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Une biche chez les rongeurs

15 juillet 2008, 00:00

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Quand on entre chez Carole Gillot à Beau-Bassin, il y a pour nous accueillir sa fille Natéa, son fils Esteban, et «toute la smala». Comprenez par là une soixantaine de petits mammifères aux belles fourrures blanches, noires, grises, marron ou roux de différentes longueurs et textures. Depuis que Carole est arrivée à Maurice en 1997, elle s?est lancée peu après dans l?élevage de lapins et de cochons d?Inde.

C?est à Chardonne, en Suisse romande, que naît Carole d?une mère suissesse et d?un père mauricien. A l?âge de cinq ou six ans, elle acquiert son premier cochon d?Inde. Dès lors, il y en aura toujours au moins un auprès d?elle. «Si tu vis avec moi, il y aura toujours un cochon d?Inde dans la maison», prévenait-elle à son «amoureux mauricien» avant leur mariage. Il y en aura pas un, mais? trente. Et trente autres lapins. Elle s?était aussi mise au commerce de hamsters dès son arrivée à Maurice. Mais elle arrêtera parce qu?ils faisaient «trop de petits et il n?y avait pas assez de demandes».

Mais pour les lapins et les cochons d?Inde, la demande va en croissant. D?autant plus qu?on peut trouver chez Carole des espèces impossibles ou très difficiles à voir dans des animaleries de Maurice. Carole fait savoir qu?elle est celle qui a introduit le lapin angora il y a quelques années. Du reste, elle repart bientôt en Suisse pour ramener de nouvelles espèces.

Pour le moment, elle a quatre races de cochon d?Inde, notamment le péruvien, le frisé, l?angora et le satiné. Quant aux lapins, elle en élève trois races : le tête de lion, l?angora et le hollandais. Qu?elle laisse gambader à loisir dans son arrière-cour. Sous contrôle strict cependant, pour éviter la consanguinité. «Là, ils ont tout sauf froid. C?est le cadet de mes soucis. En revanche, le courant d?air leur est nocif», fait-elle remarquer en réponse au doute sur nos visages.

Ces petits mammifères seraient remplis de qualités à en croire Carole. D?abord, ils font office d?antidépresseurs. «Peu importe mes problèmes, il me suffit de les regarder quelques minutes pour que tout aille mieux.» Deuxièmement, ils n?ont pas besoin de beaucoup de soins. «Il n?est pas nécessaire d?être présent tous les jours pour les nourrir. Quelques épluchures de carottes, un quart de pomme?» Puis, «comme tondeuses, il n?y a pas mieux. Si vous n?aimez pas cette corvée, achetez-vous un cochon d?Inde». Carole soutient qu?elle n?a jamais tondu le gazon et pourtant, il n?y pas une seule herbe plus haute que l?autre dans son jardin.

Autre chose, les poils de cochon d?Inde seraient bien moins porteurs d?allergie que ceux du chat. Dernière raison, mais non des moindres : c?est à des lapins qu?elle doit son salut. Ces derniers ont pour particularité de taper sur le sol quand ils sentent un danger. Le danger s?est présenté l?année dernière sous la forme d?un homme encagoulé. «Les lapins tambourinaient dans les cages pendant plusieurs minutes. C?est ce qui m?a réveillé et je me suis retrouvé nez à nez avec mon agresseur.»

<B>Conseils gratuits</B>

Pour toutes ces raisons, Carole est folle de ses «bébêtes». Qui ne manquent pas d?être récompensés aux Pet Shows année après année. Des deux, elle avoue avoir un faible pour les cochons d?Inde. «C?est une présence, contrairement aux lapins qui sont très silencieux. Un peu comme les chiens. Ils vous appellent lorsqu?ils ont faim. Ils sont curieux, intelligents. Ils se prêtent aisément au dressage.»

Les cochons d?Inde peuvent ressembler aux chiens, mais il y a peu de relation possible entre les deux. C?est ce qu?on apprend en écoutant la conversation entre elle et sa fille.

«Tu sais quoi maman; quand je serais grande comme toi, j?aimerai bien avoir un chien.» Et sa maman de lui répondre, «Quand tu auras ta maison, tu pourras l?avoir.» C?est que les petits lapins ou les cochons d?Inde peuvent facilement finir dans la gueule d?un chien ou d?un chat. Carole raconte comment les chiens du voisinage ainsi qu?une mangouste ont déjà mis ses animaux en pièces. Depuis, elle a haussé la clôture de sa cour et y a ajouté des barbelés. «J?espérais que c?était aussi anti-chats, mais non», raconte-t-elle en riant.

Carole continue avec ses conseils gratuits. Contrairement aux idées reçues, elle nous apprend qu?il n?y a pas de mal à donner un bain à un lapin. Mais, pas plus d?une fois chaque six mois. «Parce qu?ils se nettoient tout seuls.» Même chose pour les cochons d?Inde qui «savent très bien nager».

Il n?y a pas que pour les bêtes qu?il y a de la place dans la vie de Carole. La jeune femme de trente ans est aussi conseillère en hygiène bucco-dentaire, étant détentrice d?un diplôme d?assistante dentaire. Lors des conférences qu?elle anime dans des écoles, des hôtels ou des compagnies, elle a remarqué peu de jeunes qui n?avaient pas de caries. «Pendant mes études, la carie était la troisième maladie la plus courante. Mon but est de faire des enfants mauriciens arriver à 18 ans sans aucune carie dentaire.» Il y a cela et son projet de mettre sur pied son animalerie dès l?an prochain.

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