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Speakerine un jour...

24 juillet 2008, 00:00

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Plus qu?une coïncidence. Cela s?appelle ironie du sort. Miss météo, «il y a longtemps», Shirley Chamroo prête sa voix ces jours-ci à la bande annonce pour le recrutement de présentateurs qui feront la pluie et le beau temps, à 20 heures, à la télé nationale.

Le temps ? Parlons-en. Le col qui lui monte jusqu?au cou protège son outil de travail des courants d?air de la rue Pasteur. Une voix agréable. Mais qui, selon certains, fait des phrases. «Manque de présence», montre un travail «pas assez fouillé». Superficiel. «On m?a reproché de trop parler à l?antenne».

La presse et ses collègues n?ont pas toujours été tendres avec cette femme qui, quand on lui demande son âge, a un petit rire embarrassé avant de dire, «early forties». C?est qu?elle n?a pas oublié l?époque où, «tous les dimanches, les gens ouvraient le journal pour voir ce que l?on avait dit sur moi».

La critique, depuis, elle a appris à l?encaisser. En appelant à l?occasion un journaliste acerbe pour lui dire de sa voix chantante, «mais pourquoi tu dis ça ?», même si «je n?ai pas à me justifier».

Dans ces années-là, elle était speakerine. Sa première fois à l?antenne, fut comme un cadeau. C?était le 24 décembre 1987. «Je me disais, «sûrement personne ne va me voir . Je ne me rendais pas compte». Elle ne comprendra que le lendemain, quand tout son entourage lui a dit, «Ayo, tu as fais de la télé».

Vingt ans plus tard, maintenant qu?il n?y a plus de speakerine et qu?elles ont toutes été «refoulées à la radio», quand les gens demandent à Shirley quand ils vont la revoir à la télé, elle, lucide lâche, «Bon, c?est vrai que maintenant j?ai pris quelques kilos. Mais c?est comme si on recherche la poupée Barbie. Je veux être acceptée comme je suis».

Avec ses rondeurs, sa gentillesse enveloppante, ce côté onctueux où l?on a beau creuser à la petite cuillère, sans entendre de tintement métallique venu des profondeurs de son âme.

Ceci dit, qu?elle parle santé, environnement ou qu?elle désannonce des «chansons souvenirs», sa quotidienne de 10 heures à midi n?est jamais à court d?appels d?auditeurs. Et pas que des gens qui tentent de se faire ausculter au téléphone par un docteur présent en studio. Mais «surtout pour me demander des numéros de téléphone de médecins, d?ong. Les gens savent que j?ai les contacts».

Elle, avec son bon fond, répond toujours. Cela ne la dérange pas d?être un peu l?annuaire des gens. Gardant le même sourire dans la voix qu?à l?antenne. A l?écouter se raconter avec des mots choisis, se dessine l?image d?une Shirley Chamroo dame gentille exactement comme celle qui est à l?antenne.

«Je crois qu?il faut garder le naturel». Shirley Chamroo n?a pas à se forcer. Quand elle débute comme freelance à la MBC en 1988, tout en faisant du contrôle de qualité chez SGS, une filiale textile de IBL, la speakerine a pour modèles, «ma directrice, Pam», entendez Pamela Patten. Mais aussi «Michèle» et «Robert», c?est-à-dire Marie Michèle Etienne et Robert Deschambeaux. «Je me réécoutais beaucoup». Suffisamment pour trouver que, «là j?avais la voix un peu trop chantante, là il fallait que j?accélère un peu».

Elle a alors derrière elle son adolescence au Saint Andrews College. Une enfance «riche» du côté de La Visitation à Vacoas, entre une mère femme au foyer, une s?ur et «mon père qui était mon plus grand fan», qui est décédé il y a quatre ans.

Plus tard, elle suivra une formation en journalisme à l?Alliance française, avant de décrocher un diplôme en broadcasting programme de Maspiro en Egypte, en 2002. Dans un souffle elle confie qu?elle a l?intention de reprendre ses études. Dans la filière journalisme et communication.

N?allez surtout pas lui dire qu?elle est un pousse-disques, Shirley rectifiera. «Je fais de l?animation à tendance journalistique, même si les émissions sont entrecoupées de chansons». Avec à c?ur, la mission «d?informer». Des émissions préparées, «une semaine à l?avance», affirme-t-elle. Avec, «dernier briefing avec les invités juste avant de passer à l?antenne», car elle ne déteste rien autant que les invités qui arrivent en retard.

«Je fais de l?animation à tendance journalistique, même si les émissions sont entrecoupées de chansons. Avec à c?ur, la mission d?informer».</I>

La part d?improvisation ? encore une fois, Shirley Chamroo préfère parler de «naturel». Elle qui est de tempérament, « pas tout le temps calme», a appris à gérer l?impatience ou le mécontentement de certains auditeurs. Son pire moment ? Les yeux levés, l?animatrice réfléchit. «Une fois j?ai appelé un artiste qui exposait et au moment de passer à l?antenne. Il m?a dit en direct qu?il était trop occupé pour me parler. J?ai insisté, j?ai dit : «allez, juste quelques paroles. Allez». Rien n?y a fait.

Parler n?a jamais été un problème pour elle. Surtout pas quand elle a participé en 1990 au concours Miss Mauritius. D?où elle est repartie avec les titres de Miss photogénie et Miss Amitié. Sans compter son titre de Miss Océan Indien, «pour Maurice».

Reine, elle l?est pour ses deux filles, Shanya 7 ans et Laetitia 5 ans. Et si elle a divorcé de leur père voici deux ans, c?est «tout doucement que je reconstruis ma vie». Prudence, prudence. C?est l?attitude qu?elle a adoptée quand des radios privées l?ont approchée. «Je suis quand même installée à la MBC». Avec la conscience d?avoir un nom qui ouvre certaines portes. Alors pourquoi partir. Surtout que ses nouvelles fonctions vont lui permettre de concevoir des émissions. «Plus pour les femmes. Mais pas des trucs de mode ou de cuisine, le côté professionnel». Visa U assuré.

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