Publicité

Prendre un enfant par la main

14 juillet 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Jean-Claude Hoareau met la même ardeur dans tout ce qu?il entreprend car il refuse les situations figées. Ce qui le motive, ce sont les gens, qu?il «aime profondément», à commencer par les enfants. Les siens d?abord : Arabelle et Julien. Ils lui ont donné quatre petits-enfants qui sont son «bonheur» et en compagnie desquels il aime «philosopher». Et ceux des autres ensuite dont il ne peut «accepter qu?ils souffrent. C?est la chose qui me fait le plus mal», confie ce sexagénaire encore vert.

Lorsqu?il présidait le «Rotary Club» de Port-Louis, il a pu initier certains projets à leur intention. Et maintenant qu?il est gouverneur du district 9220 qui comprend 53 clubs à Maurice, la Réunion, les Seychelles, Madagascar, les Comores, Mayotte et Djibouti, il a motivé les Rotariens de ces pays pour qu?ils élaborent un projet visant à améliorer la vie des enfants de leur pays respectif. Et il est heureux que son objectif rejoigne la priorité de l?actuel président du «Rotary International», le Sud-Coréen Dong Kurn Lee, qui veut pour cette année faire les rêves des enfants se matérialiser.

Jean-Claude Hoareau a été si étroitement associé à la sucrerie de Mon-Désert-Alma où il a compté une carrière de 40 ans qu?on a du mal à croire qu?il s?est retiré voilà trois ans. L?agriculture, et en particulier le sucre, est la deuxième passion de sa vie, après Monique son épouse, bien entendu. C?est d?ailleurs pour les beaux yeux de cette dernière que cet élève du Collège du St-Esprit, diplômé du Collège d?agriculture comme son père et major de sa promotion auprès du Centre d?Administration des Entreprises, ne suit pas ses parents qui vont s?installer à la Réunion. Décision qu?il n?a jamais regrettée.

C?est en 1967 qu?il intègre la sucrerie de Mon-Désert-Alma. Il prend avantage de la bourse d?études que lui offre l?université d?Aix-en-Provence du fait qu?il ait été major de sa promotion mais son séjour en France est de courte durée. «Mon supérieur à l?usine est tombé malade et on m?a proposé de rentrer pour le remplacer. J?ai fait le choix de revenir et là aussi, je ne l?ai pas regretté». Un de ses meilleurs souvenirs, c?est le jour où il est nommé Factory Manager. C?est par une belle journée de 1974 que la nouvelle tombe. «Mon horoscope du jour dans l?express me prédisait une promotion. Le chairman m?a appelé dans l?après-midi pour m?offrir le poste. C?est un de mes meilleurs souvenirs», dit-il, bien que cette responsabilité ait été plus particulièrement lourde en temps de campagne. «C?est le métier le plus dur car pendant la campagne, on doit être à l?écoute de l?usine 24 h sur 24. Il n?y a pas de samedi ou de dimanche qui tienne. On est pris dans l?engrenage. C?est un métier prenant qui te permet de t?épanouir».

En 1985, il est nommé directeur général. Il n?a que 39 ans et est le plus jeune DG de sucrerie. Sous son impulsion, Mon-Désert- Alma a introduit une centrale thermique de 13 MW avec un équipement en provenance du Portugal, une petite raffinerie, le début de la centralisation avec l?automatisation de l?usine. «Je suis très fier d?avoir contribué, avec le gouvernement, à convertir 4 000 arpents qui étaient sous culture de thé en culture de canne à sucre. Cela a permis aux usines concernées de tenir économiquement».

Il a eu des sueurs froides lors de l?installation de cinq nouvelles turbines ont explosé au démarrage. «15 jours s?étaient écoulés et nous perdions du temps. Le grand patron français a fait enquêter et on a découvert que le fournisseur avait livré des roulements de mêmes dimensions mais pas de mêmes normes. L?attente était extrêmement pénible».

<I>«Si tous les clubs du district s?occupaient d?une centaine d?enfants nécessiteux chez eux, nous aurions rendu 5 300 enfants heureux? »</I>

Jean-Claude Hoareau est persuadé que le sucre a un avenir avec les réformes entreprises et qui se poursuivent. «On devrait pouvoir produire du sucre à un prix acceptable. Je prévois qu?il y aura un manque de sucre sur le marché mondial et le prix montera. Ce sera tant mieux car on a fait les efforts ici». Le danger toutefois réside dans la communication des dernières années qui a dramatisé les choses. «On a trop découragé les petits planteurs. Il faut les encourager à continuer. La qualité de la communication doit se moderniser».

Il a découvert les vertus de la communication assez tôt au contact de feu Freddy Appasamy, qui était à l?époque responsable du bureau des relations publiques dans l?industrie sucrière. Et depuis, il n?a pas oublié la leçon. Ce qu?il faut aussi pour que le sucre ait un avenir, c?est abaisser le CESS qu?il qualifie de «maillon faible de la réforme. J?ai présidé le comité qui a produit le rapport pour cet abaissement et l?étude a été remise au gouvernement. Depuis, on n?entend rien. Il faut abaisser le CESS et les organisations comme le Sugar Bulk Terminal doivent aussi se réformer. Je suis confiant».

Avant de se joindre au «Rotary Club» de Port-Louis sur demande de feu Robert Antoine et de Marcel Lagesse, il n?avait de ce club de service que l?image de «Messieurs bien habillés qui sortaient de la Flore Mauricienne». C?est sur la base du rayonnement de ses deux «parrains» qu?il s?est laissé convaincre d?intégrer le club. Une fois à l?intérieur, sa vision a changé. Il s?est plu au sein de ce «regroupement de professionnels de divers métiers réunis pour cultiver l?amitié et servir les autres en faisant des projets pour la communauté».

Et graduellement, il s?est investi au sein du club dont les deux grands projets ont été Fleurir Maurice et l?Exposition des Métiers d?Art. Sa prise de plus en plus grande de responsabilités auprès de son club et du «Rotary International» a porté des fruits car il a été adjoint au gouverneur de district à plusieurs reprises. Depuis septembre dernier, il a été nommé gouverneur du district 9220. Il doit être le lien entre les Rotariens des 53 clubs tombant sous sa tutelle et le RI, les motiver, les conseiller et auditer leur travail. Il a peaufiné sa formation en tant que gouverneur l?an dernier et a terminé la formation de ses adjoints des différents pays dont les deux Mauriciens sont Martine de Fleuriot et Kumar Guness. Il en est de même pour celle de ses officiers. Si le combat de toujours du RI est l?éradication de la poliomyélite, cette année, la priorité de son président est l?enfant. Jean-Claude Hoareau a déjà un projet en tête : il veut voir appliquer un projet qui a déjà été lancé sur une base pilote par le club de Port-Louis, à savoir, offrir un petit déjeuner complet aux enfants nécessiteux des 26 écoles de la Zone d?éducation prioritaire. «Le club de Port-Louis l?a tenté depuis trois ans avec des enfants à Rivière- Noire et il y a eu une amélioration sensible de leurs performances scolaires et une amélioration extraordinaire au niveau de leurs performances sportives. Ce projet que je souhaite étendre aux écoles ZEP me tient terriblement à c?ur. J?espère qu?on pourra le faire avec la collaboration des parents et l?apport des firmes privées».

Il veut aussi emmener à Madagascar 15 oto-rhino-laryngologistes indiens pour opérer des enfants malgaches. «J?aime faire bouger les choses. J?estime que les gens qui ont certaines compétences doivent les mettre au service d?autrui. Chaque goutte d?eau compte. Si tous les clubs du district s?occupaient d?une centaine d?enfants nécessiteux chez eux, nous aurions rendu 5 300 enfants heureux? »

Publicité