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Qui est l?ami No 1 des travailleurs ?
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Qui est l?ami No 1 des travailleurs ?
Qui est le véritable ami des travailleurs ? demande Gaëtan Duval, après avoir révélé tout ce qu?il sait au sujet du tour de passe-passe, transformant une entreprise capitaliste mais déficitaire, comme Cassis Ltd, en une entreprise autogérée seulement prometteuse comme Litra (voir l?express d?hier). Il cite le cas d?un travailleur de Cassis Ltd/Litra venu lui confier son problème. Il a droit à une compensation de licenciement de Rs 45 672.80 et Rs 17 893.20 sous forme de... machines et équipements. Il espère empocher au moins la compensation de Rs 45 672.80. Il apprend qu?il doit verser cette somme dans les caisses de Litra. Duval fait ressortir que Litra est mise sur pied en l?absence de tout contrat de l?étranger, avec des équipements vieux de 15 ans, que les directeurs occupant les postes clés n?ont jamais travaillé chez Cassis Ltd, que l?affaire se négocie en pleine période de récession économique et d?instabilité politique (démission du ministre Bérenger), que les concurrents de Litra ont des expériences séculaires ou presque, que IBL, des syndicats, leurs négociateurs, les intellectuels de gauche, Intracorp/Retracrop, n?ont pas investi un sou dans Litra, en vertu du principe voulant que «les conseilleurs ne sont pas payeurs».
Duval demande : qui est le véritable ami des travailleurs sinon celui qui, comme lui, peut se vanter d?avoir créé 30 000 emplois, de passer sa vie, sa carrière professionnelle, à conseiller et à aider les travailleurs en difficulté. Quand on a, autant que lui, défendu des travailleurs, des syndicats, devant toutes sortes de tribunaux, de commissions d?enquête, de commissions salariales, ou tout bonnement en écoutant les doléances de travailleurs, en puisant dans sa poche pour soulager certaines détresses, tout en sachant pertinemment bien que bon nombre des personnes ainsi aidées voteront contre lui aux prochaines élections législatives, on comprend qu?il préfère se taire quand des détracteurs et autres démagogues viennent l?accuser de n?avoir jamais défendu les travailleurs.
Le leader du PMSD fait, ici, allusion à un article du 14 juin 1983, dans lequel des «travailleurs-actionnaires-propriétaires» (appréciez ce vocabulaire capitaliste) lui demandent de mettre fin à ses commentaires négatifs contre leur entreprise. Ils l?accusent de vouloir décourager les clients potentiels. Il s?agit d?une... résolution approuvée par une assemblée générale de ces ouvriers-patrons. Ils accusent Duval de faire croire que Litra fermera bientôt ses portes. Il rend un mauvais service à des ouvriers essayant de se tenir sur leurs propres jambes (mais qui ont aussi l?air d?avoir besoin de certaines béquilles car ils ne peuvent pas supporter le bien-fondé ni le bon sens de certaines critiques). Ils comptent demander au commissaire de police d?interdire à Gaëtan Duval de parler de Litra dans ses meetings publics (et tant pis pour la liberté d?expression). A leur dire, Duval aurait accusé certains négociateurs syndicaux d?avoir mal conseillé les travailleurs licenciés de Cassis Ltd d?investir (de gré ou de force ?) la totalité de leur compensation de licenciement dans une entreprise n?offrant pas toutes les chances d?être rentable ni même de pouvoir survivre aux premières difficultés financières. (N.B. : Ces anciens travailleurs licenciés de Cassis Ltd sont aujourd?hui les mieux placés pour nous dire : qui de G. Duval ou de ses détracteurs ont raison à la mi-1983 ?).
Mario Percheron accuse alors G. Duval de n?avoir jamais défendu les travailleurs et de se faire l?apôtre du capitalisme. Il blasphème donc quand il prononce le nom sacré de... Litra. Ce nom symbolise le refus de se résigner à la fatalité du licenciement et de la fermeture d?usine, la volonté de se tenir sur ses propres jambes (N.B. : Les travailleurs licenciés de Cassis Ltd et de Litra deviennent, de ce fait, les experts à consulter en cas de fermeture d?entreprise). Un autre intervenant accuse G. Duval de saper la crédibilité de Litra, dont les employés doivent dépenser une énergie supplémentaire pour contrer l?impact négatif des propos duvaliens. Il l?accuse de faire croire que des fonds publics sont gaspillés dans de la «vieille ferraille». (Déjà !) Il le diffame ainsi que les travailleurs de Litra, en insinuant qu?ils pourraient être alors de connivence avec IBL.
Répliquant Duval accuse à son tour ses détracteurs de se servir de travailleurs licenciés comme cobayes pour des expériences idéologiques, dans lesquelles ils se gardent bien d?investir le moindre sou. Et tout cela au nom de la Gauche et donc de la... rose. Duval fait allusion au tort immense que les occupations d?usine font à l?économie française. C?est le meilleur moyen de faire fuir les investisseurs étrangers.
G. Duval conclut qu?un gouvernement gauche ne marche pas et les neuf mois de celui du MMM-PSM le prouvent amplement. Un gouvernement socialiste (et donc travailliste) c?est l?appauvrissement du pays. La lutte des classes (mais aussi des castes) est un danger mortel pour le pays. Il conseille aux travailleurs de refuser d?être le Boxer d?Animal Farm qui travaille dur jusqu?au jour où on le conduit à l?abattoir.
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