même pas compter. C?est incroyable qu?on fasse travailler un enfant de cet âge !», s?insurge la demoiselle. Elle n?oublie pas non plus son dernier voyage en Inde où elle entendait souvent des «Didi, didi, give me some money».
«Cela me chagrine. Ma mère me dit que c?est pire à Madagascar.»C?est pour toutes ces raisons que la jeune fille voudrait faire du social. Ainsi que le droit ou la politique. «Auparavant, je voulais faire médecine, mais la chimie n?est pas mon plat.»
Pour oublier les soucis du monde, Shameerah se décompresse à travers le sport. A 11 ans, elle avait déjà quinze médailles à son actif en natation, dont trois d?or. Il y en a qui savent tout faire !
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