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Quand le prix du pétrole ne peut plus être absorbé

16 juillet 2008, 00:00

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Plusieurs secteurs sont directement concernés par la flambée des prix du pétrole. Première en ligne de mire : l?industrie de l?aviation. Au niveau local, l?impact de la hausse du prix du baril, qui flirte avec les $150, se fait déjà sentir. Les différentes compagnies aériennes ont déjà déployé de multiples stratégies afin d?absorber les coûts additionnels. Les mesures de dernier recours, telle la réduction de vols, ne sont cependant pas à écarter. Air Mauritius a d?ailleurs déjà annoncé une réduction des vols sur l?Europe à partir du mois de septembre. Air Berlin, deuxième compagnie allemande, a confirmé qu?elle comptait suspendre ses vols sur plusieurs destinations, dont Maurice. Parmi les autres solutions de dernier recours, des hausses du prix des billets ne sont pas exclues.

Les compagnies aériennes ont déjà déployé des stratégies pour absorber les hausses du prix du fioul. Celles-ci ne suffiront cependant pas. Erik Fouquart, country manager pour Air France-KLM, explique que le groupe «a mis en place un plan immédiat d?économie de 150 millions d?euros» dans un premier temps, mais que cela ne suffit pas, vu la «brutalité» de la hausse du prix du baril. «Nous devons répercuter la hausse sur le consommateur final. C?est déjà partiellement le cas avec la mise en place de ?suppléments carburéacteur » (fuel surcharge), qui se rajoutent au tarif, et qui ont récemment été revus à la hausse. Je pense cependant que nous serons amenés à augmenter prochainement, et de façon substantielle, les tarifs aériens au départ de Maurice vers l?Europe», confirme Erik Fouquart.

La hausse du prix du billet est aussi envisagée chez Emirates. Si la compagnie se vante de maintenir ses barèmes de prix, force est d?admettre que la possibilité d?augmentation des prix est bel et bien là. «Nous faisons un monitoring rapproché de la situation et essayons, de notre mieux, d?absorber les coûts grimpants. Cependant, si les prix du pétrole continuent à grimper, nous serons obligés d?augmenter les prix», explique Salem Obaidalla, senior vice-president d?Emirates Airlines (Commercial Operations - West Asia and Indian Ocean).

British Airways n?envisage pas une hausse du prix du billet dans l?immédiat. La compagnie aérienne estime cependant qu?elle devra répartir les prochains coûts sur les classes supérieures de ses vols. Des hausses éventuelles des prix du billet de première classe, de classe ?Club?et de World Traveller Plus. Des changements au niveau des prix des billets d?avion évolueront cependant dépendant du marché.

Les réductions du nombre de vols ne sont pas évoquées par les différentes lignes aériennes. Emirates, par exemple, mise toujours sur sa stratégie d?expansion. « Même si les prix élevés du pétrole continuent à creuser dans notre profitabilité, ils ne semblent pas avoir un effet adverse conséquent sur le développement de notre réseau », soutient Salem Obaidalla en précisant que l?entreprise étend d?ailleurs sa présence sur de nouvelles dessertes.

Au niveau d?Air France, on fait ressortir que des ajustements de fréquences de vols sont choses commune. «Même en période ?normale?, cela fait partie de nos processus de gestion ordinaire, dévolus à notre département du ?Revenue Management » : de ?peigner? tous les vols de toutes nos destinations et adapter l?offre en fonction de la prévision du volume des réservations engrangées», souligne Erik Fouquart.

Il évoque aussi des ajustements déjà effectués au niveau des vols d?Air France-KLM sur Maurice. «Pour la période en cours (la saison dite d?été en aviation) quelques ajustements ont été opérés par la réduction provisoire de la taille des avions. Sur le moyen terme (la saison dite d?hiver en aviation) nos prévisions de croissance sont plus prudentes que celle prévue à l?origine.»

Les compagnies aériennes revoient constamment leurs stratégies pour gérer l?impact de la hausse du prix du fioul. British Airways évoque, entre autres, le ?hedging?. Au-delà de la stratégie adoptée, c?est aussi le temps de réponse qui influe désormais sur la performance de la compagnie aérienne. « Même un système de fuel-hedging (système d?achat à l?avance à un prix stable) performant ne suffit plus », affirme Erik Fouquart. « En fait, c?est tout le modèle économique de l?aviation commerciale qui change avec ces niveaux de prix du carburéacteur. Là où des promotions permettaient de faire voler les avions en couvrant la majorité des coûts, il sera désormais plus économique de laisser les avions au sol ». Dans cette lutte pour gérer les coûts grimpants, toute initiative compte. Chez Emirates, par exemple, les équipes se penchent aussi sur les procédures de chargement ou encore de déchargement.

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