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De la canne aux légumes

19 août 2008, 00:00

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A Médine, pommes de terre, fraises et avocats côtoient les cannes à sucre. En effet, le groupe sucrier de Médine s?est tourné vers la diversification de ses activités agricoles. Et prévoit que quelque 228 hectares seront dédiés à des activités autres que la canne.

«Avec la baisse du prix du sucre, il nous fallait trouver autre chose, surtout après l?annonce de la crise alimentaire par le ministre des Finances», explique Kevin Lennon, directeur du personnel de Medine Sugar Estate. C?est pour cela qu?on a exploré cette voie.»

Rama Sithanen, le ministre des Finances, et Arvin Boolell, le ministre de l?Agro-industrie, ont visité hier la propriété sucrière. Kevin Lennon voit en cette visite «une opportunité de partager des idées et, dans le futur, partager le savoir-faire». A cet effet, les visiteurs ont pu voir les différentes étapes d?une diversification réussie et ses résultats . Et mêler l?utile à l?agréable lors d?une promenade enrichissante, le long d?un parcours riche en couleurs.

Au détour d?un chemin non asphalté, des bananiers se dressent à perte de vue, les branches alourdies par les fruits. De l?autre côté de la route, des oignons alignés côtoient des pommes de terre. D?autres surprises attendent les visiteurs qui découvrent la propriété. A plusieurs reprises, la délégation ministérielle s?est arrêtée pour observer toutes les facettes de la diversification, comme le lavage des légumes et leur passage en chambre froide.

Les laitues : Une belle réussite</B>

La propriété fait construire en ce moment même un nouveau bâtiment.

Ce sera un endroit dédié au conditionnement «pour la ligne de carottes et de pommes d?amour, car il nous faut être plus fermes au niveau sanitaire», explique Kareen Théodore, Diversification Manager. «Nos plus gros problèmes sont les oiseaux et la poussière qui transmet les bactéries.»

Les laitues sont une des plus belles réussites jusqu?à présent. «C?est une planteuse de laitues», explique Kareen Théodore, en pointant du doigt une machine sur un parterre. «C?est une machine électronique qui met en terre les plants de laitue.» Deux planteurs remplissent des poches avec des petits carrés qui ressemblent à des briques de terre «C?est du terreau, du compost fait maison», explique notre interlocutrice.

Le terreau passe par un appareil qui le transforme en petits cubes, avant qu?un semoir mécanique insère les graines de laitue. Les cubes restent trois semaines en serre. «Les cubes que plante cette machine ont passé les trois semaines en serre et maintenant sont prêts à être mis en terre», conclut Kareen Théodore.

Alors que la planteuse effectue son travail, on peut voir un peu plus loin du vert à foison. Ce sont les laitues prêtes à être récoltées. «On en a plusieurs variétés, continue la responsable. De la batavia et des feuilles de chêne, entre autres.»

Medine Sugar Estate ne fait pas dans la demi-mesure. Toutes les machines viennent de France, de même que les graines des légumes. Kevin Lennon est convaincu que «c?est une activité prometteuse. Et ajoute, sans fausse modestie, «viser dans quelques années 5 % du marché national de la production de fruits et légumes».

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