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Voyage au centre de la terre

25 juillet 2008, 00:00

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Ce n?est pas la première fois que la grosse machine hollywoodienne s?attaque au célèbre roman de Jules Verne. Il existe une précédente adaptation signée Henry Levin datant de 1959. Dans les rôles principaux, il y avait James Mason (le professeur Lindenbrock), Pat Boone (son élève) et Arlene Dahl jouant la veuve d?un collègue du professeur. Celle-ci n?existe évidemment pas dans le roman original, mais on devine que les producteurs ont dû trouver que cette histoire manquait de femmes et qu?il fallait une intrigue amoureuse quelque part pour attirer encore plus de monde dans les salles. Ce qui n?empêcha pas le succès du film et les érudits le considèrent à ce jour comme «superbe» et «probablement l?un des meilleurs films de science-fiction».

Le moins que l?on puisse dire, c?est que les auteurs du Voyage au centre de la terre, version 2008, se sont encore moins gênés vis-à-vis du roman original. Les personnages principaux sont évidemment américains : un savant déconsidéré par ses collègues, le professeur Anderson (Brendan Fraser) et son neveu adolescent (Josh Hutcherson) comme on en voit toujours dans les blockbusters. Et les impératifs commerciaux étant restés les mêmes en 50 ans de cinéma, le guide islandais est remplacé par une ravissante guide islandaise (Anita Briem). Cela dit, ces mêmes auteurs rendent quand même un bel hommage à Jules Verne en faisant de son roman un des éléments centraux du récit (il indique la piste à suivre) et en donnant à l?écrivain absent un rôle équivalent à celui du «précurseur» Arne Saknussen, dans le roman. Ce qui non seulement est très malin, mais aussi très élégant. Et puis, il faut l?avouer, l?intérêt de ce classique de la littérature de science-fiction n?est pas dans ce qui se passe entre les personnages, mais dans le voyage lui-même et l?émerveillement qu?il produit.

Ce Voyage au centre de la terre nouvelle version n?a donc pas à s?embarrasser de n?être qu?un film de divertissement. Il ne s?en embarrasse d?ailleurs pas : le transport aérien et l?Internet permettent à l?oncle et au neveu une fois présentés, de se rendre des USA en Islande, de tomber pile sur leur ravissante guide islandaise et de se retrouver dans un monde souterrain à la suite d?une série d?événements fortuits. Le tout en une demi-heure à peu près, alors que dans les années 1880, cela leur aurait demandé plusieurs semaines.

On devine qu?il s?agit d?arriver le plus vite possible au c?ur du récit qu?est la découverte de ce monde souterrain. D?abord parce que le public pour ce genre de film n?a pas la patience, même si les paysages sont magnifiques et que les personnages ne sont pas forcément insipides, ensuite parce que les effets spéciaux ont dû dévorer la plus grande partie du budget. Cela apparaît même comme une évidence : une immensité souterraine avec une flore phosphorescente, des champignons géants et des nuées d?oiseaux qui brillent comme des vers luisants ; une mer souterraine, un désert souterrain, des monstres marins, des horriblosaures et autres bestioles terrifiantes, des falaises, des ravins sans fond, tempête en pleine mer, etc. Ce sont les illustrations du roman mis en mouvement et en couleurs, les auteurs en ayant rajouté ça et là. Il ne manquait que le relief. On en parle partout, même sur le site Internet local consacré au cinéma : la particularité et principale attraction de ce Voyage au centre de la terre est d?être un film en 3D avec des décors sortant littéralement de l?écran et des bestioles fonçant sur le spectateur ; ce qui est autre chose. Où étaient donc les lunettes spéciales ?

<B>G. N.</B>

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