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Rama Sithanen remplace K. Pillay chez Avramovic
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Rama Sithanen remplace K. Pillay chez Avramovic
Si on ne peut parler de 25 ans de carrière politique, dans le cas de Rama Sithanen, ne faisant son entrée dans l?arène du même nom qu?en 1990, l?on peut en revanche parler du 25e anniversaire de son entrée dans la vie publique mauricienne. La démission de Kadress Pillay comme second assesseur (après Jagadish Manrakhan) du président Dragoslav Avramovic révèle au grand jour et au grand public l?existence, au sein de la société mauricienne, d?un jeune cadre assez compétent pour remplacer, au pied levé, un de nos directeurs de l?Audit les plus prestigieux et les plus connus, Chedumbarum Pillay, au sein d?une énième commission d?enquête sur l?industrie sucrière, sur laquelle d?aucuns et non des moindres fondent de grandes espérances, parfois même contradictoires.
Qui est donc ce Rama Sithanen qu?un gouvernement Jugnauth des affaires courantes (en raison des législatives du 21 août 1983) nomme à un poste aussi délicat ? L?île Maurice apprend alors et avec ravissement qu?il est un des jeunes cadres les plus prometteurs d?Air Mauritius. Il a effectué de brillantes études, tant au cycle secondaire, à Maurice, qu?à la prestigieuse London School of Economics, en Grande-Bretagne. Il décroche un BSc 1st Class en économie. Le doctorat en sciences électorales viendra plus tard. En attendant, il poursuit ses études post-universitaires et décroche un MSc avec distinction en Investment Planning. Il devient ensuite assistant de recherches au Centre for Labour Economics à la LSE, avant de prendre de l?emploi comme Specific Task Consultant, au sein de la prestigieuse Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), institution européenne, à Paris, connue pour son recrutement préférentiel des citoyens européens. Il y étudie notamment les problèmes du chômage des jeunes dans les pays-membres de cette institution.
A son retour à Maurice, il lui est beaucoup plus difficile de faire comprendre, à qui de droit, le potentiel professionnel qui bouillonne en lui. Il se résigne donc à accepter ce qui s?offre enfin à lui, à savoir un poste d?enseignant dans un collège privé, soit ène tiguitte plis bon qui narien di tout. La firme d?experts-comptables De Chazal du Mée est la première, localement, à prendre conscience que ce jeune prof est appelé à relever les plus grands défis et pas seulement ceux se posant à la jeune nation mauricienne. Elle lui propose un poste de consultant économique qu?il accepte avec la joie d?un légitime ambitieux pouvant enfin mettre le pied à l?étrier.
En 1982, les chasseurs de tête d?Harry Tirvengadum le recrutent comme Transport Economist chez Air Mauritius. L?année suivante, le gouvernement Jugnauth le choisit pour remplacer Kadress Pillay au sein de la commission Avramovic. Voilà donc notre Rama Sithanen qui doit se rendre au château du Réduit pour prêter serment, en tant que commissaire, devant le gouverneur général, sir Dayendranath Burrenchobay. Pour la première fois, l?île Maurice entend parler de Rama Sithanen, Mais pas pour la dernière fois. En fait, elle n?est pas prête du tout à ne plus entendre parler de lui car on n?en finit pas de parler de lui.
Si l?île Maurice accueille avec grands espoirs la nomination de Rama Sithanen comme assesseur de la commission Avramovic et l?adhésion de son prédécesseur, Kadress Pillay, au MSM d?Anerood Jugnauth, le MMM ne cesse de fulminer contre le come-back anti-Bérenger de Sheila Bappoo. Il décide de sortir la grosse artillerie pour répliquer à l?annonce de sa décision de se joindre «à la clique des traîtres» qui découvrent soudainement que les Ramgoolam et les Duval qu?ils ont si farouchement combattus, pendant les «années de braise», sont devenus des anges et que des combattants de la fraude et la corruption peuvent se mettre en concubinage avec des fraudeurs et des corrupteurs.
Et comment mieux confondre Sheila Bappoo, aux yeux de l?opinion publique (qui, hélas, n?existe pas à Maurice), qu?en republiant ses discours anti-travaillistes de 1976 ? A Chemin-Grenier, cette année-là, elle évoque le «sentiment de honte et de rage» qui «l?envahit» quand elle compare le PTr de Maurice Curé et d?Emmanquel Anquetil à celui de Seewoosagur Ramgoolam, devenu le «valet des blancs, des capitalistes», à commencer par Claude Noël, ce Ramgoolam qui inaugure la coupe des barons sucriers, ce Ramgoolam qui fait danser des jeunes filles hindoues du MGI devant des «grands blancs» comme lé temps margoze. Elle dénonce «ces pourritures» du PTr-CAM-Transfuges qui osent parler de communalisme et de Jaati. Elles veulent simplement diviser les travailleurs pour mieux régner et pour mieux les exploiter. En d?autres mots, le MMM souhaite la bienvenue à Sheila Bappoo au sein de «l?alliance morpions-carapattes».
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