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Libération de Betancourt : Ségolène Royal crée la polémique
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Libération de Betancourt : Ségolène Royal crée la polémique
Ségolène Royal a rompu vendredi l?unanimité politique entourant la libération d?Ingrid Betancourt en France en déclarant que Nicolas Sarkozy n?était «absolument pour rien» dans son retour à la liberté, une accusation balayée avec colère par gouvernement et majorité.
En déplacement au Québec, l?ancienne candidate à l?Elysée a renvoyé à la droite ses accusations de «polémique politicienne», estimant que ses propos avaient été «sortis de leur contexte».
Selon des propos rapportés vendredi par plusieurs radios en France, la présidente de Poitou-Charentes a évoqué jeudi une «opération colombienne rondement menée», estimant que les négociations avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), l?option privilégiée par Paris, «étaient inutiles et n?avaient débouché sur rien».
«Nicolas Sarkozy n?a été absolument pour rien dans cette libération», a-t-elle insisté. Dans un communiqué diffusé par son équipe vendredi à Paris, elle explique que «les propos qu?elle a tenus (...) se sont contentés de reprendre des faits admis par tous et notamment par le secrétaire général de l?Elysée», Claude Guéant, qui a admis jeudi que Paris n?avait été prévenu de l?opération colombienne qu?un quart d?heure avant.
Ségolène Royal estime que ses déclarations ont été tronquées et appelle le gouvernement à faire preuve «d?un peu de décence».«Lors de son intervention, elle a appelé au respect des retrouvailles familiales si longtemps attendues et à la nécessité de n?alimenter aucune polémique», souligne le texte.«Ségolène Royal se croit toujours en campagne. Les Français ne seront pas dupes de cette stratégie politicienne», a jugé sur LCI la secrétaire d?Etat chargée des droits de l?homme Rama Yade. «Je n?ai pas le sentiment qu?elle va réussir à se construire comme leader politique de gauche en trouvant tous les jours la petite phrase qui permettra de casser du Sarko», a estimé le député de L?Union pour un mouvement populaire (UMP) du Val-d?Oise Jérôme Chartier sur BFM TV.
Dans un communiqué, l?UMP juge indigne la «posture» de Ségolène Royal. «Tenter de rompre l?unité nationale qui se fait autour de lalibération d?Ingrid Betancourt est tout simplement pitoyable», estime le parti majoritaire. «Décidément, Mme Royal n?a pas les qualités d?un homme oud?une femme d?Etat ! Faire le procès du président de la République, dont chacun a pu mesurer l?engagement total ces douze derniers mois (...) n?estvraiment pas digne de la part d?une femme qui aspire aux plus hautes responsabilités», poursuit le texte.
Présent lui aussi à Quebec, le président de l?Assemblée nationale, Bernard accoyer(UMP) a dit dans un communiqué «regretter les propos pitoyables tenus à l?encontre de l?action internationale de la France par la présidente de la région Poitou-Charentes».«Toutes les formations politiques, tous les Français, ont su se rassembler et se mobiliser pour cette cause devenue emblématique pour la défense des Droits de l?Homme», a-t-il ajouté, affirmant que Nicolas Sarkozy avait fait de cette cause «une priorité, avec une détermination sans faille». «Ce type de polémique politicienne est totalement contraire à l?esprit d?union républicaine qui devrait normalement prévaloir dans ces circonstances heureuses», déplore le Parti radical dans un communiqué. «Il n?y a pas de raison de polémique avec Nicolas Sarkozy sur ce sujet de même qu?il n?y a pas de raison de faire de récupération», a estimé François Bayrou sur France Info.
«Onne peut pas dire que la France n?a pas agi diplomatiquement», a estimé pour sa part le député Vert Noël Mamère qui a noté cependant que, «comme d?habitude, nous avons un président de la République qui en fait beaucoup». Ségolène Royal «est libre de porter un jugement sur ce qui s?est passé en Colombie, sur le rôle de la France. Moi je suis membre des Verts. Ingrid Betancourt était candidate des Verts aux élections colombiennes. Elle est pour nous un exemple de courage», a-t-il ajouté.
La France, qui mettait en doute la stratégie de fermeté du président colombien Alvaro Uribe et privilégiait les canaux de la négociation, n?a pas été associée à l?opération militaire qui a conduit mercredi à la libération d?Ingrid Betancourt et de quatorze autres otages. Le président français en a été informépar téléphone au dernier moment par son homologue colombien.
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