Publicité
Le blues du trottoir
<B>Les saucisses surgelées</B>
Nous sommes à la porte de la section «poultry» du marché central. Entre la rangée de motos qui est garée là et le mur du marché aux viandes, un individu se tient accroupi. Devant lui, des boîtes en carton remplies de paquets de saucisses. Loin de toute vague de froid, elles se décongèlent au grand air. Le vendeur lui, inconscient, écoule sa marchandise aux consommateurs non avertis. Alléchés par une aubaine : Rs 30 le paquet.
Maladroitement, le vendeur tentera de se justifier. Que dès que le présent stock est fini, il va chercher d?autres saucisses. Il regarde en même temps par-dessus son épaule, indiquant que le congélateur se trouve à l?intérieur du marché.
Attention, si vous insistez, et que vous posez trop de questions, en plus du paquet de saucisses, vous repartirez avec un chapelet de jurons, pour assaisonner cette denrée périssable, dont la date de péremption s?étend à l?année prochaine.
<B>Légumes déjà coupés </B>
Tout le monde est pressé par les temps qui courent. On cherche aussi la facilité. Après les heures de bureau, qui a la patience d?éplucher un «jacques». Voilà une corvée bien fastidieuse pour quiconque ne veut pas rater son feuilleton préféré vers 18 h 30. Alors, pour accélérer la préparation d?un bon «tikari zak», rien de plus simple que de s?approvisionner auprès de marchandes de légumes qui ont pris le soin de peler les légumes ? «jacques», giraumon, «patole», songes au choix ? histoire de nous éviter, dans certains cas, la démangeaison que provoque le contact de ces légumes avec la peau de mains sensibles. Sauf qu?en voulant bien faire ? et en passant faire marcher le business ? ces légumes sans écorce sont plus vulnérables à la fumée des pots d?échappement et les poussières de toutes sortes. Ces marchandes de légumes ayant justement choisi de s?installer du côté de la gare Victoria.
<B> Les achards </B>
Des petits pots qui semblent déborder de saveurs. Des goûts bien typiques parfumant des fruits tropicaux : mangue, fruits de cythère etc?de quoi faire saliver, sauf qu?à aucun moment, les ingrédients de ces achards faits maison ne sont indiqués sur ces pots qui savent attirer l??il du client.
<B>Miroir miroir, suis-je la plus belle ? </B>
Le trottoir ne manque pas d?accessoires. Du côté de la rue John Kennedy, vous trouverez des outils pour vous polir les ongles ou épiler vos sourcils. Le prix Rs 100. Le marchand ne manquera pas de vous assurer que, «dan magazin ou pou gagn sa pou Rs 275. Moi monn gagn sa enn lot fason». Et si justement vous haussez du sourcil et faites mine de partir, le marchand, pour vous retenir dira : «Rs 75 oussi en».
<B>Cosmétiques en apparence </B>
Des marques qui font rêver. Vendues dans les parfumeries spécialisées pour minimum un millier de roupies. Des parfums, «dan zoli boutey», comme le dit une cliente potentielle qui hésite entre une senteur à Rs 50 et une autre à Rs 75. A deux pas : des shampooings également à Rs 50. Avec écrit en gros dessus les mots «aloe vera», de quoi surfer la vague du craze pour cette plante aux multiples vertus. Qu?en est-il de l?effet réel de ces produits ?
<B> Clin d??il du pirate</B>
C?est dire à quel point le phénomène a pris de l?ampleur. Des films piratés vendus à côté d?une rangée de savonnettes. A côté ? Non, installés dans la même boîte en carton. Au vu et au su à la gare Victoria. Il a raison le vendeur, la propriété intellectuelle est aussi légère que des bulles de savon dans ce cas-là.
Publicité
Publicité
Les plus récents