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Hausse du «repo rate» dans la douleur

22 juillet 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

On s?y attendait. Et c?est arrivé. Mais malheureusement, les fruits n?ont pas passé les promesses des fleurs. La Banque de Maurice a augmenté son taux d?intérêt directeur de? 25 points de base. Ce dernier est passé de 8 % à 8,25 %. Hier, après près de cinq heures de vives discussions, la décision du Monetary Policy Committee (MPC) est tombée, dans une atmosphère de division, le quantum n?ayant pas fait l?unanimité. Le président du MPC, Rundheersing Bheenick, ayant été, cette fois encore, mis en minorité.

En effet, le comité chargé de définir la politique monétaire de la Banque a opté, finalement lors d?une réunion spéciale, pour une montée timide du repo rate. Alors qu?une hausse conséquente était attendue par la plupart des observateurs, cette dernière décision laisse les adeptes de la lutte contre l?inflation, le gouverneur de la Bank of Mauritius (BoM) en premier, sur leur faim.

<B>Compenser la faible productivité</B>

Mais malgré la modération de cette augmentation, le secteur de l?export, lui aussi, est dépité. Ce dernier ayant déployé des trésors d?arguments afin de maintenir, voire réduire encore plus le taux d?intérêt. Cela dans le but de compenser la faible productivité du secteur par une roupie dévaluée. En vain. Ainsi, le MPC a privilégié la lutte contre l?inflation, et la stabilité des prix, au soutien de l?industrie du textile et des produits de la mer. La croissance économique, même si elle demeure toujours la préoccupation du gouvernement, doit passer, cette fois-ci, au deuxième plan.

Rundheersing Bheenick et son équipe ont tranché mollement en faveur du panier de la ménagère, rudement éprouvé ces derniers mois. Cette décision de relever le repo rate consent donc à peine au v?u cher du président du MPC et gouverneur de la BoM. Car le taux d?intérêt réel, (différence entre le taux d?intérêt nominal et le taux d?inflation), demeure toujours en territoire négatif.

Déjà, hier dans la matinée, la question de l?augmentation substantielle du repo rate a été au centre des propos de Rundheersing Bheenick. C?était lors du lancement du séminaire organisé conjointement par la BoM et le Centre for Central Banking Studies de la Bank of England (CCBS).

«Nous devons agir contre l?inflation maintenant, disait-il encore avant le début de la réunion du MPC, si nous ne voulons pas la voir passer, avant la fin de l?année, à un taux à deux chiffres, avait-il prévenu. Dans notre contexte présent, il est vital d?empêcher une montée explosive potentielle de l?inflation, qui pourrait découler des augmentations salariales, et de la peur d?une hausse généralisée des prix », a déclaré le gouverneur de la banque centrale.

<B>Réactions</B>

<B>Tommy Wong, nouveau président de l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice</B> : «La conjoncture mondiale actuelle est difficile. Nous avons quelques appréhensions concernant l?avenir du secteur touristique. Les prévisions pour les six prochains mois ne sont pas aussi prometteuses que l?année dernière. L?aug- mentation du taux d?intérêt, non seulement, augmentera nos coûts financiers mais elle risque aussi de renchérir la roupie. Cela rendra la destination moins compétitive et affectera les marges des hôteliers.»

<B>Eric Ng, économiste </B>: «Un coup d?épée dans l?eau. Cela ne va pas réduire la pression inflationniste. C?est tout juste pour faire croire à la population que le MPC est préoccupé par l?inflation. Mais au-delà de la modicité du quantum, le gouverneur s?est retrouvé en minorité pour la deuxième fois consécutive. Cela envoie un très mauvais signal aux opérateurs du marché.»

<B>Vinaye Dey Ancharaz, chef du département d?Economie et de Statistiques à l?université de Maurice</B> : «C?est un signal que la Banque de Maurice lance au public mauricien pour exprimer son engagement dans la lutte contre l?inflation. Une économie ouverte, qui importe la plupart de ses produits, n?est pas à l?abri des effets de l?inflation importée. Dans un conteste d?augmentation généralisée des prix des produits alimentaires, la Banque de Maurice a pris la décision qu?elle doit prendre. Même s?il n?y a jamais de solution miracle aux problèmes économiques.» <B>Sandeep Uppal, directeur de HSBC</B> : «Une augmentation du repo rate était attendue, vue l?ampleur de l?inflation. Cette hausse du taux d?intérêt aidera à la juguler.»

<B>Fidèle HONVOU</B>

<B> Cinq jours pour évoquer la hausse des prix</B>

Gill Hammond, Ole Rummel et Ibrahim Stevens, tous trois des envoyés de la «Bank of England», sont à Maurice pour évoquer la hausse généralisée des prix.

Au cours d?un séminaire qui durera cinq jours, et dont le thème est : «Inflation, Targeting, Modelling and Forecasting», des représentants de banques centrales de 19 pays focaliseront leur attention sur les méthodes de ramener et de maintenir les prix à un bas niveau. Espérons que le MPC sera un meilleur élève après les enseignements du «Centre for Central Banking Studies» de la «Bank of England».

N. P.</B>

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