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20 ministres trois ans après

7 juillet 2008, 00:00

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20 ministres trois ans après

Navin Ramgoolam :

Un PM inaccessible

Il a fait de la démocratisation de l?économie son cheval de bataille et il a traduit ce concept dans la réalité. Face au mécontentement de ses ministres sur les mesures «impopulaires» des deux précédents budgets, il accorde son soutien à son ministre des Finances. Navin Ramgoolam attend toujours le dernier moment pour agir, laissant pourrir la situation avant de la «sauver». Le PM reste très inaccessible pour ses ministres et autres qui attendent longtemps avant d?avoir un rendez-vous.

Finances :

L?heurede la récolte.

L?ouverture de l?économie, prônée Rama Sithanen, porte ses fruits. En trois ans, les indicateurs sont assez reluisants grâce à l?afflux des investissements directs étrangers et une politique fiscale attrayante. Cette stratégie n?a pas obtenu la faveur de tous mais le ministère a lâché du lest dans le dernier budget avec des mesures sociales vues comme un «partage du gâteau national».

Justice :

Approche moderne

Il est dynamique, moderne, il joue un rôle important dans l?application de la réforme du judiciaire avec une approche très avant-gardiste dans tout ce qui touche à la criminalité, les délits, la sentence et la réhabilitation. Contrairement au reste du gouvernement, il croit dans les bienfaits de la communication mais il risque de tomber dans l?excès à force de vouloir être bien vu...

Santé : c?est pas la forme

La Santé va mal malgré la prise en charge du dossier diabète par le ministre Satish Faugoo. Elle n?arrive pas à se débarrasser de ses plaies dont une surcharge de patients, des pannes d?équipements et des pénuries de médicaments. Les départements de Casualty sont aussi au centre des difficultés structurelles et opérationnelles.

Commerce : bilan mi-figue, mi-raisin

Le bilan du ministre Rajesh Jeetah. est mi figue mi-raisin. Les plus sévères dresseront un tableau beaucoup plus sombre en raison de son échec dans la démocratisation de l?économie. Ce n?est pas la faute à ce ministère s?il y a flambée des prix des produits alimentaires mais la manière de s?y prendre sur certains dossiers fait débat. Autre dossier brûlant : celui de la farine. En voulant damer le pion au gros «capital» qu?est à ses yeux les Moulins de la Concorde, la STC a fini par acheter de la farine Turque au même prix que la farine Made in Mauritius avec les dégâts que l?on sait. La bonne note c?est d?avoir obtenu 10 000 tonnes riz ration avec l?Inde à 40 % moins cher que sur le marché mondial? en dépit des pénuries de riz ration qu?on a eu ces derniers mois dans certains coins du pays.

L?Education : le pire comme le meilleur

La création des National Colleges a reconduit à une forte compétition au primaire. Le ministre Dharam Gokhool l?apprend à ses dépens. Lui qui souhaite la plus grande réforme se retrouve pris à son propre piège. Il aurait bien voulu mettre fin au CPE pour introduire un mode d?évaluation continu mais il bute contre le mode d?admission. Bonne volonté cependant avec le projet Bridging the gap et des initiatives intéressantes pour combattre l?échec scolaire.

Ministère de la Femme :

Quel changement ?

Le ministère de la Femme, du Développement de l?enfant, du Bien-être de la famille et de la Protection des consommateurs s?est souvent trouvé en ligne de mire avec les cas de violence à l?égard des enfants et des femmes. Il semble que le ministère n?a apporté aucun réel changement depuis trois ans. Différents organismes font un travail remarquable mais qu?en est-il e la prévention et du suivi ? Au niveau des consommateurs, il est primordial de mieux contrôler les produits en vente.

Tourisme : bonne croissance

Croissance et bonne performance en 2007 ont contribué à l?optimisme touristique. La libéralisation de l?accès aérien et la coopération avec divers partenaires de l?industrie sont parmi les points forts dont peut se vanter le ministère du Tourisme. Autre dossier sous Xavier-Luc Duval : celui des Communications externes. Alors que le projet d?installation de caméras de surveillance et l?arrivée de nouveaux portiques représentent d?importantes réalisations, les opérateurs continuent à se plaindre de dysfonctionnements structurels.

Technologie informatique :

En quête d?un second souffle

Etienne Sinatambou aime le travail bien fait mais sa façon de faire ne serait pas... bien. Intolérant, il a été cause de plusieurs départs au ministère comme dans les corps para-étatiques. Plusieurs conseils d?administration, tombant sous sa tutelle, ont été gelés sur orde du Bureau du PM. Reste que depuis quelques mois, la Cybercité est en train de connaître un nouveau souffle grâce à la multiplication des projets immobiliers.

Administrations régionales :

En attendant la réforme

Une nouvelle législation pour octroyer les pouvoirs adéquats aux conseils des districts se fait attendre. Par contre, les organismes tombant sous le ministère des Administrations locales notamment la Beach Authority a effectué plusieurs travaux sur les plages. Ce ministère s?est chargé de concrétiser plusieurs projets d?infrastructures dans différentes régions de l?île.

Arts et Culture :

L?art du surplace

Pour parler de bilan, il faudrait d?abord qu?il y ait eu des initiatives et des suivis. Au ministère, le programme c?est continuer à se réveiller à la veille des quatre fêtes nationales avec des composite shows. Continuer avec des centres culturels maintenus sous respiration artificielle. Pourtant, Mahendra Gowressoo a quelques fiertés : l?inscription de l?Aapravasi Ghat sur la liste du Patrimoine mondial en 2006 ou le feu d?artifice du 12 mars. Sauf que dans les deux cas, ce n?était pas son idée.

L?Environnement :

Manque de moyens

Le «clean development mechanism» sous le protocole de Kyoto devrait prendre de l?ampleur. A noter aussi que les littoraux font l?objet d?une surveillance accrue, notamment grâce au soutien de la Commission de l?océan Indien. Un ministère qui manque de moyens et dont la voix est bien faible face aux impératifs économiques. La notion de développement durable n?est pas encore véritablement ancrée. Le projet global «Maurice, île durable» n?est malheureusement pas une initiative du ministère.

Infrastructures :

Pas d?amélioration

L?aménagement de nouvelles infrastructures routières fut inexistant ces trois dernières années. Les embouteillages n?ont fait que s?accentuer avec l?augmentation du nombre de véhicules et le nombre de kilomètres de routes qui restent entiers. Sans compter les péripéties autour de la construction du rond-point du Caudan. Il y a eu, par contre, le démarrage de la construction du pont Macondé dans le sud.

Agro-industrie : un cap à passer

La réforme sucrière a été l?un des sujets proéminents pour le ministère de l?Agro-industrie mais le dossier n?a pas été suivi exclusivement par Arvin Boolell. Cette réforme suit, depuis l?accord Etat-sucriers, son cours, et les indicateurs de performance établis par la Commission européenne ont été à ce jour satisfaits. Nouveau dossier phare, celui de la diversification agricole. La pêche illégale reste toujours d?actualité avec un manque de moyens et de réelles initiatives. L?aquaculture représente un outil de développement mais le consensus sur le cadre légal de ce type de pratique n?a pas encore été atteint.

Logement et Terres :

Aucun projet majeur

Sous la tutelle d?Asraf Dulull, le ministère peut se flatter d?avoir initié une politique de logement qui vise à encourager la participation du privé dans le développement des projets de logement. Mais hormis 1 582 logements sociaux livrés le ministère n?a initié aucun projet majeur par rapport à ce type de logement. Le maillon faible concerne toujours la classe moyenne avec seulement 99 unités de logement à la route Militaire à Port-Louis.

Affaires étrangères :

Des dossiers en souffrance

Maurice continue de s?affirmer comme un acteur de poids au sein de la région océan Indien. En accueillant le forum international de la SADC sur la pauvreté en avril dernier, le pays s?est positionné avantageusement sur la scène régionale. Mais avec un ministère sans ministre (avec le départ de Madan Dulloo) et une diplomatie qui en souffre, les dossiers Chagos et Tromelin piétinent. La même rengaine : des rencontres décisives à venir malgré la récente visite du PM à Londres et Paris où ces dossiers étaient à la l?agenda.

Travail : des lois en attente.

On attend toujours les deux projets de loi qui devaient remplacer le Relations Act de 1973. Les syndicalistes veulent toujours que le droit de grève soit inclus dans la Constitution. Mais le ministre Vasant Bunwaree résiste. Après avoir lancé le service on-line pour les chômeurs, le ministère se propose maintenant de venir de l?avant avec son projet Espace de métiers. Le taux du chômage continue de baisser pour atteindre 8,2 % lors du premier trimestre 2008.

Sécurité sociale :

Progrès et pagaille

Toucher sa pension de vieillesse est devenu plus facile. Le paiement a été informatisé et il est devenu plus rapide. Les bureaux de postes ont aussi été aménagés pour plus de confort pour les pensionnés. Même les horaires d?ouverture des bureaux ont été revus pour s?adapter aux habitudes des personnes âgées. Par contre, la pagaille sur le paiement des allocations après les inondations restera dans les mémoires...

Utilités publiques :

Du bon et moins bon

Parmi les points forts : la campagne pour économiser l?énergie et l?eau, l?annonce de l?ouverture d?une station de production d?énergie, la production des Independant Power Producers à l?effet que l?Etat achète de l?électricité à des producteurs indépendants, l?extension du système de tout-à-l?égout, et la démarche du gouvernement de subventionner l?achat de chauffe-eau solaires. Parmi les points faibles : pas de fourniture en eau 24 sur 24, fuites de réseaux et pollution.

Sports :

Le «statu quo»

Sylvio Tang ne compte pas vraiment de grandes réalisations mais il a tout de même fait un gros effort sur le dossier développement. Il a amendé le statut du Trust Fund for Excellence in Sports afin de permettre la mise en place du concept de sport études, qui touche plus particulièrement les jeunes. Une excellente initiative même si le ministère de l?Education fait preuve d?une indifférence totale face à ce projet, qui devrait aider à créer l?élite sportive de demain.

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