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J?ai beaucoup de sympathie pour CMT, François Woo, les Lai Fat Fur et leurs équipes

25 juillet 2008, 00:00

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Voilà un groupe d?entrepreneurs qui a débuté avec toutes les difficultés que comporte une aventure dans une ligne de métier que l?on ne connaît pas. A priori, ils n?ont pas hérité des qualités de leadership séculaires qui viennent avec la fortune transmise. Ils ont pioché, ils ont bavé, ils ont persévéré, ils ont réussi. Bien au-delà de toute attente raisonnable en fait. Ils sont devenus des «world beaters», des modèles de réussite. En une seule génération, ils ont transfiguré la logique de la boutique opérant dans une petite «baracoon» du tiers-monde en une forte éthique d?industriel, faite d?obsession, d?efficience, du voir grand, du refus du moins-que-parfait. L?environnement industriel est certes dur : CMT est parmi la poignée de compagnies qui s?est même souciée d?investir dans son personnel et son environnement de travail. Ses ouvrières se souviendront toujours du fait que dans une période ou il y avait, après un feu d?usine, chômage technique et, donc, justification pour une suspension de salaire, CMT choisissait de payer ses employés. Le retour sur ces «investissements» a été spectaculaire. CMT alignait les milliards de profits annuellement, alors que ses concurrents localement se grattaient vigoureusement le scalp et cherchait «leur» formule miracle. J?en ai même entendu qui disaient que ce n?était pas possible et qui pensaient que c?était là une vaste opération de blanchiment d?argent !

Dans la plupart des pays du monde, on célèbre ce succès, on admire ses responsables, on invite les autres à prendre acte, à se référer au modèle. Ici, à Maurice, on pouvait prévoir que les cyniques et les esprits étroits se tiendraient à l?affût, souriant béatement devant les responsables, devisant bien moins joyeusement dans leurs modestes petits salons, verts d?envie, attendant la glissade, la difficulté, la chute. Ici, nous développons non pas une culture du succès, mais plutôt une culture de «triangueur». On glorifie celui qui est «malin» au point de truander son patron, on applaudit celui qui, en sous main, pille sa compagnie «qui fait des millions», on réhabilite souvent les voleurs, les menteurs et les immoraux.

CMT a besoin de chaudières pour travailler. Une chaudière, cela brûle des molécules longues de carbone, dégage de la chaleur et laisse des résidus. Je ne connais pas de chaudière qui ne dégage aucune pollution. En connaissez-vous ? Les chaudières que CMT utilisait à Valentina, Phoenix, ayant causé quelques dégâts sur les rideaux du quartier, on mobilisait des protestataires et CMT décida de partir. Ayant consulté le gouvernement, on lui proposa? La Tour-Koenig. CMT recommence donc à zéro, investit massivement dans ce site industriel, prenant bien soin de la position du voisinage et de la direction des vents généraux. Au vu de ses profits annuels et de sa mésaventure à Valentina, on peut supposer qu?elle investit dans ce qu?il y a de mieux en matière de chaudière pour ne pas répéter ses désagréments. Quelques années plus tard, la NHDC veut construire dans la «plume» de la chaudière. François Woo les prévient des dangers. On lui dit sans doute «pas tracas», à la mauricienne. La NHDC poursuit son idée contre le bon sens. Elle obtient la bénédiction du ministère de l?Environnement et, sûrement, son EIA «siouplaît». Aujourd?hui, ce même ministère intime à CMT l?ordre de se conformer à son «Enforcement Order» !

Dans le «pas moi ça, li ça» Bachoo dira peut-être que son prédécesseur a fait une erreur, surtout s?il est de l?autre parti politique? En attendant CMT et sa direction sont traités de hors-la-loi et d?irresponsables au point où François Woo, dont la soupape déborde, dira qu?il envisage de tout plaquer et de s?en aller, laissant la compagnie à elle-même. On parle, tenez-vous bien, de 10 000 emplois directs, de bons emplois, passablement payés, dans une entreprise saine, gagneuse. Cela ne compte-t-il pour rien, au pays du «tigre qui se couche à quatre heures» ?

Combien de maisons ont-elles été construites là ou il ne fallait pas ? S?il est sans doute plus facile de blâmer le pollueur (deux pannes graves en 11 ans d?opération à la Tour-Koenig, nous dit François Woo). Le coupable, pour moi, c?est clairement le gouvernement ou plutôt les départements, concernés directement, qui ont donné des permis à la NHDC pour construire en dépit du bon sens. Un gouvernement qui se respecte ferait faire une enquête (Robert Ahnee mettons ?) et s?il a tort, offrirait réparation immédiate, demandant pardon a ceux qu?il a aidés à exposer aux retombées de la chaudière de CMT et leur payant un transfert vers des maisonnettes équivalentes dans un endroit plus sain, approuvé par le? ministère de l?Environnement. Après tout, ce gouvernement a, récemment, pressé les sucriers à lui donner 1 000 arpents en milieu pastoral. Et ce n?était, apparemment, pas du vol.

Ce qui fait que les déplacés éventuels de la Tour-Koenig ne seront pas des receleurs ! Ils auront, alors, en fait contribué à la «démocratisation» des terres.

<B>PUCK</B>

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