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Pas qu?un poisson d?avril?

12 juillet 2008, 00:00

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Vous pensiez mer ? Des cages poussant au large et des OGM en captivité dans cette mer où vous vous baignez ? Vous n?y êtes pas. Pour son dernier projet en date, le département «aquaculture» du Albion Fisheries Research Centre lorgne plutôt côté aquarium.

Son dernier projet en date : rendre l?élevage de poissons «décoratifs» le plus accessible possible. En somme, apprendre à des gens qui n?ont aucune compétence en la matière, comment faire venir des goldfish, swordtail et autres Molly.

Boodhun Ramcharrun, divisional scientific officer, responsable du département «aquaculture», tout en expliquant que ce projet a démarré en mars de cette année, nous guide dans un tour de l?écloserie. Des travaux qui bénéficient pour le moment à 25 personnes, intéressées par l?aspect commercial de l?aquarium.

Voilà qui change de l?image des crevettes et camarons généralement associée au Albion Fisheries Research Centre. Shyama Rathacharen, principal fisheries officer, comprend à demi-mot. Nous prend au mot. «Un éléphant blanc ? Monn plein tann dir ki dan Albion nou pa travay.» Visiblement remontée contre cette perception, elle s?évertuera au cours de notre visite de nous parler de la palette de tâches imparties à ce centre de recherches qui existe depuis 1982. Tout cela dans un contexte où l?impact de l?aquaculture à la fois sur l?écosystème marin et la pérennité du métier de pêcheur artisanal est d?actualité.

«Je vous parle en tant que Mauricienne, je suis dans ce secteur depuis 30 ans, vous croyez que j?aurais travaillé pour quelque chose qui allait faire du tort au pays ?». Shyama Rathacharen n?a rien du froid clinique des scientifiques. Biologiste marine de formation, elle répond point par point aux interrogations sur le projet d?établissement de fermes marines dans une vingtaines de sites identifiés autour de l?île. Car, comme elle l?explique, l?une des fonctions du centre est de participer à l?octroi ou au refus du certificat de Environmental Impact Assessment (EIA). Certificat indispensable pour tout développement économique que ce soit en zone côtière, ou en pleine nature. Certificat nécessaire pour l?ouverture de toute ferme marine.

Normes et secrets industriels</B>

Quand on lui demande si les fermes attirent effectivement les requins, elle manie l?analogie. «Prenez Port-Louis. C?est un port qu?il a fallu draguer pour faire des passages pour les bateaux. Vous croyez que c?est seulement les bateaux qui passent ? Vous croyez qu?il n?y a pas de requins dans cette région ?»

Technique similaire quand nous abordons le sujet de la nourriture, les «pellets», données aux poissons des fermes marines éventuelles. «Vous croyez que le fabricant de chocolat vous dit toute la vérité sur les ingrédients de son produit. On sait dans les grandes lignes ce qu?il contient, mais il faut savoir de quoi nous parlons. Ces pellets sont des secrets industriels. Les fabricants, qui respectent les normes européennes ne vont jamais tout vous dire sur ce qu?il y a dedans.»

Avant de nous assurer que le département «aquaculture» a également le soin de veiller au contrôle de l?introduction des espèces. De mesurer le risque de transmission de maladies.

Autre exemple de l?utilité des centres: «Nous contrôlons les stocks des bancs de pêche, Saya de Malha, Nazareth, bancs du Nord etc?» Petite anecdote pour la route : «D?ailleurs est-ce que vous savez que ce que les gens appellent poisson La Perle, ce n?est pas son nom. C?est le bateau qui s?appelle La Perle, le poisson, c?est le dame berri.»

Shyama Rathacharen ajoute : «A une époque on disait qu?on n?avait que des petits poissons mais depuis, c?est réglé. On calcule la taille du poisson et nous attendons qu?il ait pondu au moins une fois pour le retirer de la mer, mais là, personne n?a dit qu?Albion a fait son travail.»

Un centre qui était aussi dans l?actualité en janvier de cette année, quand après 26 ans, les tortues de mer sont revenues pondre sur nos plages. «C?était un événement. Nous avons eu 83 ?ufs, quatre ont éclos, trois tortues sont reparties en mer et une est dans notre wet laboratory.» Le centre d?Albion, qui est en opération depuis 1982, grâce à la coopération technique avec le Japon, tourne avec une équipe d?une quarantaine de scientifiques. En comptant le personnel administratif, cela porte le personnel à une centaine. Situé entre l?embouchure de la rivière Belle Eau et l?océan, le centre d?Albion fait de la «recherche appliquée», précise Shyama Rathacharen.

Des goûts et des couleurs </B>

La consommation locale de poisson est de 20kg par an par tête d?habitant. Avec un constat de Shyama Rathacharen : «Les Mauriciens préfèrent les poissons marins à ceux d?eau douce, ?ki gagn sa gou labou la?.» S?agissant des idées reçues sur les poissons ? les préférés à Maurice étant le mulet, le dame berri, la vieille rouge ? notre interlocutrice lance : «Il y a des gens qui ne mangent pas de ?poisson corne?, en disant, ?sa mem b?uf la mem?. Sauf qu?il ne savent pas que ce poisson est exclusivement végétarien.»

Albion : centre aux quatre points nerveux

L?institution a quatre divisions, explique la «principal fisheries officer», Shyama Rathacharen. L?aquaculture, la science marine, la conservation marine et les recherches en pêcheries. Sans compter que l?unité de documentation du ministère de l?Agro-industrie et de la Pêche est basée à Albion, «c?est comme un c?ur qui bat». Le centre est responsable des deux parcs marins, à Blue-Bay et Balaclava. Il assure aussi le suivi de la qualité de l?eau dans le lagon, mesurant une série de paramètres dans une vingtaine de sites autour de l?île.

<B>Ces espèces privilégiées </B>

● En 1982, les travaux débutent sur les «camarons» (Rosenbergii) importés de Hawaii. «Nous avons appris à maîtriser la technique d?élevage, mais la suite ne fut pas totalement réussie.» Après une longue interruption, l?écloserie de camarons a repris du service en 2002. Désormais, la capacité de production est de 300 000 par an, durant la période d?octobre à avril.

Ils sont vendus à Rs 1.25 l?unité.

● Des essais ont été faits avec des carpes de variétés chinoise et indienne.

● Intérêt aussi pour le «red tilapia hybrid», c?est-à-dire le berri rouge.

● Production de plancton

● Recherches sur le concombre de mer

● Tests sur les poissons «décoratifs»

● Tests sur la culture d?huîtres

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