Publicité
«Je ne vends pas du rêve aux maraîchers de Flacq»
Par
Partager cet article
«Je ne vends pas du rêve aux maraîchers de Flacq»
● Sept de vos prédécesseurs n?ont pu relever le pari de doter la capitale de l?Est d?une foire moderne. Votre promesse de le faire est prise pour du bluff par les maraîchers?
Je crois dans le langage de vérité. Deux semaines après mon installation, j?avais déjà entrepris des démarches auprès du gouvernement à travers les députés de Flacq-Bon-Accueil, Anil Baichoo, Dharam Gokhool et Rajendra Mungar. Je ne vends pas du rêve. Je suis pour un partenariat gouvernement-conseil de district-maraîchers pour la réalisation de ce projet.
● Vos prédécesseurs sont venus avec des propositions ambitieuses nécessitant un investissement de Rs 200 millions. A la fin de leur mandat, ils ont prétexté un problème financier pour expliquer leur échec.
Je vous le redis. Je ne vends pas du rêve. Mais il faut que le budget consacré à ce projet ait l?aval du gouvernement. Je compte procéder phase par phase, mais il faut une foire digne de ce nom.
● Quel est le montant du budget nécessaire pour démarrer ?
Quelque Rs 75 millions. Nous disposons déjà d?une somme de Rs 15 millions. Le reste sera obtenu à travers un prêt bancaire. Je pense que c?est un fardeau financier soutenable par le conseil.
● Mais entre-temps, les maraîchers opèrent dans des conditions inhumaines?
Je suis entièrement d?accord avec vous. Les maraîchers travaillent dans de mauvaises conditions. Je leur demande ainsi qu?aux consommateurs d?avoir un peu de patience. Ils auront une foire moderne. De nombreux touristes passent aussi par le village et il faut impérativement songer à aménager des boutiques.
● Vous êtes membre du parti Travailliste et proche du Premier ministre, Navin Ramgoolam. Vos relations peuvent certainement faire sauter les verrous de la bureaucratie et faire avancer le dossier de la foire.
J?ai confiance en notre Premier ministre et le gouvernement. Actuellement, la foire peut accueillir quelque 1 000 maraîchers. Nous allons augmenter considérablement le nombre des étaux.
● C?est l?anarchie à la foire. Savez-vous qu?actuellement, il y a quelque 300 marchands illégaux. Comptez-vous employer la force pour les faire partir ?
Avec une éventuelle augmentation du nombre d?étaux, l?occasion sera donnée aux marchands illégaux de régulariser leur situation. Je ne suis pas là pour prendre des solutions radicales mais il ne faut pas non plus encourager le laisser-aller, pour arriver à une situation chaotique, comme à Port-Louis. Là-bas, les rues sont bondées de marchands ambulants, dont un grand nombre opérent dans l?illégalité.
● Que pensez-vous de la politique de certains d?allouer des étaux à des habitants de leur village.
Moka-Flacq a toujours servi d?exemple. Je veillerai à ce qu?il n?y ait pas de cas de suspects comme à la municipalité de Quatre-Bornes, où des conseillers ont été accusés de pot-de-vin dans l?allocation des étaux.
● Mais dans le passé, il y a eu des conseillers de Moka-Flacq qui ont eu des démêlées avec la justice dans des affaires de corruption.
La promulgation du Procurement Act permet déjà de passer au crible les grandes dépenses. J?ai confiance en le chief executive, Jay Mulloo. Depuis son arrivée, aucun cas de fraude n?a été enregistré. Et en tant que président, je veillerai personnellement à ce qu?il n?y ait aucun dérapage.
● Des habitants de l?Est se plaignent souvent des problèmes de voirie et de pollution. Quelles sont les mesures que vous allez prendre pour remédier à la situation ?
Je crois fermement dans le projet Maurice île durable. Il y a tout un travail de sensibilation à faire pour la protection de l?environnement. Par exemple, il faut dire haut et fort aux consommateurs de ne pas polluer nos rivières car c?est de l?eau qu?ils boivent.
En ce qui concerne le ramassage d?ordures, il n?est pas facile avec un budget de Rs 25 millions de desservir quelque 200 000 habitants. Je demande au gouvernement d?augmenter ce budget et de recruter de la main-d??uvre additionnelle, soit 60 hommes.
Je compte aussi encourager la mise sur pied de clubs de l?environnement dans les 36 villages sous ma juridiction. Ils auront l?encadrement nécessaire.
Cependant, Moka-Flacq arrive, avec ses 24 camions à ordures et ses 239 éboueurs à ramasser 95 % des ordures ménagères. Ce qui est fort satisfaisant quand on imagine que même des pays développés n?arrivent pas à 50 %.
● Comment le conseil de Moka-Flacq compte-t-il contribuer au projet «Maurice île durable» ?
J?envisage de lancer un projet d?éoliennes sur une base pilote à Moka-Flacq. Si tout va dans la bonne direction, nous pourrons même être fournisseurs d?électricité au Central Electricity Board.
L?utilisation d?ampoules économiques pour l?éclairage des routes est également envisagée.
Publicité
Publicité
Les plus récents